Réveillée par le soleil pénétrant dans la chambrée, la japonaise cligna des yeux avant de remarquer sa solitude entre les draps agréables. Se levant, elle se dirigea vers la salle d’eau mise à leur disposition. Ouvrant la porte, elle fit face au disparu qui saluait son reflet.
-Oï ! S’exclama-t-elle. Mes excuses, je te laisse te raser.
Elle lui tourna le dos, l’esprit encore un peu embrumé par le sommeil.
-Tu peux rester, fit-il le menton couvert de mousse. J’ai quasiment fini, tu sais.
-Ah…
Bâillant un peu, elle s’étira tel un chat avant de s’asseoir dans un coin, les yeux clos.
-Fait gaffe à pas te rendormir ! Se moqua le roux. Aïe.
Lavi n’avait jamais eut le coup de main pour les lames, et il venait à nouveau de se couper. La plaie, bien que minime, l’agaçait.
-Allez, donne, lui ordonna une voix un peu ensommeillée.
Il lui tendit le coupe-chou en grommelant. Vichina passa sa main sous son menton, relevant son visage. C’est avec dextérité qu’elle racla la mousse et frottait la peau dessous.
-Eh bien ! Quelle rapidité ! S’étonna-t-il.
-Rapide mais efficace !
-Et d’où te vient cette efficacité de rasage ? Susurra Lavi.
Il avait passé son bras droit autour de sa taille, l’autre s’enroulant autour du bras tenant encore le rasoir, et s’était rapproché d’elle. Ses cheveux étaient encore mouillés de sa douche précédente et retombaient sur ses épaules nues. Leurs fronts se touchaient presque, mais une certaine distance séparait le reste de leurs corps.
-Les bonnes attentions d’une charmante épouse ou fiancée attentionnée ?
Les traits de la jeune femme se tendirent, sa mâchoire se crispa, ses yeux se voilèrent. Elle s’échappa de l’étreinte agréable de son ami d’un geste sec.
-La servitude d’une chienne. Maintenant, sors. S’il-te-plaît.
Elle lui avait tourné le dos après avoir posé la lame de rasage. Ses bras bougeaient, intriguant le jeune homme. Que pouvait-elle donc faire ? Il comprit qu’elle déboutonnait sa chemise et qu’il était donc de trop, lorsqu’il s’était retourné pour fermer la porte. Il s’arrêta dans son mouvement, quelques secondes, pour pouvoir apercevoir le début d’une large cicatrice semblant barrer son dos.
S’observant dans la glace, Vichina frôla du bout des doigts les pierres encastrées. Elles luisaient faiblement sous la caresse. Son bras droit laissait couler un filet de sang qui avait séché. Tirant sa langue autant que possible, elle la scruta.
-Tu ne pourras pas éternellement tout cacher.
-Je sais.
-On dirait que tu as honte de moi.
-Ce n’est pas le cas, Luce. C’est de moi dont j’ai honte, pas de toi.
-Il n’y en a aucune raison…
Une ombre capée sortit du coin de la pièce alors que son interlocutrice filait se laver. Elle semblait n’éprouver contre gêne envers l’intrus, malgré sa nudité complète.
-Si. Ce que j’ai fait. J’en ai honte et j’en ai bien le droit.
-Tu n’y es pour rien.
Elle préféra garder le silence, sachant que ça n’avancerait à rien de soutenir le contraire. Il lui tendit sa serviette dans laquelle elle s’enveloppa et il la frictionna pour la sécher. Prenant place sur le tabouret, elle patienta. La silhouette vint vers elle et lui fit enfiler son uniforme. Ils n’échangeaient pas un mot. Ils n’en avaient pas besoin.
-Vichina ? Je pars devant. Tu veux manger quelque chose de spécial ?
Lavi patientait derrière la porte.
-Je te rejoins bientôt. Fais comme tu le sens, je n’ai pas grand faim.
