Journal d'un philosophe de dix-sept ans

Journal d’un philosophe de dix-sept ans – Cinquième entrée 5/?

-Bonsoir mamá…

-Bonsoir mon petit chat.

Ma mamá est une femme superbe, c’est un fait. À elle seule, elle donne envie d’aller en Grèce et y visiter le pays… ou les femmes.

Mais personne ne touche à ma mère. Personne.

Elle me serra contre elle en souriant. Elle sentait la viande cuite et le vin, comme toujours.

Elle travaillait dans un restaurant type familial, comme elle l’a toujours rêvé, et ce n’était pas rare qu’elle rapporte à la maison, des doggy bag.

-Tu as passé une bonne journée ?

-Il y avait foule, aujourd’hui, tu n’imagines pas !

J’ai toujours adoré la regarder à son retour. Elle raconte la journée passée tout en défaisant sa coiffure, avant de s’abandonner dans le sofa où je la rejoignis pour la serrer contre moi de nouveau.

-Tu es peut-être un peu grand, maintenant, pour faire un câlin à ta vieille mère ?

-Tu seras jamais vieille, mamá.

Je la dépassais d’une tête, maintenant, et je tenais plus de l’homme adulte que du petit garçon. Mais avec elle, je ne pouvais m’empêcher.

-Charmeur, rit-elle. Tu as déjà mangé ?

-La mère de Gupta nous a invité. Et toi ?

-On a organisé une petite fête au boulot, c’était les dix ans du restaurant. Je n’ai pas voulu te laisser tout seul, alors je suis parti en cours de route.

-T’étais pas obligé, je suis grand, tu sais.

Elle me fixa quelques secondes avant d’éclater de rire, ce qui me vexa.

-Tu te rappelles quand tu as voulu faire des pâtes ? Tu t’étais endormi en attendant que l’eau bout !

Je lui tirai la langue, très puérilement et démarrai une bataille de coussins qui nous coupa le souffle et nous fit bien rire.

C’était une soirée comme les autres.

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