Mon double est ma moitié

Mon double est ma moitié : 13e journée :: Comment allons-nous faire 13/21

Lavi n’était pas sûr de son opinion sur elle, mais il savait qu’il ne la voyait pas comme un monstre. Au contraire. Mais il ne pouvait pas non plus affirmer qu’il était amoureux. Non ? Lui pourtant si rationnel et si sûr de tout, particulièrement de lui, ne l’était pas pour le moment. Il la voulait physiquement. Il voulait montrer son appartenance à tout le monde ! Prouver qu’un Bookman pouvait se lier sans que cela n’affecte son détachement du reste de la population.

Plongeant son œil unique émeraude dans ceux bleu-charbons, Lavi attendit.

Il n’eut pas à attendre longtemps. Vichina ôta la veste, avant de se mettre à cheval sur les cuisses. Se collant contre son torse, elle pressa ses lèvres contre son front.

-Je m’offre à toi.

Elle n’affichait pas d’émotions. Il n’y en avait pas non plus dans sa voix. Mais ça ne dérangeait pas Lavi plus que ça. Il ne se concentrait que sur le fait que Vichina était là, face à lui, au trois-quart nue, assisse sur ses cuisses, s’offrant à lui toute entière.

Alors, il prit son visage en coupe et l’embrassa langoureusement. Sans casser le baiser, il glissa ses mains le long de son corps, le découvrant à l’aveuglette. La peau était douce, contraste avec le rugueux des cicatrices et le tranchant des pierres. Le parfum qui s’en dégageait était la délicate fleur de jasmin.

Lorsqu’il relâcha ses lèvres, il fondit dans le creux de son cou, y passant coup de langue et semi-suçon. Elle le débarrassait de ses vêtements avec soin, l’excitant avec attention.


« Bon, si j’ai encore imaginé tout cela, je me livre aux Akumas » décida Lavi en ouvrant les yeux.

Heureusement pour lui, la nudité de sa compagne de lit et la sienne lui prouva la réalité des actions de la veille. Maintenant, il allait falloir qu’ils discutent un peu, tous les deux.

-Tu réfléchis déjà ? Gémit la jeune femme.

-Je t’ai réveillé ?

-Non.

Elle se blottit contre lui, cachant son visage dans son épaule. Il l’entoura de ses bras, l’embrassant sur le front.

-Je me demandais juste… comment définir notre lien ?

-Euh… Ce ne serait pas à moi de faire ce genre de réflexion ? Marmonna la japonaise.

Il sourit pour seule réponse et caressa sa joue alors qu’elle luttait pour garder les yeux ouverts.

-Est-ce que je peux estimer que nous sommes en couple, ou vais-je trop loin ?

-Tu peux l’estimer.

Elle se blottit dans ses bras, embrassant son torse.

-Car moi, du moins, c’est l’impression que j’ai.

La mission était finie. La raison de l’agitation n’était autre qu’une bande de gamin qui s’ennuyaient? D’un commun accord, ils avaient tous deux décidés de ne prévenir personne de leur entourage. C’était bien trop risqué pour eux-deux, temps de guerre ou non.

-Allez ! Rentrons à la maison, maintenant ! S’exclama joyeusement le rouquin.

Vichina éclata de rire en réponse à ses mimiques. Il la prit dans ses bras et l’embrassa sur le nez avant de la soulever et de la faire tournoyer, provoquant un plus grand éclat de rire.

Elle ne regrettait pas son choix. Lavi était intéressant, avait de la conversation et la considérait comme un être à part entière, la faisant découvrir des côtés de sa personnalité qu’elle ne soupçonnait pas le moins du monde. Si peu de temps avait passé, mais elle avait eu l’impression que des mois, des années, s’étaient écoulées. Dans le train qui les menait tous deux jusqu’à la ville scandinave où se trouvait le QG, ils profitèrent des derniers moments qu’ils pouvaient partager entre eux. En effet, il ne fallait pas oublier que Lavi partage sa chambre avec -une tonne de journaux venant des quatre coins du monde- son grand-père, et Vichina avec son jumeau. Même si il suffirait d’envoyer ce dernier chez Allen pour la nuit afin d’avoir la chambre pour eux.

