Aujourd’hui, Nicola et Boris venaient pour à peu près un mois pour se reposer loin de l’agitation. Une chance pour les enfants, même si l’absence d’Oli leur déplaisait. Moi, je jugeais que trois vrais enfants et deux âmes gamines c’était suffisant, pas besoin d’une troisième, merci !
Bref. Les petits à la sieste, j’allai chercher les deux hommes à la gare, tranquillement, avec la voiture. Je me garai alors que le train entrait en gare. Je souris et patientai auprès de mon véhicule, scrutant la foule. Je ne voyais pas l’utilité de m’y mêler. La gare n’avait qu’une issue et on avait toujours fait ça. Les avisant, je leur fis signe à grand renfort de mouvements de bras et d’appels. On aurait cru une groupie… Hm.
Ils se dirigèrent donc vers moi alors que j’ouvrais le coffre et y rangeai leurs bagages une fois à ma hauteur. Le coffre refermé, je serrai dans mes bras mon oncle avant de faire la bise à Boris.
-Alors petit lutin ? On t’as manqué ?
-Bizarrement, toi pas du tout, grinçai-je.
Il me rattrapa et me serra dans ses bras, s’amusant de mes gesticulations avant de m’embrasser dans le cou en riant.
-Lâche-moi tout de suite sale pervers ! Hurlai-je.
Il s’exécuta, non sans garder un sourire en coin. Je m’installai derrière le volant tout en grognant, mon oncle à ma droite en train de s’attacher, le casse-pied derrière nous. Je soupirai en croisant son regard dans le rétroviseur, ça promettait un séjour tranquille, tiens !
Malgré tout, le trajet se passa bien et nous eûmes la bonne surprise des enfants dormant encore. Je sentais que ça allait finir en sieste générale, en croisant le regard fatigué de Nicola.
-Vas dormir, tu en meurs d’envie ! Murmurai-je en lui souriant.
Il m’adressa un sourire de remerciement et esquissa le geste de prendre sa valise.
-Tut tut tut ! Vas-y, je la mettrai dans ta chambre tout à l’heure ! Allez, file !
Alors que le plus vieux disparaissait dans les escaliers, des bras se croisèrent sur mes hanches, et mon dos collé à un torse masculin.
-Boris ! Marmonnai-je férocement.
-Oui ma belle ? Souffla-t-il.
-Tu me lâches, merci.
-Non. Je suis très bien, là.
-Boris. Si tu veux encore des descendants. Relâche-moi.
Il s’éloigna de moi comme électrocuté. Je lui tirai la langue avant de m’emparer du bagage de mon oncle. Oung ! C’était lourd !
À peine cette pensée formulée que mon fardeau disparut.
-Fais pas ton Rambo, fillette, je m’occupe des valises. Tu me montres le chemin de ma chambre ?
Je grinçai des dents et passai devant lui. Malgré le fait qu’ils avaient toujours la même chambre. Boris avait tendance à l’oublier. Je grimpai les marches de l’escalier avec légèreté et aucun bruit, ceux-ci étouffés par la moquette courant les marches, puis ouvris avec douceur la porte de Nicola qui dormait tranquillement. Boris déposa son bagage et nous sortîmes de la pièce après que j’ai ôté les chaussons restés sur ses pieds.
-Et te voici à ta destination, ta chambre.
Quelques mots sur les chambres. J’en ai déjà parlé vite fait, mais bon. Celles de mes enfants étaient côte à côte et deux chambres nous séparaient. Celle de Nico se trouvait auprès des leurs, de l’autre côté du couloir. Celle de Boris était voisine de la mienne. Zut.
Je disparus dans ma chambre et m’affalai sur mon lit en soupirant, le nez dans les couvertures. Je battis des jambes lentement, les yeux clos. Je restai ainsi quelques minutes avant de me relever et d’aller à la cuisine. Comme je l’avais déjà dit, il y avait plus de gamins dans cette maison qu’on ne le pensait. Et lesdits gamins étaient tous pourvus d’un féroce appétit. Alors j’allais devoir m’atteler aux fourneaux. Ça ne me dérangeait pas, j’aimais bien cuisiner, après tout. Enfin, je crois…
Les deux gâteaux au four, je n’avais plus qu’à attendre. Normalement, ils devaient bientôt se réveiller. Nicolas prendrait plus de temps, peut-être, mais c’était normal.
-Maman, ils arrivent quand oncle Nico et Boris ? Bailla une petite voix ensommeillée.
J’attrapai mon petit ange et l’installai sur mes genoux pour un câlin.
