Personnages imposés : Bad Touch Trio ! (France, Espagne & Prusse)
Thème choisi : musique
-Kesesese !
-Honhonhon !
-Fusososo !
Inutile de présenter les propriétaires des ces trois rires, nous sommes bel et bien en présence du trio de l’enfer composé de France, d’Espagne et Prusse.
Les voici finalement présenté… Tant pis.
Sur chaque continent, il était de coutume d’organiser une grande réception où les nations se retrouvaient, loin de la scène politique, laissant derrière eux autant que possible leurs conflits. Enfin, il ne fallait pas rêver, ce n’était pas suffisant pour que Hongrie et Roumanie se tombent dans les bras, hein.
Suisse surveillait sa jeune sœur d’un regard d’aigle, tout en échangeant quelques mots avec Suède. Sealand se faisait poursuivre par Irlande du Nord qui n’appréciait que peu sa tenue de ballerine. Chypre, Finlande et Islande semblaient bien s’amuser, enfin, surtout les deux premiers. Moldavie semblait fasciné par les récits des années conquistadors d’Espagne. Grèce et Irlande parlaient chats, lors qu’à leurs côtés, Autriche, Allemagne et Hongrie semblaient plongés dans une conversation passionnée. Seborga était en train de harceler Danemark afin que celui-ci lui donne des conseils en drague, le tout sous le regard moqueur de Norvège. Un peu plus loin, Écosse et Bulgarie s’amusaient à faire tourner en bourrique Angleterre. Estonie expliquait les méandres d’Internet à un Italie du Sud passablement bourré. Lituanie, Lettonie et Pays de Galle devisaient paisiblement, un verre à la main. Italie du Nord et Pologne discutaient avec excitation de mode, quand à Belgique et Roumanie, ils étaient sous la tutelle vigilante de Pays-Bas. Slovénie et Malte semblaient vouloir garder le buffet tous les deux, tellement ils y étaient stationnés. Luxembourg et Tchéquie parlaient économie, malgré l’ambiance légère. Portugal et Slovaquie se faisaient plumer par Monaco.
France sirotait un verre de vin, l’air pensif et absorbé par la vue que lui offraient les larges fenêtres. Il ne fallut pas longtemps pour que ses deux comparses se rapprochent et qu’ils se mettent à comploter, ponctuant leurs chuchotements de leurs rires si particuliers.
-Tu es sûr de toi Francis ? Demanda la Méditerranéen.
-Tu douterais de mon savoir-faire ? Rétorqua-t-il faussement vexé.
Ils ricanèrent de nouveau, sous le regard désabusé de leurs congénères, habitués du spectacle. Tellement qu’ils ne cherchèrent même pas à savoir ce qui allait se passer, et pour qui, lorsque le trio disparut dans les couloirs sombres de la demeure spacieuse louée pour la semaine.
Comme ils avaient torts…
-Hey, c’est bon de ton côté, France ? Chuchota Antonio.
La précaution n’était pas très utile mais ça rendait leur situation plus vraie.
-Je suis paré ! Et toi Gigi ?
Le surnommé se contenta de ricaner nerveusement, bien trop excité pour pourvoir répondre correctement.
-Alors, haut-les-cœurs les amis ! S’exclama la nation blonde.
Et à ce cri de ralliement, les trois compères lâchèrent leurs charges et s’empressèrent de rejoindre leur point de retrouvaille.
-On a quand même été vache, là, non ? Chuchota Antonio en tentant de rentrer son ventre.
-Dis-toi que c’est le meilleur moyen pour immortaliser cette soirée ennuyeuse ! Lui assura le Français.
Gilbert ricana de nouveau, au comble de la nervosité.
Tous les trois, ils s’étaient réfugiés dans un placard branlant qui menaçait de tomber en poussière au moindre éternuement, et ils cherchaient à se faire le plus petit possible pour y tenir convenablement sans mettre leur cachette en péril.
-Où est-ce qu’ils sont ? Rugit la voix de Suisse.
Ils purent entendre distinctement le bruit du chargement de son fusil, leur causant un frisson.
-Je crois qu’on va être les premiers de l’Histoire à passer le nouvel an dans un meuble moisi et sentant le rat crevé.
La tentative d’humour de Francis se solda d’un échec : ses amis étaient bien trop nerveux à l’idée d’être retrouvé pour n’esquisser ne serait-ce qu’un rictus. Et il n’était pas vraiment mieux, pour tout dire. Il était juste celui qui le cachait le mieux.
-Je crois avoir entendu du bruit par-là… susurra Hongrie, accompagnée du bruit de son arme de prédilection.
-Laisse tomber, ça doit être un rat, la région en est infestée, commenta Belgique en s’éloignant.
-Louée soit-tu grande sœur ! Pria tout bas le plus bavard du BFT.
