Le chirurgien et la démone

Le chirurgien et la démone – 3/4

Certains avaient roulé sous les tables, assommés par la dose de leurs choppes, mais la plupart dansaient avec entrain sur la table ou autour du mât, avec un verre à la main.

Bepo ronflait dans un coin, allongé de tout son long, son capitaine installé contre lui, les yeux dans le vague. Robin passa devant lui sans le voir, avant de faire volte-face et de s’installer auprès de lui, posant une bouteille pleine entre eux deux.

-Je n’ai pas trouvé de verres, se contenta-t-elle de dire.

Ils ne se regardaient pas.

Robin reprit la bouteille et l’ouvrit, buvant la première. Elle le lui tendit poliment, sans un mot, il l’attrapa. Elle se colla plus confortablement contre l’animal polaire qui ronfla un court instant.

Elle avait un peu bu avant de le rejoindre. Autant pour suivre la fête qu’avoir un brin de courage pour s’installer auprès du capitaine-chirurgien.

La bouteille revint entre ses mains. Une gorgée.

Elle avait un peu chaud, mais elle hésitait à ôter ce qui la couvrait.

Une lampée, encore.

Elle s’allongea à moitié sur la pelage doux, les yeux dans les étoiles, sans savoir qu’elle imitait son voisin qui, lui, avait déjà enlevé son chapeau, tout comme son sweat.

Un homme est moins embarrassé qu’une femme, lorsqu’il faut se dénuder de moitié.

Il ne put empêcher son regard de glisser sur sa compagne de boisson aux courbes délicieuses dont les parures ne camouflaient rien. Elle était vraiment appétissante.

Un bras sur le torse, l’autre tenant la bouteille, il la dévorait des yeux.

La brune était trop ivre pour s’en rendre compte. L’alcool avait joué son rôle de désinhibant.

Elle se tourna vers lui et tenta d’attraper le rhum à son tour, refermant sa prise sur la main du chirurgien. Les pupilles bleutées retrouvèrent à nouveau celles orageuses. D’un même mouvement, ils se penchèrent pour s’embrasser, sans pour autant lâcher la bouteille.

Leurs corps se rapprochèrent sensiblement, jusqu’à ce que leurs jambes se mêlent, tout comme leurs langues et leurs doigts sur le verre.

Robin ne voulait plus penser. Elle voulait se moquer de l’âge de son compagnon, qu’ils s’appuyaient contre le second de celui-ci, que leurs deux équipages se trouvaient à moins d’un jet de pierre, et qu’ils étaient tous deux passablement bourrés.

Elle voulait oublier tout ça, le temps qu’ils étaient enlacés comme ils l’étaient.

-Robin, marmonna-t-il doucement.

Ils avaient apposés leurs fronts pour respirer à leurs aises. Leurs mains enlacées avaient quitté la bouteille mais ne bougeaient pas plus.

-Allons ailleurs, si tu veux bien…

Bien sûr qu’elle le voulait !

Elle se leva pourtant lentement, consciente de son déséquilibre, et le guida jusqu’à la chambre qu’elle partageait avec Nami, qu’elle prévint en plaçant le petit écriteau sur la poignée.

Lorsqu’ils se retrouvèrent tous deux dans cette pièce, ils marquèrent une pause, se faisant face sans un mot. Il était encore possible de faire demi-tour, de mettre ça sur le compte de l’alcool.

Alors, qu’attends-tu ?

Robin lui tourna le dos, faisant glisser son haut le long de ses bras, et alla s’asseoir sur son lit, attendant, la peur au ventre.

Il la regardait. Elle semblait à la fois si fragile et si perdue… Et pourtant elle ne l’était aucunement. Il le savait. Belle. Dangereuse. Mortelle.

Il se dirigea vers elle, à pas lents, débouclant sa ceinture et glissant hors de ses chaussures. Il savait ce qu’il voulait. L’alcool n’était qu’un coup de pouce. Une aide. Une chance. Une ouverture.

C’est le moment.

Il se glissa dans son dos, se collant à elle et l’embrassant sur l’épaule alors qu’il rassemblait les longs cheveux sombres qui coulaient sur la peau laiteuse.

