Couple : Endeavor/Enji Todoroki x Hawks/Keigo Takami
Genres : Tranche de vie – UA – Humour – Lime / One-shot
Rating : +16
Résumé : Keigo fixait son verre depuis trop longtemps pour assurer qu’il s’amusait. Il avait dans l’idée de quitter cette fête dès qu’il aura mis la main sur son organisateur, mais il la posa sur quelqu’un d’autre. Et ce fut la meilleure idée qui soit.
Bonne lecture !
Le souci avec les universités, c’était les fêtes qu’on y organisait. Et le souci dans ces fêtes, c’est que les étudiants étaient tellement adepte de la philosophie « on ne vit qu’une fois » qu’elles atteignaient toujours des hauteurs dantesques qui finissaient très souvent mal pour au moins une personne. Et qu’ils avaient tendance à inviter d’autres personnes, de leur côté, aussi, rendant souvent les lieux prévus semblables à un volcan en pleine éruption, des gens dégueulant de partout.
Keigo en était à cette réflexion, signe qu’il était temps pour lui de plier bagages et de retourner au campus pour quelques heures de sommeil.
Il reposa son verre parmi d’autres, sachant par expérience qu’il était inutile de chercher une poubelle. Le Graal serait sans doute plus accessible ! Il n’avait plus qu’à trouver leur « hôte » pour le saluer, même s’il avait sûrement oublié l’avoir invité vu qu’il ne l’avait pas vu de la soirée…
Parfait, il se demandait pourquoi ils continuaient de s’adresser la parole, ils n’avaient clairement rien en commun…
Avisant une chevelure blanche, il en prit la direction en croisant mentalement les doigts, se faufilant entre les groupes et les couples, répondant aux salutations et esquivant les invitations.
– Hey Touya ! L’interpella-t-il.
Évidemment, avec la musique, il n’avait eu aucune chance et sa main s’abattit dans le vide où se trouvait l’épaule du fuyard, quelques instants auparavant.
Il recommença à deux reprises avant de se demander pourquoi il s’entêtait, franchement ? Au pire, ils avaient un cours en commun, demain, et il pourra toujours l’y saluer.
Fort de sa résolution, il se frotta les yeux et fit volte-face, direction la sortie ! Du moins, c’est ce qu’il avait en tête avant de se retrouver à rebondir contre une personne venant de surgir sauvagement sur son chemin. Au vu de la quantité d’alcool consommée par les invités, il avait tout intérêt à baisser la tête et faire le dos rond, prendre toute la faute sur lui et fuir en espérant ne pas recroiser l’individu avant une bonne semaine, le temps que son souvenir se dissolve par le temps et l’alcool, ce qui lui éviterait une pseudo vengeance sous un prétexte bidon.
Là aussi, c’était l’expérience qui parlait.
Mais tout mot déserta son être quand il croisa de splendides yeux turquoises, si semblables à ceux de Touya, et qu’il prit un peu plus conscience de la musculature qu’il avait percutée juste avant, regrettant de ne pas se souvenir de son contact finalement.
– Tu… tu dois être le frère de Touya ? Balbutia-t-il.
Keigo était loin d’être sobre, mais tout aussi loin d’être ivre. Il se souvenait que son pote avait parlé d’une fratrie nombreuse, dont deux frères, mais se concentrer était une tâche trop complexe en cet instant pour se remémorer plus.
– Vous connaissez Touya ? Je le cherche…
Son interlocuteur serra la mâchoire et fusilla du regard la foule les entourant.
– Laisse-moi deviner… il n’avait pas la permission pour sa fête ou tu devais rentrer plus tard, et là, tu comptes lui hurler dessus tellement fort qu’il va en finir chauve, je me trompe ?
Les sourcils froncés se détendirent légèrement sous la surprise.
– Comment..?
– J’ai deviné ? C’est un peu cliché, mais c’est parfois ainsi que finissent les fêtes universitaires, surtout quand les familles n’ont pas été prévenues avant.
Les sourcils furent de nouveau froncés et une moue désapprobatrice s’afficha sur son visage.
– Vous faites partie de ses amis ?
– Non. On a quelques cours en commun, c’est tout. Je ne sais même pas pourquoi il m’a invité. J’étais même persuadé qu’il ignorait mon prénom, c’est dire !
Keigo gloussa, les pommettes rouges, au souvenir de l’invitation. Touya avait été assez surpris qu’il réponde par l’affirmative et avec enthousiasme.
– Enfin bref, je te souhaite bonne chance pour lui mettre la main dessus, j’ai moi-même tenté ma chance, mais il est plus fuyant qu’une anguille ! Enfin, il a sûrement toujours été comme ça, alors tu dois savoir comment faire.
Keigo avait toujours été quelqu’un de très bavard, c’était comme ça. Le silence l’oppressait et il avait besoin de le remplir, de le faire fuir par tous les moyens.
Même si la musique à plein volume et les conversations hurlées étaient loin de pouvoir être qualifiées de silence.
Il lui tapota l’épaule en même temps qu’il le dépassait, cherchant de nouveau à quitter les lieux.
