Calendrier

Calendrier – 14 juillet 7/12

Les Champs-Élysées débordaient de monde. Il y en avait partout, se pressant afin d’avoir la meilleure vue possible sur le défilé.

La fête nationale avait toujours autant de succès, c’est fou !

Mais parmi cette foule en liesse, il manquait une personne. Un être témoin de l’époque anniversaire. Mais à cette date, il n’était jamais là.


– Bon anniversaire, France !

– Merci Portugal, c’est gentil.

Installé dans une causeuse, Francis accueillit ceux qui s’étaient déplacés pour l’occasion. Ceux qui en étaient empêchés avaient ajouté à leurs excuses leurs présents.

Ça promettait une belle crampe à la main de remercier tous ces gens !

Mais, pour le moment, c’était son visage qui en était menacé, à force de sourire comme un demeuré. Ou une participante à un concours de miss. Au choix.

La pièce était suffisamment grande pour tous ces gens, et heureusement. Il fallait voir large mais pas trop. Que le poids des absents ne pèse pas sur les épaules des présents.

Enfin, pas trop.

– Hey, Francis ! Le raton-laveur* a pas voulu venir, ça fera plus d’alcool pour moi !

– Écosse !

Sincèrement heureux de la venue de son plus vieil ami, il se leva pour l’enlacer, toussant à peine suite à la vigoureuse frappe dans son dos. Si, si, à peine. Juste une toux discrète qui lui gonfla les joues.

– Tu as l’air en forme, dis donc, souffla-t-il.

– La vie simple loin des ennuis, ça évite la chute des cheveux, tu devrais essayer, tu sais !

Théâtralement, Francis porta les mains à son catogan, l’air dévasté.

– Je le savais ! Ce n’était pas normal d’en ramasser autant ! Oh mon Dieu, Écosse, que vais-je donc devenir ?

– Chauve, déclara-t-il très sérieusement.

Les deux nations étaient tellement dans leurs bêtises qu’elles ne faisaient plus attention à leur volume sonore, attirant l’attention de leurs congénères sur eux. Ils hochèrent la tête avec un rien de blâme amusé.

Ce duo était vraiment impayable. Si seulement ils pouvaient se tenir un tant soit peu…

Des regards énervés à divers degrés de vérité les fusillèrent sans qu’ils n’y prêtent attention, perdus dans leurs bêtises. Et cette simple constatation fit éclore des sourires amusés. Une telle amitié était plaisante dans leur cercle déchiré par la politique.

– Tu n’as pas encore ouvert tes cadeaux ? Finit par remarquer son ami.

– Non, il manque encore quelques personnes et seulement après je pourrai le faire.

– Tu es trop traditionaliste.

– Comme si c’était seulement possible !

L’arrivée de Pologne, tout en discrétion, les sépara.


Heureusement, Francis put détendre ses zygomatiques, bien qu’il continuait de sourire, comme à son habitude. C’était juste naturel et non forcé, contrairement à tantôt.

Malgré l’attitude festive du petit comité, il y eut quelques petits moments de blanc après des remarques qui auraient pu passer pour être motivées par l’alcool… si les nations n’y étaient pas immunisées.

Mais, dans l’ensemble, l’ambiance était au beau fixe, les anecdotes pimentant les conversations, même si elles n’étaient pas toutes de première fraîcheur.

– Et la fois où Arthur t’a fait croire qu’il y avait une réunion de fées dans la crique, tu t’en rappelles ?

– Impossible d’oublier, la marée m’a emporté sur des kilomètres !

Les gloussements des témoins de l’époque encouragèrent les autres à les imiter, assurant la bonne humeur.

Les bouteilles s’accumulaient, les miettes se multipliaient mais le soleil brillait toujours, encourageant à rester et à prolonger la réunion amicale.

Un anniversaire, ce n’était qu’une fois par an, et celui d’une nation était chargé de trop de symboles pour passer inaperçu.

– Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira, le peuple en ce jour sans cesse répète !

– On devrait peut-être leur retirer leurs verres, non ? Chuchota Belgique.

– D’abord, les photos, répliqua Pologne en sortant son appareil.


* Arthur/Angleterre. Le raton-laveur, c’est lui.

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