Personnages imposés : Italie & Allemagne
Thème choisi : Noël
-Chez moi, Noël est une fête des amoureux, déclara Japon.
Baissant le feu sous son wok, il jeta un regard en la direction de Feliciano qui avait pris un air pensif.
Le poisson avait été ferré.
-Je vais sûrement rentrer pour cette période. Chine organise chaque année une réception ne risque pas d’y couper…
Il soupira théâtralement tout en remuant le riz. Un petit coup de grâce, peut-être ?
-Quel dommage, Allemagne va devoir passer les festivités tout seul…
-Prusse ne sera pas là ? S’étonna-t-il.
-Non non, France l’a invité, ainsi que Espagne.
-Oh ! Mais c’est horrible ! Nul ne doit passer la veillée de Noël tout seul ! C’est d’un triste ! La Befana doit venir pour lui ! Décida-t-il.
S’étant redressé à la nouvelle, il frappa la table du revers de la main en une vaine imitation de son grand ami.
-C’est décidé ! Ludwig passera Noël avec moi ! Et je lui ferai plein de plats traditionnels pour qu’il oublie sa tristesse !
Fort de sa résolution, Feliciano sortit de la cuisine, plus réjouie que jamais.
De son côté, Kiku se demanda si il n’avait pas fait une erreur, finalement. Bah ! Il sera là pour ramasser les morceaux et tempérer les esprits.
Soupirant, il ôta son fichu et coupa le feu. Le repas était prêt, ne manquait plus que les mangeurs.
-J’peux savoir ce que tu fais, shigi ?
Adossé à l’encadrement de la porte, Romano observait son cadet s’activer avec entrain.
Les yeux grands ouverts, ce dernier sifflait une chanson à la mode tout en courant d’un saladier à l’autre, ajoutant mille ingrédients, remuant, goûtant…
-Je prépare un repas de Noël digne de ce nom pour Allemagne ! S’exclama-t-il avec enthousiasme.
Il passa de nouveau devant son frère qui allongea la jambe et le fit chuter.
-Tu comptes passer cette fête familiale auprès de l’autre enfoiré ?
-Mais grand frère, tu m’avais dit que tu comptais passer Noël avec Espagne ?
-Cet enfoiré a annulé, marmonna-t-il en tournant vivement la tête. Il a mieux à faire, on dirait.
-Oh…
Se relevant, il prit son aîné dans les bras pour le consoler, même si il n’avouera jamais ses larmes.
-Oh non ! Les Ricialleri !
Quittant l’étreinte fraternelle, il s’élança dans la direction des confiseries.
Ce soir-là, lorsque Ludwig rentra, harassé de travail, il savoura le silence qui hantait sa demeure. Son frère loin de lui, c’était l’assurance d’un Noël paisible bien que solitaire. Bah ! La solitude pouvait bien en être le prix à payer, ce n’était pas si grave…
Il tira sur sa cravate et ôta sa veste avec la ferme intention de s’avancer dans ses dossiers. Après tout, Noël n’était qu’une fête parmi les autres. La fêter tout seul ne correspondait pas à grand-chose.
Décidant de s’accompagner d’une bière dans son travail, il se rendit alors dans la cuisine. Pour cela, il allait devoir traverser le salon où clignoterait sûrement la guirlande qui entourait ce pauvre sapin. Une fantaisie de Gilbert, bien évidemment.
Mais lorsqu’il se trouva dans ledit salon, ce n’était pas que le sapin qui clignotait mais bien d’autres décorations aux teintes des Noëls d’autrefois. Ça ne pouvait être qu’une nation.
Et il n’y en avait que trois pour posséder les clés de la demeure, en plus de lui-même.
Son frère aîné, Japon et Italie du Nord.
N’étant pas le dernier des idiots, il comprit bien vite qui était derrière tout ça, surtout avec les effluves s’échappant de la porte fermée.
Il soupira et passa une main lasse dans sa nuque ? On dirait bien que sa soirée de travail était reléguée à plus tard.
Il décida alors de se changer, ça sera toujours ça de fait, et connaissant Feliciano, il n’aurait le droit de ne rien faire, même si l’idée de nettoyer sa cuisine de fond en comble le titillait. Mieux valait ne pas penser au capharnaüm qui devait y régner.
Un peu plus détendu, Ludwig se dirigea de nouveau vers le salon afin de saluer convenablement la nation italienne qui couina de surprise en l’apercevant.
-Je ne t’ai pas entendu arriver, avoua-t-il, gêné.
Il retira son tablier blanc et poussa son ami hors de la pièce.
-Va t’asseoir, j’arrive dans un instant avec le repas.
Touché par ces marques d’affections, Ludwig obtempéra et prit place à la grande table décorée avec goût et rappelant les Temps Anciens, bien que les bougies avaient été remplacées par des ampoules.
Italie arriva peu de temps après et le repas put commencer.
Bien que les plats soient typiquement italiens, Ludwig put y voir les efforts pour que ses propres goûts y soient mêlés et les apprécia à leur juste valeur.
Lorsque le dessert fut avalé jusqu’à sa dernière miette, Feliciano bondit hors de sa chaise et attrapa la main de son meilleur ami pour le tirer jusqu’au canapé où il poussa.
Intimidé par les avènements, il se comportait un peu comme un enfant, bien malgré lui.
Il plongea ensuite sous les branches basses de l’arbre de Noël pour en extirper des paquets enrubannés qu’il tendit à Allemagne.
Gêné, celui-ci les prit mais ne les déballa pas.
-Tu n’étais pas obligé Feliciano… Surtout que je n’ai rien prévu pour toi…
Son ami se contenta de lui offrir son grand sourire joyeux. Te faire plaisir est bien assez suffisant, tu sais ! Allez, ouvre-les !
Poussé par les mimiques enfantines, Ludwig finit par chiffonner les papiers brillants qui rejoignirent le feu de la cheminée avec les cris ravis du châtain.
-C’est… beaucoup trop, Italie !
Lorsqu’il était troublé, Ludwig avait tendance à devenir un peu formel, s’était rendu compte son entourage, et Feli’ s’en amusa.
S’approchant de lui, il posa ses mains sur les cuisses puissantes de son aimé. Mettant leurs tête à hauteur, il plongea son regard d’ambre dans celui d’un bleu de glace.
-Joyeux Noël Ludwig ! Murmura-t-il.
Puis il s’empara de ses lèvres avec passion.
