Une vie à deux

Une vie à deux – La Reine 8/14

Arthur se tenait très droit dans son uniforme et sous ses différentes récompenses militaires.

Il faisait froid, son col était trop serré, il était tellement décoré qu’il avait l’impression d’être un sapin de Noël et chaque mouvement déclenché un petit bruit de la part des médailles. Il était une jolie batterie de cuisine.

Et impossible de se plaindre à voix haute ou de partir, Elisabeth serait capable de lui courir après en le menaçant.

C’est donc en prenant son mal en patience que la nation contempla sa future souveraine en remontant la nef avec un rien d’émotion malgré tout.

Ce n’était pas son premier couronnement et depuis la guerre civile, il n’était plus aussi proche de la royauté qu’il aurait pu l’être auparavant.

Son regard dériva sur l’unique tâche de couleur et de fantaisie parmi cette foule de costumes de cérémonie sombres et chargés. Oliver mordait dans un mouchoir en soie, s’essuyant les yeux de temps à autre, pleurant à chaudes larmes, l’air ému.

Lui, par contre, il était resté très proche de la royauté. Comme si la séparation de leurs deux esprits avait compartimenté leurs opinions.

Il sourit doucement, attendri par toutes les émotions qu’Oliver arrivait à montrer.

Même les yeux rougis et irrités, les cheveux rebelles au peigne et un mouchoir rose bonbon plaqué contre le visage, il restait digne.

Il était un roi.

Laisser un commentaire