-Ils sont déjà arrivés ma Vicky. Tonton dort, je pense, et Boris…
-Il est descendu à la cuisine, me coupa le concerné en entrant.
-La faim attire le loup hors des bois, grommelai-je.
-Pas forcément la faim, sourit-il.
Il se pencha sur mon épaule et ébouriffa les cheveux châtains de Vichina avant de l’embrasser sur le front. Il lui fit un câlin, et moi avec, étant donné qu’il était dans mon dos.
-Eh bien, y a du monde dans cette cuisine, fit remarquer Nicolas, tiré par Kurt et Karl.
-Maman ! T’as vu ? Tonton il est là !
Je roulai des yeux et souris, reposant ma fille par terre, puis sortis la vaisselle pour la disposer sur la table de la salle à manger.
Les triplés étaient surexcités et sautaient partout, tout en bombardant les deux hommes de questions sans queue ni tête. Je les plaignis intérieurement tout en me moquant d’eux. Mais tous se calmèrent bien vite quand les gâteaux au chocolat sortirent du four et furent placés sur la table.
Je les regardai dévorer en souriant. C’est pour ça que j’aime tant les vacances d’été : le rapprochement familial.
Nicolas avait été pris en otage, comme à chaque fois, par les deux garçons, et Boris par la petite dernière. Celle-ci se trouvait à mes côtés.
La journée se passa plutôt bien, la piscine fut joyeusement utilisée, et les enfants bien fatigués. Le repas fut expédié et les enfants vite couchés. L’heure des adultes était venue.
Pelotonnée dans un coin du canapé, je dégustais une tasse de chocolat chaud alors que Nicolas lisait de l’autre côté du canapé, à moitié somnolant. Boris, lui, était allongé sur le sol et regardait la télé, balançant ses jambes de temps en temps.
-Tonton, vas te coucher, soupirai-je en le voyant dodeliner de la tête.
Il acquiesça et exécuta mon ordre en baillant et traînant des pieds.
Quelques minutes s’écoulèrent et je continuais doucement de rêver tout en vidant ma tasse. Le canapé s’affaissa, me faisant reprendre pied. C’était Boris, bien évidemment. Il me sourit et allongea ses bras sur le dossier. Sa main se trouvait à la hauteur de mon visage, et il s’amusait à me frôler du bout des doigts. J’étais assez fatiguée, alors je préférai ne pas réagir.
Ma boisson finie, je me levai et allai laver la tasse. Revenant, Boris avait pris plus de place. Je me laissai tomber à ses côtés et il referma ses bras sur moi, me plaquant contre lui. Je crois que c’est à ce moment que je percutai que son T-shirt avait disparu.
-Boris… fous-moi la paix, le suppliai-je.
-Mais ma petite fée, geignit-il, tu es méchante avec moi ! Je ne fais que réclamer des câlins et tu me repousses ! Tu étais plus câline avant.
Je soupirai de nouveau avant d’écarquiller les yeux en le sentant frissonner.
Par son étreinte, ma tête était collée à son torse. En fait, j’avais tout le haut du corps plaqué contre le sien, ma main droite sur le canapé pour me rattraper et l’autre… ah tiens ! sur sa cuisse droite.
Je finis par comprendre la raison du frisson en remarquant que son téton se situait juste auprès de ma bouche.
-Boris, geignais-je à mon tour, lâche-moi !
-Seulement si tu acceptes !
-Accepter quoi ? M’arrêtai-je, méfiante.
Ce gars-là était capable de la pire des ruses, alors excusez-moi de me méfier !
-Accepte !
-Mais quoi ?
Il me regarda avec un air de chien battu. Je craquai en soupirant.
-Bon, c’est d’accord…
-Cool ! S’exclama-t-il.
Il me relâcha alors, me poussa à ma place initiale avant de finalement s’allonger et de poser sa tête sur mes cuisses.
Je le fixai, un brin abasourdie.
-Attends… tu as fait tout ce manège pour ça ?
Il afficha un sourire innocent.
-Tu sais que tu peux le faire quand tu veux ?
Il haussa les sourcils pour toutes les réponses, l’air étonné, puis sembla décidé à utiliser ses cordes vocales.
-D’ordinaire, ça gène les gens. T’es vraiment comique Vanity !
-Encore heureux ! M’exclamai-je en éclatant de rire.
Je lui souris chaleureusement et il me répondit. Je finis par replonger dans mes rêveries alors que mes mains caressèrent ses cheveux de façon mécanique.