Il y eut encore quelques instants de calme durant lesquels seules les courses de rats et la triple respiration se faisaient entendre. C’est ce qui conforta Antonio à sortir, bien qu’avec prudence.
-Le couloir est désert, marmonna-t-il à ses acolytes.
Ces derniers quittèrent leur cachette avec soulagement.
-Bon, on ferait mieux de se séparer pour notre survie, okay ?
-Okay ! Approuvèrent-ils en chœur.
Ça avait paru une si bonne idée…
Du moins, c’était ce que se disaient les trois amis, ficelés au milieu de la salle de bal, devant un parterre de nation aux heures diverses. Il y avait l’ennuie, la fureur, l’angoisse, la joie et l’appréhension. Sans oublier la honte de ceux affiliés aux trois zigotos.
Et n’oublions pas non plus ceux qui n’en avaient rien à faire et ceux qui se tenaient encore les côtes, le souffle court à force de rire.
-On peut savoir ce qui vous a pris ?
Ah, Irlande semblait avoir décidé de prendre les commandes.
-Vous avez idée du temps… surenchérit Écosse.
-Et du prix ! Le coupa vivement Suisse.
-Du temps et du prix que ça va nous prendre ?!
Ils étaient vraiment furax.
Angleterre sirotait son whisky avec un petit sourire en coin en voyant son plus cher ennemi à la merci de sa fratrie.
-De toutes les façons, les factures vous seront adressées, décréta Estonie en remontant ses lunettes.
-Ah non ! Refusa Allemagne. J’en ai plus qu’assez que mon gouvernement et moi devons payer les frais de mon aîné parce qu’il ne sait pas se tenir !
Il y eut des murmures positifs parmi les spectateurs alors que Prusse devenait pâle en assimilant les propos de son frère.
Italie du Sud se décida à prendre le devant de la scène.
–Shigi ! J’arrive pas à croire que tu m’aie fait ça, bastardio !
Il avait les larmes aux yeux, choqué par le méfait.
-Romano, ce n’est pas Tonio, c’est moi, le sauva Francis. Si tu veux, je t’offrirai des dizaines d’autres !
Il crût bien sa dernière arriver lorsque les prunelles ambres s’éclairèrent d’une lueur meurtrière, et ce fut encore pire lorsque l’Italien tenta de lui briser le crâne avec sa guitare en miettes.
Dans les bras d’Allemagne, Feliciano était inconsolable, tenant contre son torse son violon qui n’était pas en meilleur état que la guitare de son frère.
Il y avait aussi la cornemuse percée de Écosse, la harpe aux cordes coupées de Irlande, le piano brisé de Autriche, le büchel bouché de Suisse, le concertina découpé de Angleterre (mais il s’en fichait), le cavaquinho explosé de Portugal, le saxophone bouché de Roumanie, le Langspil disparut de Islande, l’accordéon détendu de Lettonie, le saz cassé de Grèce (cadeau de Turquie), le tárogató aux touches arrachées de Hongrie et la birbyné brisée de Lituanie.
Un désastre de cordes, de bois, d’os et d’ivoire. Le plus grand cauchemar des mélomanes.
Autriche était passé en mode dark. Il serrait entre ses doigts le pistolet d’Allemagne et semblait prêt à l’utiliser à tout instant.
-Calme-toi Autriche, lui suggéra Grèce.
L’habituel air somnolent avait disparu de ses traits mais il ne semblait pas aussi furieux que les autres, tenant en ses mains les différents morceaux du saz.
-Je propose qu’on les enferme dans la cave pour la soirée, ricana Irlande en se frottant les mains d’anticipation.
-Elle a raison. L’idée de leur punition nous parviendra peut-être cette nuit…
-Depuis quand t’es d’accord avec moi ? Grinça l’harpiste.
-Pour une fois que tu as de bonnes idées, grommela Écosse.
Les trois idiots furent installés dans la cave par les Nordiques, sous le regard menaçant de Norvège qui avait mal prit la disparition de l’instrument de son frère.
Lorsqu’ils furent laissés seuls, il soupirèrent en chœur.
-Bon, au moins, on est encore vivant, fit joyeusement remarquer Espagne.
-Pas sûr que ça en soit toujours le cas demain, marmonna l’albinos.
Il y eut un instant de silence durant lequel de bien sombres pensées prirent place dans leurs caboches.
-Hé, les gars, vous savez quoi ?! S’exclama subitement France.
-T’as trouvé le moyen pour qu’on survive à la journée de demain ?
-De toute l’Histoire, on sera les premiers à passer le nouvel an dans une cave ! S’exclama-t-il joyeusement.
Ses deux amis soupirèrent de lassitude. Il n’y avait vraiment que lui que ça intéressait ce genre de record !
