-Réveille-toi ! Lève-toi !
Un corps sortit difficilement du lit, grognassant et s’ébouriffant les cheveux. Il obtempéra aux ordres, bien obligé.
-N’oublie pas de manger après t’être préparé.
Un grognement indistinct lui servit de réponse. Il dut se battre contre ses vêtements, n’étant que partiellement réveillé, mais il réussit à les mettre à peu près dans le bon sens, évitant ainsi de se faire remonter les bretelles comme la fois où il avait tenté d’enfiler son T-shirt par les pieds.
Fallait pas lui en vouloir, le matin était toujours un peu dur pour lui. Raison bien connue de ses supérieurs qui, en temps de guerre, avaient tendance à ne l’utiliser qu’en dernier recours lors des attaques matinales. Il aurait été capable de rater une vache dans un couloir, de toutes façons, dans cet état !
-Évite de te prendre la porte, merci. Et fais donc attention quand tu descends les escaliers !
Grommellements en tout genre avant de se prendre un tournant dudit escalier. Pourquoi, déjà, n’avait-il pas opté pour un tout droit ?
Ah oui, parce que c’était plus pratique lorsqu’il rentrait complètement ivre. Ça faisait une rampe de plus.
Badaboum, faisait-il à quasiment chaque marche, se laissant tomber presque. Sa tête branlait en tout sens. Il n’avait pas vraiment la force de la soutenir, les yeux mi-clos et complètement au radar.
Un soupir l’accueillit dans la petite cuisine alors qu’il s’écroulait sur une chaise et que le petit-déjeuner se déposait devant lui. Il n’avait plus qu’à se servir, ce qu’il fit aussitôt, dévorant autant qu’il pouvait et qui se trouvait à porté de mains. Le tout sous le regard impassible et bleu de Norvège qui mangeait avec plus de retenue.
Lorsqu’il se releva, il débarrassa la table, cette fois, il enjoignit Danemark d’aller se laver les dents et d’être un peu plus présentable. Aujourd’hui était une journée importante qu’il allait devoir passer à la Citadelle auprès des différents ministres, en tant que nation.
Et pendant ce temps, que ferait Norvège ?
Norvège ferait ce qu’il fait à chaque fois. Il réglerait ses propres papiers administratifs, ferait les courses, entretiendrait la maison. Et, lorsque Søren reviendra, le repas sera prêt, la viande fumante, les légumes à point et la sauce goûteuse.
Il n’aura qu’à mettre les pieds sous la table et la serviette autour du cou afin de pouvoir profiter du repas dont il s’emplira le ventre à s’en faire exploser avant de se faire guider de nouveau par Nils jusqu’à l’heure du coucher.
-Ferme-la bouche quand tu mâches…
-Bois proprement.
-Termine ton assiette avant de te resservir !
-Va te laver les dents.
-Prépare-toi pour te coucher.
-Éteins la lumière.
-Je t’aime.
Bonus (oui, ça c’est vraiment passé) :
Norvège entra dans la boulangerie, sommant Danemark de rester à l’extérieur, lui promettant de faire vite.
Enfin, vite, il fallait d’abord que les deux mamies et la femme d’affaire prennent leurs commandes pour qu’enfin il puisse accéder au comptoir et se faire servir.
À l’extérieur, Søren gardait sa position, torse bombé, dos droit, sa hache préférée sur l’épaule et un air concentré sur le visage.
L’air passablement ennuyé, Nils attendait son tour, s’étonnant tout de même du manque de foule à une heure d’habituelle affluence. C’était étonnant, à défaut de bizarre.
Sortant de l’échoppe, Nils haussa un sourcil, à peine étonné par le spectacle qui s’offrait à lui.
-Je crois que tu fais peur aux gens.
En effet, les passants fixaient avec crainte le Danois, allant jusqu’à changer de trottoir.