Je fus réveillée par ma Vicky chérie qui me secouait gentiment. Je ne compris pas par contre comment j’avais pu atterrir dans mon lit, car je me souvenais juste du canapé. Je pris conscience de ne pas être seule dans mon lit quand ma fille en fit le tour pour réveiller ladite personne. Je commençai la conversation une fois mon enfant sorti.
-Boris ? Puis-je connaître la raison de ta présence auprès de moi ?
-Plus tard, grogna-t-il en s’enfouissant sous la couette.
Je soupirai. Je ne tirerais rien de lui. Le matin, il était aussi loquace que moi, et je détestais parler au réveil. Par contre, je n’arrivais pas à croire qu’il est presque midi, alors que je me levais toujours tôt pour préparer le petit déjeuner. J’avais honte.
Je m’enfermai aussitôt dans ma salle de bain et fonçai sous la douche une fois dévêtue. J’avais confiance en mon oncle, il avait fait manger les enfants, je le savais, sinon j’aurais été réveillée plus tôt. Mais il allait falloir que j’improvise le déjeuner, et je détestais ça.
Je sortis de la douche et m’essuyai rapidement puis rentrai dans ma chambre pour fouiller dans le placard et ainsi m’habiller, ayant complètement occulté l’existence de Boris. Je fis glisser la serviette le long de mon corps alors que je me penchais pour attraper des sous-vêtements, je me trémoussai un peu sur une mélodie imaginaire. Et alors que j’enfilai mon débardeur, un corps se colla contre moi, des bras se croisèrent sur mon ventre, des mains se posèrent sur mes hanches et une tête sur mon épaule, alors que des lèvres m’embrassèrent dans le cou.
-Bonjour petit ange, murmura Boris.
Je piquai un fard en comprenant qu’il avait dû assister à toute la petite scène.
-Bonjour, marmonnai-je en regardant ailleurs.
Je le sentis sourire contre moi, avant que je n’essaye de me dégager puis de sortir de la chambre. Tournant le dos à ma porte, je ne pus voir le sourire conquérant de Boris, sinon, je me serais un peu plus préoccupée de certains détails le concernant.
J’entrai dans la cuisine, accueillie par mes deux fils et mon oncle. Je les embrassai tous les trois avant de me plonger dans un de mes livres de recettes. Nicolas me tendit une tasse de chocolat chaud.
-Bien dormi ?
-Ça peut aller, baillai-je. Et de ton côté ?
-Comme toujours, sourit-il. Tu sais où est Boris ? Il n’est pas dans sa chambre.
-Normal, il est dans la mienne, marmonnai-je sans réfléchir.
Mon interlocuteur haussa les sourcils et crispa les mâchoires.
C’est à ce moment que le concerné entra dans la cuisine, lavé et rasé de près. Il salua tout le monde comme de rien n’était, hormis peut-être cette main un brun possessive sur ma hanche.
Kurt et Karl sortirent de la cuisine, accompagné de leur oncle qui m’adressa un regard un peu noir, mais porteur d’un message me disant de faire attention. Attention ? Oui, d’accord, mais à quoi ? Je les regardai partir, un peu perdue avant que Boris n’attire mon attention en se raclant la gorge. Je tournai mon regard vers lui.
Il était assis à la table, un bol de café devant lui, une tartine dans sa main. Je lui fis signe que je l’écoutais tout en sortant ce qui constituerait le repas et de m’atteler à sa préparation. Je m’assis en face de lui pour préparer ma salade composée. J’épluchai les concombres quand il se décida à poursuivre dans sa lancée.
-Tu m’as posé la question tout à l’heure, tu t’es endormie sur le canapé et je t’ai portée jusqu’à ta chambre. J’ai dû m’écrouler.
Je haussai un sourcil, tic emprunté à mon oncle.
-Bon d’accord. Tu m’avais choppé par le col quand je t’avais porté et j’étais trop fatigué pour essayer de me dégager. J’ai opté pour la solution pratique, avoua-t-il.
Je le remerciai d’un hochement de tête alors que mon économe continuait de racler la peau des légumes. Le calme s’installa entre nous. Un silence agréable, ponctué par le bruit des aliments que j’arrangeais.
Lorsque Boris finit son petit-déjeuner, il se leva et pressa le bol sous l’eau, le posa sur l’égouttoir et sortit de la cuisine après m’avoir embrassé sur la tempe et ébouriffé les cheveux gentiment.
Vichina s’assit inconsciemment à la place utilisée plus tôt par Boris, et ça me fit sourire.
Malgré mon improvisation totale, le repas ravit tout le monde, et j’en fus assez satisfaite, même si je me jurai de ne plus recommencer.
