Nouant autour de ses reins un tablier après avoir enfilé une paire de manchettes de protection, Arthur s’empara d’une tête de loup et d’un chiffon.
-Aujourd’hui, je fais le ménage ! Déclara-t-il avec emphase.
Bien sagement, Oliver resta le nez dans le journal, prêt à réaliser dès que possible une retraite stratégique dans la cuisine. La pièce la plus proche du salon, au rez-de-chaussée, munie d’un verrou. Dérisoire mais pratique.
Il avait appris, un peu à la dure, qu’il valait mieux ignorer son compagnon dans ces moments d’impulsion. Il prenait un peu tout mal. Les bons mots comme les mauvais. Mieux valait donc se taire.
Arthur commença à faire des allers-retours dans la pièce, et la maison en général, secouant des nuages de poussière sur son trajet.
Il sifflotait une vieille chanson, s’arrêtant parfois pour tousser ou jurer, mais reprenait aussitôt, sa motivation à peine entamée par le nombre hallucinant de bibelots qu’ils avaient en leur possession.
Mais lorsque le sifflotement cessa un peu trop longtemps, Oliver soupira dramatiquement et plia soigneusement son journal, le déposant sur la table basse.
C’était reparti.
Discrètement, il quitta le salon et rejoignit la cave dont il descendit les marches, tirant sur son gilet pour le défroisser.
Sans surprise, il lui suffit d’aller dans la pièce au fond du couloir pour le retrouver, entouré d’objets et de souvenirs.
-Tu te fais du mal pour rien, sweety.
Celui-ci tourna un regard humide dans sa direction. Il tenait contre son cœur une robe d’enfant démodée.
-Allez, viens, je vais faire des crêpes.
Tout doucement, il le guida jusqu’au salon sans avoir tenté de le séparer du vêtement.
Ces pulsions de ménages finissaient toujours dans la pièce à souvenirs où Arthur se faisait du mal à se remémorer le passé.
Et lui, il n’avait plus qu’à le consoler avec assez de sucre pour rendre le vieux continent diabétique…