Côte à côte, nos deux amoureux somnolaient à moitié, serrant le corps de l’autre entre ses bras. Le rythme régulier du train les berçait et ils ne parlaient pas, préférant savourer les derniers instants d’intimité qu’il leur restait.

-On est bientôt arrivé, soupira le plus vieux.

Il caressa tendrement les longs cheveux brillants qui coulaient sur l’épaule de leur propriétaire. Cette dernière soupira à son tour, chatouillant son amant par la même occasion. Mais repousser l’inévitable n’était pas en leur pouvoir. Malheureusement pour eux.

-Il y a beaucoup de couloirs et de salles désertes… fit remarquer l’archiviste.

Un petit sourire étira les lèvres rosées à cette idée.

-Les vieilles salles de méditation ou d’entraînement sont très confortables, ronronna la japonaise.

Ils se turent à nouveau.


-Je suis de retour Kanda.

-Hn, la salua-t-il.

Esquissant un sourire, elle entreprit de défaire son sac et de ranger quelques affaires.

-Comment ça se passe avec le Moyashi ?

-Très bien.

-Tu as eu une mission, dernièrement ?

-Non. Pas pour le moment.

-D’accord.

Ils n’avaient pas besoin de se parler pour combler le silence, tous deux appréciant cette tranquillité. S’étendant sur le lit, elle ferma les paupières, sans pour autant s’endormir. Elle n’avait pas faim, pas envie de s’entraîner, ni de voir quelqu’un en particulier. Alors il allait lui falloir faire passer ce temps comme elle pourrait.

-Tu es différente.

-Pardon ? Sursauta l’aînée.

-Tu n’es pas comme quand tu es partie. Il s’est passé quelque chose à Dublin ?

-Où vas-tu donc chercher cela ? Soupira-t-elle. Il ne s’est rien passé.

-Hn.

Ôtant ses chaussures, il alla s’asseoir auprès de son double, ancrant son regard au sien. Se penchant sur son visage, Yû l’embrassa chastement. Posant sa main droite sur la joue douce de sa sœur, il la caressa lentement. S’allongeant auprès d’elle, il l’encercla de ses bras et de ses jambes, l’emprisonnant ainsi.

-Que t’arrive-t-il donc, petit-frère ?

-Tu m’as manqué, avoua-t-il.

Il ferma les paupières pour se blottir un peu mieux contre elle. Les étreintes de sa sœur le rassuraient, aussi étonnant que cela puisse être. Et il s’y laissait aller non sans appréhension, car tout est éphémère, la vie la première. Particulièrement celle des êtres chers.

-Nee-chan ? Ne me quitte pas. Jamais. D’accord ?

-Promis. Je serai toujours là, se risqua-t-elle.

Nul ne savait ce que l’avenir réservait. Apôtre du diable ou de Dieu ? Ça ne changeait rien. Alors, oui, Vichina se risquait à une promesse qu’elle ne pourrait pas forcément tenir. Car ce ne serait pas de son ressort.

La jeune femme passa sa main dans les longs cheveux de son double qui s’était assoupi. Mais elle n’arrivait plus à retrouver le sommeil. Alors elle craqua. Aussi simplement. Elle se sentait seule malgré la présence de son frère et des autres habitants de la tour noire. Mais pourtant… Ses larmes coulèrent, chutant sans bruit sur le matelas. Oui, elle était seule. Seule avec sa peine, son passé trempé de sang et son futur qui s’amenuisait…

Je suis là, aussi, idiote.

C’est différent, Lucas. Tu es un esprit et moi un corps.

Un esprit ? Tu veux rire ?! En tout cas, ma scie t’es bien utile !

Lucas… Calme-toi.

Et elle avait gagné une bonne migraine maintenant. Merci à toi Luce.

Épuisée, aussi bien physiquement que mentalement, elle alla rejoindre Morphée qui l’accepta sans problème, la berçant avec la douceur d’un véritable père.

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