La routine se mit en place comme à chaque fois. Au repas suivit la sieste, pour petits et grands, nous laissant de nouveau seuls, Boris et moi.
J’avais envie de dormir, aussi, mais il valait mieux éviter, sinon je ne dormirais pas de la nuit. Alors j’allai m’installer au soleil sur l’une des chaises longues, vêtue seulement d’un maillot de bain. J’aimais bien le soleil. Et je le préfère encore plus durant les siestes.
-Tu ferais mieux de rentrer, conseilla la voix de Boris. Ce n’est pas une bonne heure.
Je soupirai, car je savais qu’il avait raison. J’enfilai alors mon short, puis le rejoignis dans le salon où il s’était installé.
-Boris, geignis-je, c’est ma place !
-Et alors ? C’est pas le seul canapé du salon.
Il s’était joyeusement allongé sur le canapé, les bras croisés derrière la nuque et les paupières baissées.
Je ne répondis rien, m’asseyant sur ses jambes tout en m’étirant et en baillant.
-Je peux ? Demandai-je en esquissant une descente.
Il haussa les épaules.
-C’est toi qui vois.
Je m’allongeai alors sur lui, sur le côté, la tête sur son épaule et le bras droit au travers de son torse. Je me pelotonnai contre lui avant de soupirer d’aise.
-Bonne nuit, réveille-moi en cas d’incendie.
Je baillai puis sombrai dans un bon sommeil… avant de me faire réveiller peu après par une petite Vichina en pleurs. Elle grimpa sur le canapé puis se blottit dans mes bras pour s’endormir aussitôt. Je la serrai contre moi et l’embrassai sur le front, puis fermai à nouveau les yeux, entourée par des bras puissants.
J’aimais bien dormir dans les bras de n’importe qui… Enfin, façon de dire. Depuis que j’avais retrouvé mon oncle et les autres membres du groupe, il n’était pas rare que je me laisse aller avec eux, et donc que je m’endorme sur l’un d’entre eux.
La raison de mon second réveil fut un flash des plus violents juste devant les yeux. Je peux vous dire que c’est pas super agréable comme méthode. Je fusillai plus ou moins efficacement mon oncle de mes yeux noisettes, alors qu’une myriade de petits points dansaient la samba dans mon champ de vision.
Nicolas finit par s’éloigner, son air goguenard toujours sur son visage, tandis que je laissai retomber ma tête et l’enfouis dans ce que j’avais utilisé comme oreiller pour cette sieste improvisée. Je notai que Vichina n’était plus là. Elle a du aller manger, tiens… Je soupirai alors qu’une main me secouait doucement.
-Hey Vani’, lèves-toi ma belle, me murmura mon oreiller.
-Maieuh… gémis-je.
-Van’, reprit la voix mais plus fort. J’aimerais me lever. Et puis ce n’est pas que je n’aime pas ta tenue, mais je pense que ton short et ton maillot de bain vont te donner froid.
Je sentis deux doigts « marcher » le long de ma colonne vertébrale. Je me redressai aussitôt en ouvrant en grand les yeux.
-Ah ! Merci bien, je craignais devoir attendre le diner pour être enfin libéré !
-Oh… la ferme… grommelai-je en le frappant sur la cuisse.
Je détestais être réveillée, même si c’était d’une manière agréable ou non. Bill avait saisit tout de suite lorsque je lui avais asséné mon poing dans la tronche alors qu’il m’embrassait doucement le lendemain de notre première nuit.
J’effaçai le souvenir de cet abruti parfait, ne voulant pas déprimer alors que ma petite famille en plus de Boris était réunis.
Je croisai mes mains sur mon ventre tout en papillonnant des paupières. J’avais pris le tic du geste par ma grossesse et il est vrai que ça me rendait quelque peu nostalgique, attendant à recevoir un bon coup de pied de la part d’un des triplés.
-Maman ! S’exclama Karl en surgissant soudainement face à moi, provoquant ainsi un sursaut de ma part.
-Oui mon trésor ?
Je posai ma main sous mon sein gauche, calmant mon cœur affolé.
-Tonton Nico veut savoir si tu veux goûter, toi aussi.
Pour toute réponse, je passai ma main dans les cheveux noirs de mon fils avant de me relever.
-Manger, chantonnai-je en me frottant les mains l’une contre l’autre.
Je m’assis à la table sur laquelle mon oncle avait déjà tout préparé. Je grondais gentiment Kurt qui se barbouillait littéralement de nourriture alors qu’il mangeait, tandis que Nicolas parlait avec la blonde de la troupe et que le plus soupe au lait se bagarrait avec Boris. Un goûter normal, en somme.