Mais sa main fut attrapée et il s’arrêta, curieux. Allait-il finalement se faire engueuler pour lui être rentré dedans plus tôt ?
Non, vu le regard perdu et fuyant, ainsi que les vibes de gros nounours qui s’échappaient de tout son être, il y avait peu de chance.
Légèrement rassuré, il revint à sa place, attentif.
Le souci avec ses vêtements, c’est qu’ils étaient là. Et beaucoup trop nombreux. Heureusement, Keigo recevait de l’aide pour palier à ce problème.
Ses mains s’ouvraient et se fermaient compulsivement, s’accrochant parfois dans le vide, et parfois à des habits, des mèches rousses, un corps musclé…
L’alcool paraissait se démultiplier dans son sang, augmentant sa désinhibition et les sensations.
Il se sentait comme une poupée dans ces mains trop grandes, ces bras si épais. Leur différence de carrure était impressionnante mais c’était exactement ce qui lui plaisait.
– T’arrête pas, répétait-il en boucle.
– Tu… tu es sûr de toi, hein ?
– Si tu me reposes encore cette question, je te bâillonne, grogna-t-il.
Plus tôt, il lui avait rappelé son ébriété, refusant de profiter de la situation, mais Keigo était parvenu à le convaincre de son complet consentement d’un ton froid, le menaçant presque.
Enji n’avait pu s’empêcher de sourire en réaction, peu alarmé par la tentative d’intimidation, persuadé que ce n’était qu’une bravade et qu’il finirait par prendre la fuite ou le repousser en parlant d’un défi stupide.
– J’aimerais bien voir ça, ricana-t-il en réponse.
– Je n’ai pas dit avec quoi je le ferais…
Un frisson le parcourut alors qu’il croisait les orbes ambrées emplies de désir qui ne l’avaient pas lâché une seule fois depuis leur premier baiser. Son maquillage s’était estompé autour de ses yeux, les soulignant.
Ils échangèrent un nouveau baiser, leurs langues s’emmêlant encore et encore, leurs peaux frottant l’une contre l’autre, les ongles s’accrochant à ce qu’ils pouvaient.
Ils n’étaient plus qu’un grand désordre, les cheveux dérangés par le passage des doigts et d’avoir ôté leurs habits, la respiration haletante, les visages rougis par l’effort et la passion, le cou et le haut du torse ravagés par des suçons et autres marques de dents, les pantalons et sous-vêtements avaient été repoussés sans prendre la peine d’être retirés, trop empressés.
Ils étaient vaguement allongés sur le futon, n’ayant pas particulièrement cherché à le viser, s’étant simplement laissés tomber au milieu de la pièce, trop occupés à se déshabiller pour s’intéresser à ce détail.
Ils faillirent se faire interrompre à de nombreuses reprises, des invités indésirables tentant de s’incruster, mais heureusement Enji avait eu la présence d’esprit de verrouiller la porte pendant une de leurs étreintes collées au mur.
Keigo ne savait plus où donner de la tête, couinant régulièrement son plaisir, gardant autant que possible le contact oculaire. C’est quelque chose qu’il adorait, d’autant plus quand il faisait face à une couleur aussi hypnotique.
Sur sa liste mentale du meilleur partenaire™, il cochait des cases au fur et à mesure, s’affolant de chaque nouvelle. Était-ce seulement possible ?
Il se laissait totalement faire, se contentant de suivre ses demandes, appréciant ce complet lâcher-prise.
La plupart du temps, ses camarades de sommier s’attendaient à ce qu’il garde la main sur eux, dû à son expérience.
Mais ce n’était pas ce qu’il cherchait, lui. Ce qu’il aimait, c’était de se faire pilonner à en perdre l’esprit, le cerveau tout cotonneux. D’avoir les articulations douloureuses alors qu’il se faisait délicieusement malmener, le dos à vif d’avoir douloureusement frotté contre les tatamis au rythme des coups de bassin.
Enji, lui, essayait de comprendre comment il en était arrivé là, à marteler la prostate d’un gars qu’il connaissait depuis à peine vingt minutes, hormis un prénom marmonné entre deux baisers intenses, et son vague lien avec Touya.
À chaque frisson de plaisir supplémentaire, chaque gémissement du jeunot, chaque poussée renouvelée, il se sentait galvanisé d’une énergie inédite qui lui fouettait les reins.
Fidèle à son épouse, même divorcé, c’était un tout nouveau monde qui s’ouvrait à ses sens et il s’en enivrait, telle une drogue.
Il ne se reconnaissait plus, alors que des grondements rauques roulaient dans son torse, s’échappant par intermittence de sa bouche ouverte, à moitié allongé sur ce corps si fin, si souple, qu’il maintenait fermement, le pliant presque dans sa recherche primaire de plaisir.
Il ne parvenait pas non plus à se concentrer, noyé dans les yeux embués aux allures de panda sensuel, troublé par le moindre soupir et pris en otage par les sensations qui déferlaient dans son être.
Enji n’avait jamais vécu un tel lâcher-prise de toute sa vie, et il adorait ça. Il souhaitait que ce moment dure toujours, que ce genre de paix intérieure l’envahisse encore et encore.
