« Dormez. Dormez, dormez et dormez encore. En fait, plus vous dormez, plus vous êtes chat. »
Sadiq ouvrit la porte. Il enjamba Hellas qui s’était appuyé contre le mur extérieur pour sa sieste de neuf heure et quart.
Portant diverses cartes et papiers rédigés, il avança dans un couloir à l’aveuglette, les yeux fixés sur le rapport de la dernière réunion. Sans même y penser, il contourna le corps allongé du petit, ronflant à poings fermés pour sa sieste de onze heure.
Il le ramassa devant la porte de la salle à manger afin de l’installer à table auprès de ses camarades, histoire qu’il ait quelque chose dans le ventre. Avec la force de l’habitude, il lui donna la becquée tout en se nourrissant en même temps.
Sadiq rentra dans la bibliothèque, ayant besoin de certains ouvrages. Il recouvrit d’une couverture Héraklès afin qu’il ne prenne pas froid, la pièce étant ombragée toute la journée.
Bâillant et s’étirant, il s’installa plus confortablement dans son fauteuil, retirant son turban et le posant près de lui. Seulement quatorze heure ? Il jeta un œil en direction du petit Grec qui s’était étalé de tout son long sur le sofa présent dans son bureau. Ah, l’insouciance de l’enfance~
Du bruit provenant de la cour lui fit sortir la tête par la fenêtre de son bureau, curieux de la provenance d’un tel raffut. S’en avisant, il sourit en reconnaissant les jeunes nations dont il avait la charge et qui se disputaient au sujet de leur actuel jeu. Les comptant mentalement, il repéra aisément Hellas pelotonné contre son plus jeune frère. Avant de retourner à son travail, il les sermonna gentiment, leur rappelant qu’ils n’étaient pas seuls et de faire attention au soleil qui était bien traître à cette heure avancée de l’après-midi. Pour toute réponse, il se reçut une balle de chiffon sur le coin du nez, qu’il leur relança avec adresse. Ça les épatait toujours.
Profitant de la fraîcheur qu’accompagnait le crépuscule, l’empire s’offrait une petite promenade à travers la ville, saluant les passants et prenant des nouvelles de ses connaissances. Avec les années, il en avait accumulé un certain nombre ! Par contre, il ne s’attendit pas à ce qu’une jeune mère ne l’interpelle et ne lui tende le corps inconscient de Héraklès, en lui indiquant qu’elle l’avait trouvée près du puits. Il l’étonnera toujours…
-Allez les morveux, c’est l’heure d’aller se coucher !
La déclaration, comme chaque soir, fut accueillie par des râlements et des grommellements. Hors de question d’avouer à leur ennemi une faiblesse telle qu’un gros coup de barre, pourtant bien normal à leur âge (humain).
Bousculant Sadiq alors qu’il bâillait largement, Hellas rejoignit le lit qu’il partageait avec Neoklos qui l’attendait bien sagement.
-Je suis crevé, souffla-t-il à celui-ci en s’enfouissant sous les couvertures.
