Zanpakūto et trahison

Zanpakūto et trahison – 3/?

-Oh ! Ma Kyoko ! Que la non-vie est cruelle ! Se plaignait depuis un quart d’heure Keiko.

-Signe, grogna-t-elle.

L’imminence du départ de sa capitaine ne semblait pas l’émouvoir plus que ça, si ce n’est qu’elle l’obligeait -et cela depuis leur retour dans leur division- à achever toute la paperasse accumulée depuis leur mise en place.

-Non, mais sérieusement, soupira-t-elle tout en emplissant le formulaire. Comment vais-je faire ? Trois divisions, au Seireitei, en plus ! Papi Yama exagère, tout de même.

-Signe, insista imperturbablement son amie.

-Kyoko, soupira-t-elle. J’ai pas besoin d’un perroquet, merci.

-Que veux-tu que je te dise ? Cela va au moins me donner une chance d’être à la tête de cette division.

Un grommellement s’ensuivit, où l’on pouvait percevoir un « saleté d’ambitieux égocentrique et sans-cœur » ce qui fit sourire son amie.

-Aide-moi, au moins ! Surtout que ces papelards-là, ils te concernent plus que moi ! S’exclama Keiko en désignant de sa main libre une pile branlante de formulaires brique.

°XxX°

-Je déteste la paperasse, gémirent faiblement les deux femmes, le poignet douloureux, la tête sur le bureau.

Une tasse de thé brûlant fut déposée auprès d’elles, les faisant se redresser pour fixer les deux adolescents qui leur sourirent timidement.

-Merci les jumeaux, firent-elles d’une même voix après un temps de flottement.

-Vous avez beaucoup travaillé, on dirait, se risqua le plus courageux des deux en regardant les piles instables.

-Tu t’trompes de côté, grogna Keiko.

Leurs piles étaient bien moins conséquentes, mais tout de même suffisantes… si on acceptait le fait que c’étaient des affaires qu’elles ne touchaient que du bout des doigts, tous les 36 du mois.

-Comment ça se passe, en bas ? Voulut savoir Kyoko, soufflant sur sa tasse. Vous n’avez pas eu trop de problèmes avec lui ?

-Ça s’est finalement très bien passé, gloussa Yuki en portant ses mains à sa bouche. Sous ses airs de gros durs, c’est une vraie fillette ! Il a suffit que Kyôga déballe les plus bénins de ses instruments en faisant son habituel monologue sur la torture à travers les âges et le monde pour qu’il éclate en sanglots et nous livre sa vie dans les moindres détails !

-C’est le discours ou les instruments à ton avis ? Ricana leur capitaine.

-Aucune idée, sourit Mikoto qui n’avait rien dit jusque-là. Mais le spectacle était marrant, même si peu distrayant… Vous n’avez rien raté de très spectaculaire.

-C’est dommage, soupira la plus gradée. Kyôga m’avait parlé de sa dernière acquisition. Lui comme moi, nous étions impatients de la voir en œuvre…

-Bah ! Au moins tu pourras toujours le voir faire !

Elles se levèrent pour rejoindre les deux jeunes garçons, les invitant à les suivre.

-Bon, vu l’heure, on va sonner la cloche, sinon va encore y avoir des heures supplémentaires non rémunérées et donc plus de papiers !

-Ces formulaires-là, c’est à nous de nous en occuper ? S’inquiéta la vice-capitaine.

-Voui. Ou du moins leur gestion. Pour le fric, c’est à Papi Yama d’ouvrir les caisses !

-Vu comment ça pue la guerre, c’est pas pour tout de suite, soupira-t-elle.

Sa supérieure ne dit rien, hochant simplement la tête.

Autour de la cloche, des enfants s’étaient regroupés et semblaient se disputer.

-Raison du différent ? Grinça la femme-oiseau en les toisant de son œil jaune.

Il n’en fallut pas plus aux belligérants pour stopper leurs coups et s’éloigner sans un mot.

-Qui veut secouer la cloche ? Demanda la voix gaie de Kyoko.

Les enfants s’amassèrent autour d’elle, l’interpellant de mille manières, ce qui la fit pouffer joyeusement.

Keiko la regarda, souriant péniblement devant ce tableau qui lui était pourtant quotidien ! Il se passait la même chose tous les soirs, et parfois aux heures de midi, mais c’était plus rare.

Le carillonnement joyeux de l’instrument emplit la cour, et des plus ou moins jeunes adultes coulèrent hors du bâtiment, en un flot continu et bruyant.

Les traits étaient tirés, mais des sourires étaient visibles, çà et là. Des enfants coururent rejoindre leurs familles qui les accueillirent les bras ouverts.

-Ils ont raison, tu sais, reprit la voix claire et aquatique de Kyoko.

-Comment cela ?

Elles saluèrent les jumeaux qui allèrent rejoindre leur vieille mère. Certains de leurs subordonnés les invitèrent à boire un verre avec eux, ou de manger mais elles ne purent accepter les invitations, les remettant à une prochaine fois.

-Qui a raison sur quoi ? Reprit Keiko en faisant jouer les clés dans la serrure.

