Une vie à deux

Une vie à deux – Vérité 13/14

Vous pouvez demander à n’importe quelle nation, tout le monde sera d’accord sur au moins un point : Angleterre n’était que rarement franc.

France et les plus proches d’Arthur rajouteraient qu’il l’était encore moins avec lui-même.

À force de vivre seule et que les nations l’entourant passent de l’alliée à l’ennemie, il s’était retrouvé incapable de faire confiance à qui que ce soit.

Il avait tenté, à plusieurs reprises, de briser cette armure, ce masque.

Il avait sillonné les océans et découvert des représentants qui ne connaissaient rien de lui, de son histoire.

Alors, il avait baissé ses barrières et sourit, les prenant sous son aile ou les épaulant.

Mais ils l’avaient trahi, à leur tour, lui tournant le dos, tour à tour. Et Arthur s’était senti perdre pied, redevenant une statue de glace et de pierre, plus dure que jamais.

La perte de ses territoires lui avait retourné le cerveau et se retrouver à parler avec son reflet ne lui paraissait plus aussi dingue qu’au début.

Lui donner une vie propre non plus.

-Je suis le seul qui te connaît vraiment, Arthur, répétait souvent Oliver.

Il avait pris l’habitude de lui sourire doucement, après, ou, depuis son incarnation, de caresser ses cheveux avec tendresse.

Oliver était tout pour lui. Il savait tout de lui.

Il avait longuement hésité à lui donner une enveloppe corporelle. Lorsque cela sera fait, qu’est-ce qui l’empêchera de le trahir, lui aussi ?

Mais sa solitude lui pesait et Oliver avait trouvé les mots pour le pousser à achever leur projet.

Il voulait une épaule sur laquelle pleurer, des bras pour le serrer, une odeur sucrée à inspirer pour s’apaiser, une chaleur humaine contre laquelle se réchauffer…

Il ne voulait plus être seul, il ne voulait plus mentir.

-Je suis le seul qui te connaît vraiment, Arthur, sourit Oliver en le serrant contre lui.

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