Lachlan (plaine du lac) : Écosse
Demande de Bankara et de Meg
Lorsque Écosse ouvrit les yeux, il eut l’impression d’être encore dans un rêve, alors qu’il savait parfaitement que ce n’était pas le cas.
-Bon matin mon amour.
-Latha Math, marmonna-t-il.
Il s’ébouriffa les cheveux, grognant tout bas sans raison particulière, sous le regard amusé de France qui démêlait ses cheveux blonds, déjà prêt. Au réveil, Lachlan était assez bougon, il l’avait appris à ses dépends.
Son sourire s’agrandit alors que son amant disparaissait dans la salle de bain en traînant des pieds. Il était vraiment adorable ainsi… Tout grognon, tout bougon, tout ronchon, les cheveux en épi et la barbe naissante.
Son regard tomba sur le lit qu’ils partageaient et il dut étouffer un gloussement alors que ce qui s’y était passé la veille lui revenait en mémoire. C’est qu’il était fougueux son Écossais ! Fougueux et insatiable. Et très imaginatif.
Reposant son peigne, il noua ses cheveux d’un ruban en accord avec sa tenue : il était prêt pour cette belle journée qui débutait !
Francis rangea quelque peu la chambre puis la quitta au profit de la cuisine où des odeurs appétissantes prirent places.
-Tu fais quoi ?
-Commence par le café, lui conseilla-t-il en lui en servant une tasse.
-Bonne idée…
Il l’embrassa sur le front au passage avant de revenir à ses poêles, sifflotant doucement. Il était de bonne humeur pour une raison qui lui échappait. En temps normal, il dirait que c’est l’amour qui faisait chanter son cœur et, aussi romantique que l’image soit, il ne pouvait prétendre le contraire.
-À quoi peux-tu bien penser pour avoir un sourire pareil ? Voulut savoir Lachlan.
Sorti de ses rêveries, il fallut quelques cillements à Francis pour reprendre pied avec la réalité et sortir les poêles hors du feu à temps.
-J’espère au moins que c’est moi qui accaparait à ce point tes pensées.
-Serait-ce de la jalousie ? S’amusa la nation blonde en le narguant.
-Un Kirkland n’est pas jaloux.
-Mais bien sûr~
De bien meilleure humeur, Lachlan avait décidé d’une ballade (« en amoureux » avait soufflé son très romantique compagnon), rien que tous les deux, loin des touristes et, si possible, loin des natifs du pays.
Ils étaient sur la rive d’un loch, observant l’horizon d’un silence absorbé, leurs mains se frôlant par intermittence jusqu’à ce que celle gantée de noir attrape franchement sa voisine, surprenant Francis qui tourna son visage vers lui.
Il ouvrit à peine la bouche que la pression sur sa main se fit plus forte, comme lui demandant de ne rien dire. Alors il se tut, appréhendant la suite.
Malgré lui, il ne put s’empêcher de se souvenir de cette séparation brutale qui mit fin à l’Auld Alliance et qui l’avait laissé avec un cœur saignant d’une nouvelle blessure.
Une autre main gantée se posa sur son épaule qui était parcourue de légers tremblements. Un souffle frôla son oreille alors qu’un baiser fut déposé sur sa tempe. Puis les mains gantées le lâchèrent et le souffle se recula. Alors Francis ouvrit les yeux, apeuré, pour découvrir Lachlan un genou à terre, l’observant en serrant les poings. Était-ce de la crainte sur son visage ? Mais qu’allaient donc être ces mots qui avaient tant de mal à sortir ?!
-Francis, se lança-t-il.
Il s’arrêta, cherchant ses mots en mordillant sa lèvre puis s’empara de la main délicate de son amant, la portant à ses lèvres.
-Ça fait un bon moment qu’on se connaît, maintenant, et… malgré les… les événements qui se sont déroulés entre et contre nous, je…
Il inspira fortement et fixa la main des yeux, n’osant pas croiser celui qui le surplombait. Il ne devait pas flancher, pas maintenant, il était déjà bien trop avancé.
-Francis. Accepterais-tu de lier ton éternité à la mienne, jusqu’à ce que nous ne puissions plus nous supporter ?
Bizarre, dans sa tête ça sonnait mieux… Plus romantique, plus tendre et plus soigné… Ouais, enfin, là, c’était purement lui, on pouvait pas le cacher.
Il risqua un œil vers le visage de son aimé. Ses traits étaient figés mais impossible de savoir quels étaient ses sentiments à cet instant, ce qui effraya quelque peu Écosse qui n’osa pas se relever malgré le caillou qui lui entrait dans le genou.
-Je… Je n’ai pas de bague, avoua-t-il, rien ne représentant l’amour que je te porte. Mais si tu le souhaites, je t’offrirai ce que tu veux…
Il ne savait pas quoi faire, les yeux bleus étaient vides. L’avait-il cassé ? Allait-il se faire rejeter ?
Contre toute attente, les genoux avaient lâchés, les mettant tous deux à même hauteur. Leurs regards se croisèrent et ils s’embrassèrent par automatisme. Mais lorsque les mains de Francis s’emmêlèrent à ses mèches rousses, Lachlan le stoppa.
-Maintenant que tu as repris tes esprits… Ta réponse ?
Le blond le regarda un peu perdu, comme dans un état second. Avait-il conscience de l’importance de sa réponse ? Écosse commençait à se poser la question. Est-ce que l’amour qu’il lui portait n’était pas de la même force ? Est-ce qu’ils s’étaient fourvoyés ? Peut-être que s’être offert une nouvelle chance n’était pas une bonne idée… Peut-être s’y était-il pris trop tard pour sa demande et que Francis avait cessé d’y croire ? Ou trop tôt ? Il aurait dû attendre encore quelques semaines… mois… siècles ?!
De son côté, Francis esquissa un sourire en le voyant presque hyperventiler sous ses yeux. Il passa la main dans sa nuque, tirant sur les mèches courtes, le faisant réagir. Il se pencha alors pour l’embrasser tendrement.
-T’as même pas intérêt à me fausser compagnie dans les siècles à venir…