Et pourtant… Elle n’avait que la peau sur les os. C’était le problème de sa condition. Et elle devait le cacher.
De l’autre côté du battant, les pas du rouquin allaient decrescendos. Il s’éloignait donc. Luce aussi était parti. Qu’importe !
Se relevant, elle acheva sa préparation. Croisant son regard dans le miroir, elle eut la sensation de ne pas être la personne qui produisait le reflet. Elle regrettait ce qu’elle avait fait. Elle n’aurait pas dû chercher à revoir son frère. À s’immiscer dans sa vie. Et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher d’en être heureuse. Elle avait la sensation de ne plus être vide, d’avoir enfin trouvé sa « maison ». Et une famille. Une vraie famille.
-Hey ! Bien dormi ? Lui demanda Lavi en la regardant prendre place en face de lui.
-Ça peut aller. Et toi ?
Elle pouvait encore cacher ses cernes. Son séjour à la Congrégation, le temps sous la forme de Mitsuko, cela lui avait permis de récupérer tout ce temps de nuits blanches et d’heures perdues.
Elle se servit à manger avec des gestes lents, savourant chaque bouchée de ses tartines, chaque gorgée de son thé chaud. Seul bémol : Lavi était un vrai moulin à paroles, il cherchait à la noyer sous un flot de paroles. Ou du moins il en donnait l’impression.
Les yeux fermés, les doigts crispés sur l’anse, Vichina hésitait sur la marche à suivre. Elle regrettait de devoir le supporter encore longtemps. Repoussant devant elle les différentes coupelles, elle s’assura d’avoir toutes ses affaires sur elle. Empoignant ses gants de la main gauche, elle inspira un grand coup.
Ce qui s’ensuivit fut rapide. Très rapide. Elle tendit son bras droit vers la longue écharpe enroulée autour du cou du roux pour l’empoigner et le tira vers elle. S’appuyant du poing contre la table, elle happa ses lèvres pour un baiser violent qui le fit taire. Ainsi que tous les autres spectateurs. Cassant le baiser, elle appuya son front contre le sien et plongea ses yeux bleu-charbon dans celui émeraude. Un petit sourire en coin s’afficha.
-Avec un peu de chance, ça te fera taire pour la journée.
Et, sans attendre plus, elle relâcha son emprise et quitta l’auberge sans demander son reste. Derrière elle, la voix revenait à tous. Ils commentaient avec bonhomie, pour la plupart, sifflaient, admiratifs. Lavi, lui, ne bougeait plus, comme pétrifié sur place. Il avait la bouche ouverte et l’œil exorbité. Lorsque le serveur vint lui demander si tout allait bien, il se réveilla un peu.
-Je suis mort, se plaignit-il.
Ce baiser avait eu quelque chose d’étonnant sur lui. Tout son être bouillonnait. Il se déchirait. Kanda, Bookman et Vichina. Chacun représentait un choix, une idée.
Kanda, par son statut de grand-frère protecteur, incarnait sa mort proche si il écoutait son cœur. Bookman rappelait sa promesse de Bookman de se détacher de tout lien. Et Vichina ? L’espoir. Si il lui avouait… Il l’aurait, à ce moment-là. Ce baiser n’en était-il pas la preuve ? Il allait devoir faire un choix, et un bon. Entre sa peur, sa promesse et son amour.
-Wah ! Je réfléchis trop ! S’écria-t-il en prenant sa tête dans ses mains.
Seul le silence de la chambre lui répondit. Il alla se passer de l’eau sur le visage pour ainsi mettre ses idées au clair. Il hésitait sur le comportement qu’il allait devoir adopter. Faire comme si de rien n’était ? Lui avouer ses sentiments ? Chercher à la rejoindre ou faire sa mission dans son coin ?
