Recueil de la JE 2014

Recueil de la JE 2014 – 2/4

Aujourd’hui était un jour comme les autres, les oiseaux pépiaient, les chiens faisaient les poubelles, les poissons frétillaient dans les filets de pêche… Et les Turcs venaient enquiquiner les Grecs.

-HERAKLÈS~ hurla de manière harmonieuse Sadiq.

La porte s’écrasa contre le mur derrière après avoir été poussée avec une délicatesse toute relative. Vraiment relative.

N’obtenant aucune réponse de l’interpellé et étant certain de sa présence (fruit de plusieurs mois d’observation. Pour la science, évidemment !), il décida de fouiller… chercher le Grec dans la maison. Après tout, il ne pouvait pas se cacher bien loin, surtout au vu de sa carrure ! Quand il était petit, oui, il savait se dissimuler avec soin, les meubles étant adaptés à sa silhouette d’allumette. Mais là il tenait plus d’une statue de Cariatide que d’une miniature. Enfin, il n’allait pas se plaindre non plus.

-Bon, il n’est pas dans la cuisine… Le salon est vide… La chambre, peut-être ?

Mais il continuait de ne trouver personne, ce qui l’inquiétait. Un peu. Bon, il ne se l’avouerait jamais, ou alors pas devant témoin. Et vous êtes des témoins. Si si.

Faisant une pause dans sa recherche intensive -ou fouille, c’est selon- Turquie lista mentalement les quelques pièces que contenait l’habitation modeste de son ancien protégé. Quand on pensait que certains de leurs congénères prenaient leurs quartiers dans des demeures avec de l’histoire, du prestige, et que lui préférait… Une simple maison comme n’importe lequel de ses citoyens. Il pourrait certainement emménager dans une cahute avec plus de classe !

Bon, on s’égarait, là. Où se cachait cet insupportable gosse au cul d’enfer ?

Rayez la mention inutile, s’il-vous plaît.

Peut-être… peut-être la salle de bain ?

La fugace vision du Grec surprit à la sortie de la douche suffit amplement pour le faire se diriger aussitôt en direction de la pièce d’eau. Peut-être même aura-t-il la chance de pouvoir se rincer l’œil ou le rincer tout court ?!

Assez rapidement, la porte close de la pièce convoitée se dressa face à lui. Marquant un temps d’arrêt pour une courte réflexion, Sadiq poussa discrètement le battant et s’y glissa, s’attendant à s’enfoncer dans une épaisse vapeur d’eau chaude comme son voisin en avait l’habitude, mais ce n’était pas le cas. En tout cas, il pouvait entendre la voix puissante en train de chantonner et, comble de chance, il lui tournait le dos ! Bon, il faisait face au miroir, ce qui pourrait lui permettre de le repérer, mais si il jouait de la chance…

Rendant ses pas légers, Sadiq rasait les murs, comptant bien surprendre Héraklès qui continuait d’accompagner la radio tout en se rasant soigneusement. Malheureusement pour lui, il se coupa lorsque l’intrus exprima bruyamment sa stupeur.

-Que… Qu’est-ce que… C’EST QUOI CA ?!

Le bras tendu devant lui, le Turc pointait le crâne de la jeune nation qui tentait de le cacher de manière assez… pathétique.

-Tu tournes le dos au miroir, crétin.

Pataud, le Grec fit le dos rond et baissa la tête.

-Attends, mais c’est… c’est quand même pas des bigoudis ?!

En effet, là où se dressait ordinairement l’ahoge rebiquante du Méditerranéen, on pouvait trouver deux bigoudis solidement fixés, emprisonnant ladite mèche.

-Tu croyais vraiment que c’était naturel ? Fit-il sur un ton blasé.

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