Foire à l'OS

Foire à l’OS – Turquie & Islande – Histoire d’un soir 4/197

Islande : Jökull / Danemark : Søren / Norvège : Nils / Pays-Bas : Jantje / Chypre : Neoklos

Demande personnelle


Islande fixait Turquie. Il semblait toujours aussi impassible qu’à l’ordinaire, mais sous la glace brûlait la lave.

– Jökull ? Tu m’écoutes, dis ? Voulut savoir Danemark d’un air boudeur.

– Non, déclara-t-il franchement. Va embêter quelqu’un d’autre, tu veux ?

Il se leva et s’éloigna du Danois qui était sous le choc. Une phrase complète ! Il avait eu le privilège d’une phrase complète !

– Nils ! T’as vu ça ?

Norvège ne lui répondit pas, préférant avancer son cavalier afin de prendre le fou de Portugal.

– Je ne pensais pas que les pauses inter-meeting européen ressemblaient à ça… réfléchit Turquie à voix haute.

À ses côtés, Chypre jouait aux cartes avec Grèce, ne se souciant que très peu de ce que pensait le « vieil homme ».

– Y’a de l’ambiance, en tout cas, marmonna-t-il.

Sadiq se leva afin de se resservir en thé. Certes, il était imbuvable, mais depuis que Héraclès et Neoklos lui avaient proposé du café grec avec un grand sourire, il ne faisait confiance qu’au thé.

– Tiens, salut gamin !

– C’est Jökull, je te signale.

Islande se servit en café, mâchonnant un sablé piqué à France, observant par en dessous le visage du Turc.

– Je vais finir par croire que tout le monde me bat froid, dis donc !

Il s’adossa à la table et porta sa tasse fumante à la bouche, promenant son regard sur ses pairs.

– Oh, pas tous, pas tous…

– Tu veux tenter de me faire croire que tu es en train de me parler parce que ma conversation te plaît, et non parce que tu es en froid avec ta petite famille ?

– Pourquoi pas ?

– Tu m’as craché ta haine, il n’y a encore pas moins d’une heure. C’est fou, ça ?

– Ce n’est pas personnel…

– Et je ne suis pas responsable des attaques pirates des ressortissants de chez moi.

– Alors, laissons ça derrière nous.

– Tout à fait.

Ils se turent, avalant leur jus de chaussette sans grimacer.

– Après le meeting, j’ai pas l’habitude de passer la soirée tout seul… commença l’Islandais.

– Tu n’es pas avec les autres ?

– Non. Søren va boire avec Jantje et Antonio, chaperonné par Nils. Tino et Berwald iront peut-être se promener… Je ne suis pas très proche d’eux.

– Généralement, je rentre chez moi, directement. Avec Grèce et Chypre, l’ambiance est pas au beau fixe, si tu vois ce que je veux dire.

– Je vois tout à fait, oui, sourit le Nordique dans sa tasse. On pourrait s’occuper tous les deux, alors ?

Sadiq sembla réfléchir, du moins c’était ce que son masque laissait penser.

– Pourquoi pas ? Ce sera toujours plus intéressant que l’aéroport.

Ils ricanèrent tous les deux, s’attirant des regards suspicieux des autres.


– Merci d’avoir accepté cette invitation.

– Merci à toi de m’avoir invité ! S’exclama Sadiq.

Sa morosité s’était envolée durant la soirée avec l’aide d’une facette insoupçonnée chez le plus jeune. Ils avaient parlé, ri, chanté même, loin des leurs et de l’image qu’il leur fallait renvoyer, au point même que Sadiq avait fini par faire tomber le masque sous le regard appréciateur de son nouvel ami.

Ils se fixèrent quelques instants, un peu hésitants.

– Tu as une chambre ?

– Non non, je ne devais pas avoir à dormir ici, normalement.

Il se frotta la nuque, embarrassé, faisant sourire le plus jeune qui lui tendit alors la main.

– Eh bien, pour cette nuit, je ne sais pas, mais pour le reste de la soirée, je peux t’inviter dans ma chambre… Après tout, je ne vois pas qui ça gênerait…

Il y eut un sourire plein de promesses puis des lèvres accueillantes. Une main froide qui caresse une joue tiède. Une porte qui se ferme et un masque qui tombe. Des vêtements qui s’éparpillent sur le sol et des draps qui se froissent. Mais, surtout, une nouvelle invasion turque dans les régions vitales islandaises, ce qui ne semblait déranger personne au vu des cris d’enthousiasmes.

– Jökull… souffla Sadiq. Je crois que ton frère va me tuer…

Étalé sur le ventre, le nez dans les oreillers, il reprenait son souffle, savourant la fraîcheur qui s’échappait du corps de son nouvel amant.

– Laisse-le là où il est, grogna-t-il. Profite plutôt…

Et il se pencha, passant ses lèvres mutines sur les muscles roulant sous la caresse tendre.

– Prêt pour un second round, monsieur l’envahisseur ?

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