Vichina se promenait au hasard des ruelles que son chemin croisait. Elle n’avait pas d’itinéraire spécialement en tête et errait donc en observant craintivement ce qui l’entourait. Elle ne se posait pas de question sur le baiser de plus tôt. Oh non ! Ce n’était pas quelque chose d’irréfléchi, bien au contraire. Elle faisait rarement quoique ce soit sur un coup de tête. Elle n’aurait pas fait long feu, sinon.
Non, elle se remémorait juste de très mauvais souvenirs. Ceux peu avant qu’elle ne retrouve son frère, en fait. Et elle ne voulait pas replonger dans ce gouffre infernal. Trop de douleurs, de larmes, d’humiliations…
-Mademoiselle ? Vous allez bien ? Vous voulez qu’on aille chercher du secours ou quelqu’un ?
En proie à toutes ces sombres pensées, la japonaise s’était écroulée contre le mur d’une maison, dans une rue animée. Sa vue était brouillée et elle voyait tout et n’importe quoi flou.
-Ce… c’est rien, marmonna-t-elle. Ça va passer, ne vous inquiétez pas.
Elle pouvait sentir le sang couler à nouveau le long de son avant-bras droit. Ça, ça voulait dire que…
-Je vais m’occuper d’elle, merci, déclara la voix masculine de tantôt.
Gagné ! L’être, toujours capé, releva Vichina et passa le bras de cette dernière sur ses épaules. Il l’aida à s’éloigner de la foule qui s’était peu à peu amassée. Il la guida jusqu’à la terrasse d’un petit café et l’y fit asseoir. Passant une commande au serveur, il prit place face à elle.
-Ça te prend de plus en plus souvent.
Ce n’était pas une question, Vichina n’eut donc rien à répondre.
-Et, évidemment, tu n’en as parlé à personne. Je me trompe ?
-Non.
-Maudite soit cette satanée fierté que ton frère et toi partagez ! Grommela-t-il.
-Luce…
-Tu te détruis mentalement, petite puce. Déjà que physiquement, c’est pas le rêve… Tu comptes mourir avant d’avoir atteint tes vingt ans, ou quoi ?
-Bien sûr que non !
-Mon œil.
Ils se turent. Ce fut à ce moment-là que leur commande arriva. Vichina paya le garçon et attrapa le thé au jasmin. Le portant à son visage, elle savoura la douce flagrance qui s’en échappa. Le jasmin était son odeur favorite. Avalant une petite gorgée, elle eut la surprise de retrouver le goût de celui de son enfance. Elle jeta un œil vers son voisin qui semblait perdu dans ses pensées, le regard plongé dans sa tasse de café. Une belle coupe de glace se trouvait entre eux, accompagnée d’une paire de cuillères.
-Je me suis dit que tu allais en avoir besoin, expliqua Luce.
-Et tu ne t’es pas oublié, au passage ! Se moqua la jeune fille.
Il ne répondit pas, mais elle le connaissait assez pour savoir qu’il souriait. Elle le connaissait depuis son séjour entre les griffes de ce scientifique, par pur hasard.
Tout à leur discussion, aucun des deux n’aperçut la chevelure pourtant flamboyante du Bookman junior et donc ne purent voir la tristesse envahir l’œil unique.
Lavi leur tourna le dos et rebroussa chemin avec un pas rapide. Quand il pensait qu’il avait cru qu’elle préférait les hommes plus jeunes qu’elle ! Cet homme devait au moins faire le double de son âge ! Enfin, d’après sa carrure, parce que voir sa figure avait été impossible, bien entendu.
Alors, ce baiser ? Ne signifiait-il donc rien à ses yeux ? Pour lui, ça avait sonné comme une promesse. La promesse d’une relation possible entre eux. Car il y avait bien réfléchi, Lavi, il avait compris que la Vichina, si imprenable qu’elle était, il l’avait dans la peau. Et là, il venait de l’avoir dans l’os. Elle en aimait un autre. Il savait qu’elle était déjà venue ici, il y avait peu de temps, elle le lui avait dit. Mais il ne s’était pas douté un seul instant qu’elle y avait trouvé un acquéreur pour son cœur.
