Finlande était épuisé.
Il avait juste eu le temps de se changer avant de s’affaler dans un des confortables canapés du salon. La chaleur du feu et des radiateurs, combinée au harassement ressenti, le poussait à la somnolence.
Mais il ne fallait pas compter sur Sealand pour respecter son souhait de silence et de calme. Non, à la place, il débarqua en hurlant, sautant partout.
Mais, au moins, il ne toucha pas aux paquets emballés, se contentant de les fixer du regard à une distance respectueuse, trépignant sur place.
Il ne pouvait toucher à rien, tant que la famille complète – ou élargie – n’était pas réunie.
Auparavant, il aurait déboulé dans les chambres des retardataires mais, après avoir surpris Danemark et Norvège très occupés sous les draps, il avait retenu la leçon.
– Ça s’est bien passé ?
Finlande sourit sans répondre, penchant la tête pendant que la large main de son compagnon lui ébouriffait les cheveux en même temps qu’il contournait le canapé.
– Tiens.
S’asseyant à ses côtés, il lui tendit une tasse de café bien chaud, l’embrassant sur le front.
– Merci.
Avec reconnaissance, il se jeta sur la boisson, la dégustant.
Peter sauta au cou de ses parents adoptifs, se nichant entre eux, impatient. Il commença à monologuer sur ce qu’il avait commandé au Père Noël avant d’enchaîner sur toutes ses bonnes actions de l’année, toutes les occasions où il avait été très sage et très gentil, omettant royalement chaque moment où son sale caractère avait fait des siennes.
Peter s’adossa au torse de Berwald pour faire face à Tinö, passant à l’école, aux vacances…
– Je te jure que si Danemark, Norvège et Islande n’arrivent pas maintenant, je décroche mon Sako, siffla-t-il entre ses dents.
La micro-nation était déjà épuisante en temps normal, mais quand on était soi-même épuisé…
Aussitôt, Suède posa sa main sur le crâne de leur fils pour l’enjoindre à se calmer. Noël n’était pas la meilleure journée pour un meurtre.
Heureusement, l’escalier craqua, prévenant de l’arrivée des trois autres nations.
Plus vite le déballage sera fini, plus vite Tinö pourra se recoucher et dormir. Il ratait pratiquement toutes les célébrations mais se rattrapait au Nouvel An, généralement.
Les trois retardataires envahirent l’autre divan, ce qui fut le signal pour Peter qui sauta hors des bras de son père en direction du sapin, ramassant les paquets et les distribuant à chacun, retournant rapidement aux siens, faisant voler le papier et les rubans.
Plus mesurés, les aînés prirent le temps d’échanger quelques politesses avant de l’imiter, froissant les emballages.
Nul n’eut besoin de tendre l’oreille pour percevoir la joie de Sealand, il la hurlait bien assez fort.
De toute façon, Tinö visait toujours juste pour les cadeaux, tous ces sourires en réaction, ce n’était pas si surprenant.
Mais celui-ci avait succombé au sommeil, affalé contre Berwald, la tête tournée vers lui, la bouche entrouverte.
Il était adorable.
Pudiquement, les autres détournèrent le regard, profitant de cette petite trêve pour papoter, laissant le couple dans leur petite bulle.
D’une main, Suède assura la position de son compagnon puis il reprit ses caresses dans les mèches blondes, sirotant son café.
Près de ses cuisses, les présents brillaient de leurs papiers colorés, mais il n’y touchait pas. Non, il attendrait.
Il attendrait le réveil de Finlande, il attendrait de lui tendre ses propres créations, ils retireront en même temps les emballages, avec la même frénésie impatiente, puis échangeront un sourire ravi car c’était exactement ce dont ils avaient besoin, sans même le savoir.
Peter aura suivi les autres Nordiques pour le réveillon, ou sera chez les Kirkland pour les faire tourner en bourrique, leur laissant quelques jours de tranquillité où ils pourront jouer les jeunes couples, créant plus de sucre qu’une usine à friandises.
– Regarde papa ! S’exclama le plus jeune en lui sautant sur les genoux.
Il lui colla sous le nez une réplique miniature d’un paquebot avant de s’extasier sur les détails, commençant à s’inventer une histoire.
Dehors, il neigeait.
