Inktober 2019

Inktober 2019 – Blessé 29/31

À une époque où l’Accord tenait plus de paroles en l’air que d’un véritable contrat entre eux, Aziraphale remarquait régulièrement des écorchures et des plaies diverses sur les parties découvertes de Rampa. Il ne lui en parla jamais, pas intéressé au début puis estimant que ça devait faire partie du quotidien des démons.

Après tout, c’était bien connu, ceux d’en Bas étaient des barbares sans éducation !

Rien n’avait vraiment changé après l’Accord, bien que l’ange s’intéressa peu à peu à son partenaire mais sans outrepasser les limites du professionnalisme.

Il ne s’intéressa jamais vraiment à son état, puis celui-ci s’améliora sans qu’il n’ait à s’en soucier, alors il oublia.


Rampa s’étira avec difficulté, tout son corps lui faisait mal. Il retira ses cheveux de son visage, les démêlant vaguement. Le peigne fera mieux, plus tard.

– Vous n’y êtes pas allé de main morte, monseigneur, grimaça-t-il en se levant.

– Tu saignes encore ? s’étonna-t-on de l’autre côté de la chambre. Tu cicatrises vite d’habitude…

– D’habitude, vous me laissez le temps de guérir.

Il vira les draps s’accrochant encore à lui, s’approchant de ses vêtements de son pas si particulier, ce qui parut donner faim à une certaine personne.

– Vous avez les mains froides ! Glapit-il.

– Alors, réchauffe-les.

Satan avait toujours été sadique, même avant de chuter, mais depuis qu’il avait créé les enfers, ça paraissait empirer. Et Rampa en faisait certains frais…

– Je n’ai pas le temps, j’ai à faire, Hastur m’a à l’œil. Si je foire ma mission, il m’arrache la tête.

– Comme s’il en était capable…

Clairement peu intéressé par les tracas de son subordonné, il s’assura de le gêner dans son habillage, glissant ses lèvres sur la peau dénudée, retaillant des dents les traces de morsures, rouvrant les plaies et faisant légèrement couler le sang.

– Lâchez-moi…

– Non.

Le ton était implacable et net. Un ordre, presque.

Mais Rampa n’était pas le genre de démon à le suivre et il se faufila hors de sa prise, enfilant ses habits avec brusquerie.

– Reste… Je suis le maître, ici, alors, obéis-moi.

– Belzébuth est bien plus effrayant, sauf votre respect.

– Ah oui ?

Sans avoir le temps de répliquer, le roux se retrouva de nouveau sur le lit, son boss très occupé à lui retirer sa tenue.

– Je ne t’ai pas suffisamment brisé cette nuit, on dirait…

Les promesses contenues dans cette simple phrase emplirent Rampa à la fois de crainte et de désir.

Sa régénération allait encore être mise à l’épreuve.

Laisser un commentaire