-Maman, maman ? Demanda Kurt en faisant une bouille adorable.
Derrière lui, son frère aîné et sa sœur cadette faisaient la même tête, joignant leurs mains sous leur menton.
-Oui ?
-On peut se baigner, dis ? S’il-te plait ?
-Digérez d’abord, leur rétorquai-je. Et arrêtez de chercher à m’amadouer, ça ne fonctionne pas.
J’entendis un concert de grommellements et de grognements alors qu’ils sortaient de la cuisine pour aller jouer dehors. Je soupirai en posant ma tête sur la table.
-Et nous, jolie petite fée ? On peut aller se baigner, hein ? Fit Boris en mimant mes enfants.
-Va faire la sieste vieux croûton, grinçai-je en mimant le geste de lui vider mon verre dessus.
Il fit semblant de pleurer alors que Nicolas se mit à rire. Je soupirai à nouveau tout en rangeant les aliments restants. Le moqué sortit de la cuisine en marmonnant je-ne-sais-quoi. Soupirant pour la troisième fois je me laissai tomber sur une chaise, l’éponge à la main. Dans son coin, mon oncle sirotait tranquillement son verre.
-Tu vas bien ? Finit-il par me demander.
-Ça va, ça va…
Je ne me convainquais pas moi-même. Alors lui. Je m’escrimai sur une ridicule petite tache, histoire de m’occuper les mains et l’esprit.
-Et réellement ?
-Je… je sais pas. J’ai l’impression de déprimer un peu. Mes journées sont bien remplies avec les triplés, mais une fois seule parce qu’ils sont à l’école ou couchés, j’ai du mal. Je me mets à réfléchir sur moi. Et ça fait mal…
Oui ça fait mal… Je voudrais te revoir… Et cracher sur la gloire… entonna mon esprit sans le vouloir.
-Vanity, t’es encore avec moi ? S’inquiéta-t-il.
-Oui, excuse-moi, je remarque juste à quel point Electrastar peut résumer ces 4 dernières années…
Je l’entendis grogner avant de sentir un poids sur ma tête. Je compris que c’était sa main lorsque celle-ci se mit à se mouvoir. Se levant, il se tint auprès de moi avant que je ne me lève à mon tour pour me serrer contre lui. Je n’éclatai nullement en sanglot, c’était inutile, mais je me collai contre lui.
-Je regrette, murmurai-je d’une voix coupée. Et ces regrets sont d’autant plus douloureux.
-Que regrettes-tu donc ?
Je crispai mes poings, emprisonnant ainsi son T-shirt dedans, et blottis un peu plus mon visage contre son cou.
-Beaucoup trop de choses… comme…
-Comme ? M’encouragea Nicolas.
Je relevai ma tête et ancrai nos yeux noisettes. Puis je l’embrassai rapidement sur les lèvres avant de me décoller de lui, croisant les bras comme pour me protéger.
-Comme nous deux.
Je lui tournai le dos, regardant par la fenêtre sans vraiment la voir.
Alors, quand Boris jaillit, me choppa par la taille et sortit aussi sec, je ne pus réprimer mon hurlement de surprise et m’agrippa à son cou, telle une démente.
-Boris ! Hurlai-je à nouveau alors qu’il me lâchait subitement.
Plouf, fis-je.
Oui, vous avez bien lu. Plouf. Cet abruti de Boris m’avait foutu dans la piscine.
Je te hais.
Je pris le temps d’emplir ma bouche d’eau et de focaliser le fautif avant de jaillir sous son nez pour l’arroser copieusement. Il se jeta alors sur moi, tandis que je me décalai d’un coup de pied dans l’eau. S’ensuivit une course-poursuite dans la piscine entre lui et moi, jusqu’à ce que mon oncle s’incruste en m’attrapant par les épaules et en interpelant Boris.
-Hey, Bo’ ! Je la tiens !
-La lâche pas surtout ! S’écria ledit Bo’.
Je râlais tout en boudant, avant que Boris ne surgisse à nouveau, m’attrapant en mariée. Je m’agrippai à nouveau à son cou, fermant les yeux et appréhendant. Durant ces 4 dernières années où j’ai fréquenté Indochine, j’avais appris quelques petites choses : Oli et Boris aiment faire des conneries, et Boris est capable du pire. Si, si.
Alors, quand il me relâcha subitement, je l’entraînai avec moi, n’ayant nullement desserré mon étreinte autour de son cou. Cela finit en une sorte de mêlée générale, étant donné que tout le monde vint se jeter sur nous.
