Un jour, Pestilence comprit qu’elle n’avait plus sa place parmi les quatre cavaliers de l’Apocalypse.
Ce fut comme une grande réalisation subite, l’instant d’avant, elle n’en avait pas conscience et celui d’après ça l’avait prise à la gorge, ne la lâchant plus jusqu’à ce qu’elle prenne une décision.
Léguer son titre à une nouvelle entité n’était pas chose facile et nécessitait un certain nombre d’étapes alambiquées et alourdies de protocoles.
Elle dut contacter ses confrères pour les prévenir mais aussi pour l’aider dans sa quête de successeur. Elle ne pouvait ratisser la planète à elle toute seule dans cet état !
Elle n’avait jamais été particulièrement fringante, dû à son rôle de cavalier, la maladie l’utilisant comme hôtesse afin de pouvoir mieux l’étendre, mais le changement l’affectait et ses forces diminuaient d’autant plus avec l’expansion de la pénicilline, l’affaiblissant.
Puis, un jour où elle avait dû s’arrêter pour s’asseoir, les jambes coupées et le souffle lui manquant, elle avait fait sa rencontre.
Ils se fixaient comme s’ils se connaissaient, comme s’ils s’étaient donné rendez-vous et se découvraient.
« Cet enfant a quelque chose d’un ange. » se dit Pestilence, alors que le mouchoir pressé contre ses lèvres se tachait de sang à chacune de ses expirations.
Suite à cela, le rôle fut transmis, devenant à son contact Pollution et la couronne se ternissant du pétrole.
Elle lui enseigna sommairement son rôle mais comme les autres et elle-même en son temps, ça lui vint instinctivement et elle n’eut plus qu’à se retirer en Amazonie, profiter de ses dernières forces, avant que Mort ne la salue une dernière fois.