La mort dans l’âme, le jeune roux déambula dans la ville, tel un zombi. Il n’avait plus conscience de la réalité et il s’en fichait bien. Il comprenait pourquoi le vieux panda lui avait ordonné de ne se lier avec personne. Son cœur saignait sans discontinuer.
La journée se déroula ainsi. Vichina, ayant repris des forces entre temps, poursuivait sa mission-enquête en parlant tranquillement avec les gens. Lavi, lui, errait, telle une âme en peine, à travers la ville sans la voir. Le soir parvint et tous deux rejoignirent l’auberge pour y dîner à leur aise.
Vichina patientait tranquillement. Un bol de soupe fumait devant elle mais elle ne cherchait pas à l’avaler d’une manière quelconque. Elle releva la tête lorsqu’elle reconnut le pas de son ami. Elle lui fit un signe de la main pour lui montrer où elle était. Tout à son sourire, elle ne remarqua pas la crispation de la mâchoire du jeune homme, ni son poing serré.
-Tu as passé une bonne journée ? L’interrogea-t-elle gentiment.
Il haussa les épaules sans dire un mot. Le pensant fatigué, elle ne lui en voulut pas et fit un signe au gérant qui apporta aussitôt son repas. Ils avalèrent leur soupe sans un mot avant d’entamer leur plat de résistance.
-Je t’ai vu tout à l’heure, finit par grincer le jeune homme.
-Ah bon ? Tu aurais pu me rejoindre, bouda-t-elle, je me serais pas ennuyée, au moins.
-Tu avais l’air bien trop occupée par la personne avec qui tu étais. Vous étiez adorables ! Grinça-t-il de nouveau.
Haussant un sourcil interrogateur, la jeune fille chercha dans sa mémoire la raison de cette dernière phrase, mais elle ne voyait pas.
-Tu parles de moi, gamin ?
La voix semblait venir de nulle part, mais Vichina écarquilla les yeux.
-Tu parles de Luce ? Celui qui portait une cape ? J’ai fait un malaise au milieu de la rue et il m’a invité à un café pour me remettre en route.
-C’est vrai.
Sous la table, la japonaise avait crispé sa main sur sa manche droite.
-Qui es-tu ?
La jalousie et la colère s’était envolée de sa voix, remplacée par la curiosité, plus forte que tout.
-Hé hé hé, continua la voix.
-Tu as un accent… un accent italien…
-Tout juste ! Approuva l’être invisible. Mais je suis une arme. Maintenant.
-Merci Luce, intervint Vichina rapidement, le faisant taire. Lavi, pas un mot. Si tu veux poser des questions, ce sera dans la chambre, d’accord ?
Lavi dut se faire violence pour ne pas la noyer sous le flot de questions qui venaient en masse dans sa caboche. À l’instar de sa comparse, il engloutit le plus rapidement possible ses plats pour pouvoir en apprendre plus sur elle.
-Bon, je vais me changer, mais tu peux démarrer.
-En bloc, les questions ?
-Le moins possible, pitié…
-Ça risque d’être long.
Avisant son regard de chien battu, elle soupira.
-Bon, vas-y.
-Qui es-tu ? Et Luce ? T’as quel âge ? Pourquoi t’as l’air d’avoir tout le temps faim ? Pourquoi tu ressembles à Mitsuko, et où elle est passé ? Pourquoi tu as parlé de servitude ce matin ? Que caches-tu ?
Soupirant, elle sortit de la salle de bain de bain et prit place à ses côtés. Elle portait cette chemise qui devait appartenir à son frère. Ses longues jambes étaient visibles, la chemise ne cachant pas grand-chose.