Si le hall du bâtiment était continuellement ouvert, tout autre accès était fermé. Keiko et Kyoko faisaient ensemble un tour pour s’assurer que les locaux étaient déserts avant de les fermer.

-Le vieux fou, sur le fait que ce ne soit pas une capitainerie comme les autres.

Keiko sourit en réponse. Il était bien vrai qu’ils n’étaient pas ordinaire… Ne serait-ce que par leur lieu de fonction.

-Nous ne sommes pas une division, il n’y a pas d’armée. C’est une famille, ici. Il y a des parents, il y a des enfants, des frères, des sœurs, des couples.

S’accotant à une fenêtre, la brune regardait le village où ils vivaient.

-C’est l’heure des jeunots, dirait-on, soupira-t-elle.

De son pas silencieux, la capitaine s’approcha d’elle et fit glisser ses bras autour de sa taille.

-Veux-tu rester là ?

Elle pressa ses lèvres dans son cou. Sourire mi-rêveur, mi-tendre alors que ses yeux pensaient.

-Non, remontons. Le paysage ne disparaîtra ce soir.

-Demain, alors ?

-Oui, demain.

Depuis qu’elles habitaient ici, cette scène se déroulaient quasi tous les soirs : c’était là qu’elles s’étaient rencontrées pour la première fois. C’était là qu’elles s’étaient plues.

Montant aux appartements du capitaine, elles ne prononcèrent un mot, se tenant simplement la main.

-Tu as faim ? Lui demanda sa supérieure en glissant la clé dans la serrure.

-Mmh ? Oui… de toi.

Elle se colla à son dos en ronronnant.

-Doucement mon petit chat, si tu veux que je te caresse, il va falloir que tu sois sage…

Et cette clé qui ne voulait pas ouvrir la porte !

-Miaou, miaula avec amusement Kyoko en entrant dans le jeu.

Elle se frottait à elle, maintenant, enfouissant son nez dans le cou dégagé et léchant la peau.

-Mon chaton n’est pas sage, lâcha avec peine Keiko.

Elles allaient coucher sur le palier ou cette porte allait se décider ?

Le cliquetis caractéristique d’un verrou qui cède retentit comme une promesse à ses oreilles et elle y entraîna sa compagne avec elle, refermant l’entrée sans la regarder, son attention tout tournée vers celle qui ondulait contre son corps.

-Kyoko, gronda la jeune femme.

-Tut tut tut, la coupa-t-elle. Laisse-moi, tu veux ?

Elle ne dit mot, passant sa main dans les mèches brunes, défaisant la coiffure complexe sans remord, et embrassant délicatement les lèvres offertes de sa partenaire.

Cette dernière se laissait faire, bien que ses doigts agiles fussent en train de dénouer la ceinture, pour ainsi faire glisser la veste le long des bras de sa capitaine. Se séparant des lèvres de cette dernière, elle parsema son cou de mille attentions, savourant cette peau dorée qu’elle savait seule posséder.

-On tente d’arriver jusqu’au lit ? Proposa sa supérieure.

Sa voix était douce, elle n’avait rien à voir avec celle que ses subordonnées ou que ceux de Seireitei pouvaient entendre. Tout comme ses yeux qui, de ce jaune cruel, étaient devenus ocres et tendres. Pour les cheveux, rien à faire, mais elle n’avait plus autant de mal à mouvoir ses bras ou ses jambes.

Et ça, seule Kyoko Asakura en était le témoin quotidien.

-Tu flageoles déjà ? Se moqua la brune avec un sourire espiègle.

-Dis tout de suite que je suis vieille, ronchonna son aînée.

Leurs lèvres se scellèrent à nouveau et leurs pas les menèrent tout naturellement vers le lit européen où elles savaient que leur bonheur exploserait.

-Écarte un peu les cuisses… haleta la brune.

Affalée contre le mur, à genoux, les joues rouges et le souffle haletant, elle obtempéra, gémissant faiblement lorsque la langue un peu râpeuse de son amante glissa entre ses cuisses. Sa tête partit en arrière, stoppée par la mur derrière elle.

Ses lèvres entrouvertes faisaient entendre son plaisir, n’excitant que plus celle à sa source. Cette dernière griffa l’intérieur des cuisses tendres avant de se redresser, frustrant sa compagne. Tendant ses lèvres vers son visage à la recherche d’un baiser qui lui fut donné, elle remonta ses mains par à coups pour ainsi entourer avec douceur la poitrine menue au toucher doux. Elle frotta sa paume contre le téton qui pointait, provoquant des râles de la propriétaire, refermant ses ongles dessus, tirant gentiment. Contre elle, la poitrine se soulevait irrégulièrement. Son visage était balayé par la respiration erratique alors que leurs fronts étaient accolés, les yeux ancrés dans ceux de l’autre. Et c’est sans briser leur échange oculaire que Kyoko fit glisser sa langue sur la rondeur excitée. En même temps, les longs doigts agiles disparaissaient entre les cuisses.

-Kyo… lâcha-t-elle dans un sursaut surpris.

Sa tête repartit en arrière et ses paupières se baissèrent alors que se bousculaient gémissements et autres réactions vocales dans la bouche largement entrouverte.

-Je t’aime Kyo’, haleta-t-elle.

-Moi aussi ma Ko…

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