Arthur passait un peigne de bois dans la crinière emmêlée de sa monture.
Oliver faisait de même dans son coin.
Ils revenaient tous deux d’une longue promenade à travers les bois où ils avaient pu respirer de l’air moins pollué et profiter de la nature se réveillant aux prémices du printemps.
C’était un petit rituel, une balade au calme, rien qu’eux deux, et leurs montures surnaturelles.
Arthur avait apprivoisé un clan de licornes des siècles auparavant, et depuis il pouvait les utiliser pour les longues distances, bien qu’il évitait en général.
Il avait reçu trop de cailloux de la part des non-croyants qui avaient l’impression de le voir assis dans les airs sans rien sous lui.
Donc, quand ils pouvaient sortir sans finir en asile, ils en profitaient, accompagnés de nombreuses créatures magiques qui venaient les saluer au passage.
Les licornes hennirent et secouèrent la tête. Elles avaient dû sentir que leurs deux cavaliers s’étaient perdus dans leurs pensées, et ce n’était pas à leurs goûts.
À force de se faire pouponner, elles avaient pris des goûts de luxe, fallait pas croire…
-On est là, on est là, rit Arthur.
Il caressa le chanfrein de sa monture et tira un peu sur sa barbiche pour l’embêter.
-Hé, darling, admire mon œuvre !
Oliver posait victorieusement auprès de sa licorne à laquelle il avait tressé la crinière et glissé des rubans roses un peu partout : dans la crinière, la queue, la barbiche, les jambes, etc.
–It’s… it’s pink.
Heureusement, cela parut suffire à son double qui eut les yeux qui brillèrent, l’air satisfait.
Ce n’est pas ce soir qu’il dormira sur le canapé, au moins.
