Calendrier

Calendrier – 1er avril 4/12

Un ricanement.

C’était comme un signal.

Francis, Antonio et Gilbert surgirent du couloir obscurci.

Ils s’échangeaient des coups de coude, tentant de forcer l’autre à se taire. Ils ne devaient pas se faire repérer !

Si jamais ils se faisaient attraper… Si le président du Conseil des étudiants leur mettait la main dessus…

Ils seraient morts. Ils étaient morts.

Leurs poches étaient pleines de leurs ingrédients secrets. Il ne fallait rien perdre, tout était précieux. Tout avait sa place dans leur Plan.

Le Plan ?

Du spectacle. Du grand art. Une mise en scène. Un grand théâtre.

Le compte à rebours était lancé ! Très bientôt, les trois coups allaient résonner entre les murs de l’internat, secouant la torpeur qui s’était installée depuis un mois. La course aux examens avait figé les étudiants.

Mais vous pouvez compter sur le trio pour rudoyer leur petit monde, leur ouvrir les yeux.

– Tout est en place ? Chuchota Francis.

Il tentait d’apaiser les pics de rire qui le secouaient.

– Presque, répondit Antonio. Les derniers détails doivent être revus.

Il frappa ses poches pleines pour souligner ses propos.

Gilbert faillit avaler sa langue à force de s’étouffer d’hilarité.

– Eh bien, allons revoir ça !

Ils évitèrent les rondes des surveillants sans même y penser, tellement ils étaient rodés.

Leur amitié datait de leur entrée dans cet établissement. Pratiquement dix ans… Ça en faisait des pitreries et des plans foireux, des retenues et des remontrances… Des pages ajoutées à leur dossier scolaire… Des situations gênantes et des regards de fierté !

Des souvenirs et une complicité à toute épreuve.

Ils entrèrent dans la chambre noire comme si elle leur appartenait.

Soudoyer et menacer les membres du club photo n’avait pas été trop complexe, c’était une activité relativement fréquente à cette période.

Les prises de guerre furent extirpées des poches et chacun prit place à son poste. Chaque minute comptait, il ne fallait pas en perdre une.

Le lendemain les trouva épuisés, les yeux injectés de sang et débraillés. Heureusement qu’on était dimanche.

– On lance l’offensive demain, nous sommes d’accord ? Répéta Gilbert en bâillant.

Des larmes de fatigue perlaient à leurs yeux alors qu’ils se traînaient à leur chambre, les muscles douloureux et l’esprit embrumé.

– Ouais, à l’heure du petit-déjeuner, y aura tout le monde. C’est le meilleur moment, il y aura plus d’impact.

Ils offrirent un sourire ravageur à Arthur Kirkland qui plissa aussitôt le front, les méninges tournant à fond. Qu’avait encore pu inventer le trio infernal ?

Il les laissa partir se coucher, parfaitement conscient que les questionner ne servira à rien, il valait mieux qu’il se mette directement en chasse !

– Yao, avec moi, ordonna-t-il.

Qui sait ce qui allait leur tomber sur le coin du nez…


Notre trio infernal avait passé la journée de dimanche à se reposer et à glousser, ayant hâte que le lendemain arrive.

Arthur tenta bien d’en savoir plus mais ils firent semblant de dormir. Il opta alors pour un demi-tour en soupirant.

Ce n’était pas parce qu’ils n’avaient rien trouvé qu’il n’y avait rien ! Il fallait poursuivre les recherches.


Le réfectoire n’était pas trop bruyant. Un lundi matin, ça n’excitait pas grand-monde.

Gilbert bâillait à s’en décrocher la mâchoire sous le regard inquiet de son frère.

Pour les repas, ils étaient séparés, suite à une blague monstrueuse impliquant un poulpe et une soupière. Vivant, le poulpe.

Nul ne savait comment Antonio s’était débrouillé pour l’amener…

De leurs tables respectives, ils se lançaient des regards pour communiquer, mais ce n’était pas très pratique. En tout cas, ils parvinrent à s’échanger le signal convenu.

C’est à ce moment-là que les professeurs chargés de distribuer le courrier arrivèrent.

– Dis-donc, y en a plus que d’habitude, commenta Romano. Y a des anniversaires ?

Les lettres furent ouvertes et les premiers jurons éclatèrent pendant que le trio attrapait des aliments qu’ils cachèrent avant de prendre la fuite. Ils évitèrent les plus réactifs qui tentèrent de les attraper mais ils furent peu nombreux.

Découvrir des photos de nos pires moments avait tendance à pétrifier !

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