Son autre main glissait sur son ventre, la faisant frémir par la douceur de la caresse.

Ces lèvres dans son cou, cette langue sur sa peau, cette main sur son ventre, ces doigts sous son nombril.

Si c’était un rêve, que rien ne change, que rien ne cesse.

Elle se sentait bien, là. Dans ses bras. Contre lui. À lui.

La main se retrouva sur la cuisse, jouant avec le nœud de sa jupe. Enlèvera ? N’enlèvera pas ? Elle se rétracta, revenant sagement sur son flanc.

Il se décala un peu, se trouvant à ses côtés.

Leurs yeux se croisèrent.

Law posa un baiser sur les mèches qu’il avait encore en main, les laissant filer le long de ses doigts. Plaçant sa main sur son ventre, il la poussa doucement, la faisant ainsi s’allonger sur son lit sans un mot.

Il se pencha, l’embrassant sur le front, le nez, frôlant ses lèvres, mordillant légèrement un sein, taquinant le nombril et s’arrêtant à la jupe.

Il la faisait languir, avec un peu de sadisme. À première vue.

En fait, il lui laissait encore une chance pour tout arrêter. Mais elle ne la prit pas.

Il se redressa et l’observa. La lumière tamisée de la pièce renforçait sa sensualité naturelle, ne la rendant que plus désirable.

Il frôla du bout des doigts la hanche, la cuisse, tournant autour du genou, puis poursuivit sa route le long de la jambe, s’arrêtant au mollet qu’il prit avec douceur au creux de sa paume, soulevant le pied qu’il débarrassa de la chaussure à talon. Il l’y embrassa, remontant la jambe en l’effleurant de ses lèvres avec lenteur. Il écarta les pans du vêtement à franges tout en poursuivant sa remontée douce. Elle se poursuivit ainsi jusqu’à revenir au creux de son cou où elle se blottit.

Robin croisa les bras devant elle.

-Seis Fleur.

Et elle l’embrassa alors que les membres invoqués dénudaient son futur amant, tout en prodiguant de nombreuses caresses à celui-ci qui le firent réagir.

Lorsqu’ils se séparèrent, elle ne rata pas son sourire en coin mais ne s’en soucia pas plus, l’esprit plutôt focalisé sur le fait que les deux mains baladeuses étaient intéressées par son soutien-gorge et, au vu de leur empressement, les attentions futures risquaient de lui faire agréablement plaisir… du moins l’espérait-elle.

Law hésitait à la faire languir plus longtemps ou bien à céder à sa pulsion première. Se penchant vers un téton déjà bien pointu, il le prit en bouche pour jouer avec, alors que le corps de la jeune femme se tendait sous la sensation qui la faisait délicieusement gémir, pour le plus grand bonheur du chirurgien qui se sentait grossir. À vrai dire, les hanches qui se soulevaient et se frottaient à lui n’aidait en rien.

Alors, sentant son self-contrôle lui échapper, et ne voulant aucunement regretter ce qu’il aurait pu faire, il se décida.

Profitant que Robin soit un peu dans les vapes pour faire glisser leurs sous-vêtements à tous deux.

Ses mains agrippaient les mèches courtes, alors que d’autres lui caressaient le dos. Aurait-elle encore une fois usé de son pouvoir ? Ça ne lui déplaisait pas plus que ça, à vrai dire. Ça avait un côté excitant.

Il entra en elle aussi délicatement que possible, l’alcool toujours présent dans ses veines n’étant pas des plus aidant.

Il lâcha une sorte de couinement surpris lorsque Robin le plaqua à elle, le faisant s’enfoncer un peu plus. Il n’en haletait que plus.

Cette femme était vraiment surprenante.

Lorsque leur étreinte prit fin, ils se retrouvèrent allongés l’un contre l’autre, Robin blottie contre le torse de Law, un sourire satisfait flottant sur ses lèvres.

Le jeune homme jouait avec ses cheveux, l’air pensif, bien que souriant.

Un rayon de lune traînait sur la peau laiteuse de l’historienne, lui donnant un air surnaturel et envoûtant.

Il l’embrassa sur le front avant de sombrer dans les brumes de sommeil.

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