-J’ai le même âge que mon frère et toi, dix-huit ans. Je…
Elle bloqua quelques secondes avant de porter ses mains à sa boutonnière qu’elle dégrafa rapidement. Faisant glisser le vêtement le long de ses bras, elle plongea son regard dans celui de son vis-à-vis.
-Voilà ce que je cache. Voilà la raison de ma faim.
Lavi ne dit rien, se contenta d’observer. Il n’aurait jamais envisagé que la chair si délicate de son amie pouvait aussi meurtrie. Le dos n’était certainement pas mieux que le ventre qu’elle lui présentait. Avançant son bras, il frôla l’une des pierres fichées de force. La jeune femme tressaillit avant de baisser la tête. Avisant le bras droit, il y fit bouger ses doigts. Là, juste après la pliure du coude, une bouche se trouvait. Les lèvres fermées, elle était quasi-invisible, si ce n’est la différence de teinte. Intriguée, il s’en rapprocha. La bouche afficha un sourire narquois, montrant une dentition aux semblants tranchants.
-Hé hé hé ! On dirait bien que tu m’as trouvé ! Ricana la voix.
-Q… Quoi ? Glapit le jeune roux.
-Luce, enchanté !
-Mais… euh… De même, reprit-il.
-Bien ! Vichina te fait une grande preuve de confiance en agissant ainsi, ne la déçoit surtout pas !
-Euh… Oui.
Lavi était un peu sonné et il jeta un coup d’œil en la direction du visage de la jeune fille. Elle paraissait ennuyée, tout au plus, un peu gênée. Mais rien de plus. Comme si n’avoir une bouche encastrée dans son bras était des plus banals.
-Euh… Vicky ?
-C’est moi.
-Tu… tu veux bien m’expliquer… tout ceci ?
Elle soupira.
-Ces pierres, commença-t-elle en les désignant d’un geste de la main, sont des innocences. Elles m’ont été implantées. De force. Je suis devenu leur compatible pour ne pas mourir. Mais ça coûte un certain prix. Comme elles sont toutes de type symbiotique, ou presque, il me faut manger en quantité. Ce qui signifierait plus du double de ce que peut ingurgiter Allen. Mais comme je cherche à les utiliser le moins possible, ça limite. Enfin, je crois.
-Et… ces cicatrices ?
En disant, il en retraçait une du doigt. Elle devait faire une quinzaine de centimètres et était blanchâtre, signe qu’elle était plutôt vieille mais qu’elle ne se résorberait jamais. Elle était oblique et se situait entre le nombril et les hanches, disparaissant sous le sous-vêtement qu’elle portait.
-Ma vie n’est pas toute rose. Je suis dans la rue depuis l’âge de mes six ans. L’homme qui m’a imposé ces pierres bleues ne s’est évidemment pas arrêté à ça. Et en un an, on peut faire beaucoup de choses à un être en cage.
Sans un mot, Lavi ôta sa propre veste et la déposa sur les épaules frêles de sa vis-à-vis, avant de la prendre dans ses bras et de la presser contre lui. Il lui caressa le dos avec douceur, grimaçant lorsqu’une arrête pointue le frôlait.
-Moi je t’accepte, déclara-t-il avant de l’embrasser.
L’absence de réaction de la part de l’embrassée l’inquiéta et il la regarda droit dans les yeux, remarquant alors ses larmes.
-Je ne voulais pas de te blesser, pardonne-moi !
-Non, ce n’est pas ça, sanglota-t-elle, mais… Je… ça fait bizarre.
Il ne dit rien, la laissant trouver les mots justes, le cœur battant.
-Je… Hormis cet homme, peut-être Komui, les infirmières, Hevlaska et mon frère… Enfin, pour ce dernier je ne suis pas sûre, tu es la seule personne à qui j’en ai dit autant. Ils… soit ils l’ont deviné, soit je leur ai caché une partie plus ou moins grosse de l’histoire… Je suis un monstre… Pourquoi m’acceptes-tu ?
-Parce que tu m’intéresses.
