Une décision à deux

Une décision à deux – 3/5

Peter jouait sagement dans le salon avec son nouveau circuit. Il imitait les différents bruits des véhicules avec la bouche.

Il était très content de ce qu’il avait reçu, c’est sûr, mais l’absence de sa « mère » avait assombrie sa belle humeur des fêtes, et il savait qu’il n’avait pas été le seul.

Tino ne les avait pas rejoint pour le réveillon ou le déballage des cadeaux. Il n’avait pas fêté la nouvelle année avec eux. Il n’avait pas du tout été là, et l’ambiance familiale s’en était fait ressentir, au point que Berwald et lui étaient partis plus tôt.

Là, il jouait tranquillement, tentant d’oublier la peine qui l’obscurcissait ces derniers jours.

Puis une boule de neige s’écrasa violemment sur la vitre du salon, le faisant sursauter. Une deuxième suivit, puis une troisième. Peter courut et ouvrit la vitre, recevant une quatrième boule sur le front.

-Oh, désolé mon grand !

Son cœur rata un battement à cette voix et il se dépêcha d’enlever la neige de ses yeux.

-Maman !

Il lança ses bras en avant afin de le serrer contre lui, mais Tino était trop loin et ne semblait pas vouloir s’approcher plus.

-Tu rentres maman ? Tu reviens avec nous ?

Les yeux de la petite nation brillaient d’espoir contenu, à en faire mal à Tino.

-Non. Je suis désolé, je voulais juste venir te voir ?

-Et papa ? Il est au travail, là, mais il sera très heureux de te revoir !

Peter tentait de l’attraper pour qu’il entre, oubliant qu’il n’était que à la fenêtre et que ça n’était guère pratique.

Tino le regardait avec tristesse. Il n’aurait pas dû venir, mais c’était plus fort que lui.

-Maman, s’il-te plaît, reviens à la maison, je t’en supplie…

Il en était presque à pleurer, sa vue se brouillait et ses yeux piquaient.

-Tino ?

Une voix grave dans son dos. Berwald était rentré du travail. Il pouvait sentir l’odeur de copeau de bois qui l’accompagnait partout. Il était là, juste derrière lui. À deux pas de lui. Il n’avait qu’à se retourner et…

Berwald referma les bras sur le corps sanglotant.

-Tu es à la maison, maintenant, Tino. Tu es rentré.

Il le berça quelques temps, lui caressant les cheveux et se gavant de son odeur de neige fraîche.

Tino était de retour, et c’était ce qui importait à Berwald et à Peter.

-Va ouvrir la porte, Peter.

Il obtempéra rapidement, trop heureux du retour de sa « mère ». Il resta à la porte, regardant Berwald porter son amant jusqu’au salon, le posant sur le canapé. Il ôta les chaussures, le manteau et l’écharpe, plaça le plaid sur ses épaules et s’assit à ses côtés, le reprenant contre lui.

-Tu es chez nous, Tino, tout va bien. Tout va mieux aller…

Il l’embrassa tendrement sur le front, ayant l’impression de revivre à chaque contact de plus.

Un mouchoir en papier se balança sous ses yeux, tendu par Sealand qui en avait une boîte sous le bras. Il était facile à deviner que la micro-nation avait très envie de se pelotonner entre ses deux parents et de profiter de toute la chaleur et l’amour dont ils émanaient à cet instant. Mais il savait que ce n’était pas le moment pour lui.

À sa grande surprise, son père lui ouvrit les bras, l’invitant sur ses genoux, tout près de Finlande.

-Nous sommes une famille. Compris ? Peu importe que nous soyons trois ou plus… Nous sommes une famille, et c’est tout ce qui compte, déclara Suède.

Finlande serra son protégé contre lui. Il lui avait extrêmement manqué pendant tout ce temps, craignant pour sa santé.

-C’est tout ce qui compte, répéta-t-il.

Berwald pleura.


Tino n’était rentré que depuis quelques jours, mais l’ambiance se ressentait. Le soleil est de retour.

Avant de partir travailler, Berwald se pencha pour embrasser le front de sa « femme » qui serrait Peter comme un naufragé sa bouée.

Ils avaient tous les trois subit cette séparation comme une sorte de traumatisme qui les rapprocha d’autant plus suite à leurs retrouvailles.

-À ce soir, souffla-t-il.

Un grognement lui répondit, le faisant sourire.

-J’essayerai de rentrer tôt, promit-il.

Il ignorait si il était entendu par l’un des deux, mais il avait besoin de le dire.

-J’y vais, conclut-il.

Il ferma la porte derrière lui.

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