-Héraclès, c’est toujours un plaisir de te revoir.
-Moi de même Gupta.
Ils s’étreignirent brièvement, content de se retrouver malgré le fait que leur dernière entrevue remontait à quelques mois.
-Comment ça se passe ?
-Le temps demeure long pour ceux qui ont tout le leur, énonça doctement la nation Égyptienne. Du thé ?
-Avec plaisir.
Ils discutèrent un peu de tout, marquant quelques pauses durant lesquelles ils semblaient se perdre dans leurs pensées. Ils étaient vraiment sur la même longueur d’onde.
-Combien de temps comptes-tu rester sur mes terres ? Finit par vouloir Gupta.
-Assez longtemps pour me faire oublier, mais pas trop pour me rappeler à leurs mémoires. Une semaine, tout au plus.
Son ami le fixa alors qu’il portait une pâtisserie à la bouche. Il semblait… différent de d’habitude.
-Il s’est passé quelque chose ? Tu veux m’en parler ?
Il haussa les épaules.
-Non, juste cette crise économique qui me poursuit et que tout le monde s’acharne à me mettre sur le dos. J’aimerais bien qu’ils arrêtent avec ça. Ce qu’a fait mon gouvernement ne m’incube pas forcément…
-Pour te soulager l’esprit, souhaites-tu te promener ?
Acceptant l’invitation pour ce qu’elle était, Grèce n’eut pas trop à attendre pour monter sur un chameau et savourer le soleil si chaud. Bien plus chaud que chez lui. Il aurait presque envie de se laisser oublier dans un coin et de piquer une petite sieste sous ces rayons presque agressifs.
Mais il savait que ce n’était pas vraiment une idée à avoir, au risque de se trouver avec une bonne insolation et l’air d’un homard passé à la casserole.
-Le désert avance de plus en plus, soupira Gupta. Peut-être qu’un jour il engloutira tout le continent Africain. Si nous faisions une pause ? Il y a un oasis non loin, si mes souvenirs sont bons.
-Je te vois mal oublier quelque chose ou te fourvoyer dans un souvenir, alors il y est sûrement encore ! se moqua son demi-frère.
-Oh, tu sais, ma mémoire n’est pas si infaillible que tu sembles croire, c’est commun à tous…
-Si seulement Sadıq pouvait oublier notre enfance, je me porterais bien mieux…
Il n’eut pas besoin de se tourner pour deviner le sourire de son vieil ami. Ils se connaissaient presque depuis toujours. Leurs mères avaient été de vieilles amies et ils avaient passés de longues années sous la coupe de l’autre Turc. Comment ne pas se connaître ?
-Viens, il faut installer l’abri. Ce serait dommage de se mettre à griller.
Malgré sa constitution assez fine, Gupta avait du muscle et de la force à revendre, mais si il pouvait profiter de la musculature de son cadet, il n’allait pas s’en gêner.
-Pourquoi as-tu des loukoums ? geignit faussement Héraclès.
Il ne reçut qu’un rire clair en réponse. Ils savaient bien tous deux à quel point ils pouvaient en raffoler. Il leur était même arrivé de faire le mur afin de se faire une réserve dans leur chambre. Il n’y avait qu’à voir comment ils s’étaient presque jetés dessus, à peine sortis de la boîte, s’en léchant les doigts et se moquant de l’autre. Deux enfants-monde, loin de toute civilisation et de leurs habituelles préoccupations et soucis.
Ils en étaient à se remémorer leurs souvenirs d’enfance, en plein milieu d’une anecdote qui les faisait rire à gorges déployées, quand Grèce cessa afin de fixer longuement, au point de le déranger.
-Il y a un souci, peut-être ? Héraclès ?
-Non, rien, tout va bien, y’a juste plus de loukoum… C’est dommage…
Gupta suçota le sucre qui restait sur ses doigts tout en approuvant de la tête.
-Mais le paysage n’en est pas moins superbe…
Il sourit alors et regarda ces yeux à la teinte si particulière… Ce vert si peu commun avec son pays ou tout ceux qu’il avait déjà pu voir. Ce vert qui ne donnait qu’une envie : rester des heures à le contempler. Et c’est tout à fait ce dont il avait envie pour l’instant. Perdre son regard dans le sien et ne jamais avoir à le quitter.
Alors il avança jusqu’à lui, ne brisant jamais cet échange, ni lui ni Hellas.
Il avança, se retrouvant presque sur ses genoux, toujours plongé dans ce vert si… Grèce.
-Il n’y a pas que le paysage, n’est-ce pas ?
Il murmurait, son souffle caressant le visage hâlé de son aîné, le temps de quelques secondes. Puis il y eut un baiser. Et il fut suivit par bien d’autres.
Les mains passaient sous les vêtements qui volaient, soulevant des grains de sable, les lèvres se soudaient, les peaux se frôlaient et frottaient.
Gupta ondula des hanches avec volupté lorsque Hellas s’enfonça en lui, ayant une pensée coupable envers son petit-ami, mais il était bien trop perdu dans son propre plaisir pour y prêter de l’importance.
Ce n’était pas la première fois qu’il se retrouvait entre les mains capables de Héraclès, et peut-être que ça ne saura jamais la dernière fois. Il savait que ce n’était pas vraiment une pensée qu’il fallait avoir, compte tenue de l’affection qu’il portait à son compagnon, mais c’était plus fort que lui. Surtout lorsqu’il était à l’instant-même en train de soupirer dans les bras musclés.
-Hé… Héra…
-Chut. Pas ce surnom. Plus jamais.
Il l’embrassa sur le front puis dériva jusqu’à l’oreille qu’il mordilla avec attention, lui faisant pousser de petits gémissements excitants.
-Voilà, c’est mieux ainsi, bien mieux, murmura-t-il d’une voix rauque.
Il ondula encore des hanches, s’assouvissant en lui mordant l’épaule, provoquant les spasmes de jouissance de son partenaire.
Ils ne bougèrent plus, haletant fortement. Héraclès passa la main dans les cheveux mi-longs humides de sueurs, liant leurs regards entre eux, puis l’embrassa tendrement avant de se redresser, séparant leurs corps transpirants.
Gupta savait que son cadet venait de clore les yeux et allait s’endormir d’une seconde à l’autre. Ils se connaissaient depuis longtemps, et ce n’était pas leurs premiers ébats non plus… Il posa la main sur le sommet de son crâne, caressant lentement les mèches ondulées, titillant l’ahoge frisottée ne provoquant que des ronflements un peu plus forts que les autres. Finalement, l’endormi se tourna et l’emprisonna de ses bras, le collant contre lui. Il n’en fallait pas plus pour l’inviter à cette sieste impromptue aux côtés d’une compagnie si charmante…