Keigo n’avait même pas tenté de camoufler les dégâts, conscient que la moindre tentative attirait le regard alors qu’assumer avait plutôt tendance à impressionner et à repousser les moqueries.
Entouré donc par ses habituels camarades de cursus – qui ne savaient plus trop où poser les yeux, pour le coup – il rejoignit l’amphithéâtre où était dispensé le cours magistral.
Telle une répétition de la veille, il aperçut une chevelure blanche parmi la foule estudiantine qu’il traversa aussitôt en hélant son propriétaire.
– Tiens, tu m’entends mieux qu’hier, on dirait ! Se moqua-t-il.
Stoïque, pour changer, son interlocuteur le fixa sans piper mot. Il le scruta du regard et, une fois sa petite inspection achevée, esquissa un sourire en coin.
– Quelqu’un a eu une nuit agitée, on dirait, ricana-t-il. Venu te vanter ?
– Pour qui me prends-tu ?
Il joua la grande tragédienne quelques secondes, encore, avant de prendre une profonde inspiration et d’ajuster sa veste qui avait glissé, dévoilant plus encore de peau maltraitée, recevant des sifflements admiratifs de la part de ses spectateurs.
Ils ignoraient encore par qui, mais Keigo, l’un des plus beaux étudiants, semblait avoir vécu une des meilleures nuits qu’il soit. Difficile de retenir sa langue à cette nouvelle.
– Hé, Takami ! J’espère que ta divinité du sexe a une petite sœur ! Lança une voix inconnue.
L’interpellé rit, clairement épanoui, avant de retourner son attention vers Touya qui attendait de connaître la vraie raison de leur échange. Depuis le râteau qu’il lui avait imposé, deux ans plus tôt, leurs conversations étaient proches du néant.
– Bref, j’ai essayé de t’attraper, hier, mais impossible de te mettre la main dessus, donc déjà, merci pour l’invitation.
Un haussement d’épaules apparut, tentative pour clore le sujet.
En vérité, Keigo n’avait été invité que pour s’assurer la venue de certains étudiants, mais il s’en serait bien passé, conscient des regards qui pesait encore sur lui, parfois.
– Super fête, au passage ! Mais je voulais surtout te remercier car j’ai pu y rencontrer ton frère.
Touya eut l’impression qu’on étreignait son cœur alors que le sportif piquait un fard et se frottait le nez, gêné à cette évocation.
– Attends… mon frère… tu as couché avec mon frère ? Lequel ?!
Son ton devenait tellement plus froid à chaque mot que des témoins assurèrent avoir aperçu de la buée s’échapper de sa bouche, à la fin.
– Oh oh, monsieur cœur-de-glace serait un frère attentionné ? Le taquina-t-il en échange.
Mais le regard mortellement sérieux le dissuada de poursuivre sa boutade. C’est d’ailleurs sa couleur qui le recentra sur le sujet de base.
– T’inquiètes, on a fait ça dans les règles, tu me connais, je ne profite jamais de la faiblesse de quiconque !
Ceux qui suivaient encore abondèrent dans son sens. Autant que son physique, ses qualités morales étaient la raison de sa célébrité.
– Bref, tu me veux quoi ? Se ferma Touya, croisant les bras.
– J’ai dû m’éclipser ce matin, alors je venais aux nouvelles et peut-être gratter son numéro s’il veut bien, expliqua-t-il, toujours rougissant.
– Saint Keigo, priez pour nous, pauvres pécheurs.
Levant les yeux au ciel sans répondre, il sortit son portable et l’indiqua de l’index.
– C’est un oui ?
– Comme si j’allais te laisser traîner avec un de mes frères ! Natsuo est en couple et Shoto mineur, t’étais tellement bourré que t’as dû te taper n’importe qui d’autre ! En plus, ils n’étaient pas là.
Détournant le visage, il alla s’asseoir sans s’intéresser plus à lui.
– Loin de moi l’idée de te corriger, mais t’en oublies pas un ? Enji et toi vous vous ressemblez trop pour que je me trompe, marmonna-t-il sur la fin.
Touya tourna la tête si brusquement qu’il se fit un torticolis, mais il se concentra plutôt sur l’autre imbécile.
– Enji ? Tu t’es tapé mon père ?!
– Qui, moi ? Nooon… tenta-t-il de se dédouaner, effrayé par la réaction impulsive, si loin de ses habitudes.
– JE VAIS TE BUTER !
Leur professeur n’eut pas le temps de les sermonner qu’ils s’engouffrèrent dans le couloir, Keigo poursuivi par un Touya enragé qui hurlait des menaces très graphiques sur ce qu’il comptait lui faire s’il parvenait à le choper.
Heureusement pour le fautif, il n’était pas dans le cursus sportif pour l’uniforme et l’aîné Todoroki fumait trop, lui laissant vie et dignité sauves.
Il parvint même à obtenir le numéro de téléphone sacré et la promesse d’un rendez-vous quand Enji fut convié à un entretien avec eux deux, chez le directeur.
Finalement, c’était pas si mal, les fêtes démesurées d’université.
