Mon double est ma moitié

Mon double est ma moitié – 10e journée :: Que se passe-t-il ? 10/21

Lavi semblait sautiller sur place alors que sa collègue se traînait, ses cernes plus que visibles et sa fatigue formant une aura oppressante, capable de rivaliser avec celles de l’équipe scientifique. Komui eut de la chance, il était réveillé ce qui lui évita de rencontrer les doubles lames. Il ne savait pas à quel point c’était une chance, car de ce côté-là, les jumeaux Kanda se valaient bien.

-Bonjour tous les deux ! S’exclama d’un ton enthousiaste le chinois. Je vais vous envoyer sur le terrain, ce sera donc ta première mission Vichina !

-Quand ? Comment et où ? Pour quoi ou qui ? Quelle durée ? Demanda cette dernière en bâillant.

Lavi eut un sourire en coin. Ses questions étaient précises, obligeant ainsi à abandonner les détails superflus. Une attitude typiquement Bookman… ou Kanda.

-Départ dès que vous êtes prêt. En bateau pour rejoindre l’Irlande. Des événements étranges se produisent dans la capitale, il va falloir y enquêter. Aucune idée de la spécialité de ces événements, durée indéterminée.

Reever étouffa un bâillement avant de tendre aux deux exorcistes un dossier complet chacun. Feuilletant le sien d’un regard critique malgré la fatigue, la jeune fille nota le lieu exact et un nom qui ne lui plut pas, la faisant blanchir.

Le remarquant, le plus vieux fronça les sourcils mais ne dit rien. Elle n’était pas très causante. Il suffisait d’essayer de passer sous la couche superficielle de sa personne ou de sa conversation pour qu’elle se referme sur elle-même, sans possibilité de l’en empêcher.

Se levant, elle prit la direction de la porte sans mot dire, ses phalanges blanchissant sur les feuilles reliées avec soin.

-Tu vas où ? Questionna ingénument le roux.

-Me préparer et prévenir mon frère. Pourquoi ?

-Bah… Je ne crois pas que Komui ait fini.

Les regards des trois hommes avaient convergé en sa direction, la rendant nerveuse.

-Tout ce dont j’ai besoin de savoir se trouve là-dedans, je me trompe ? Fit-elle en indiquant les documents.

-Non, mais…

-Et puis, le coupa-t-elle, je suis sûre que tu te feras un plaisir de tout m’expliquer. Viens me réveiller lorsque tu seras prêt !

Elle lui adressa un petit sourire avant de partir prévenir ses amis et son frère. Faire ses bagages ne lui prit que très peu de temps donc elle en profita pour piquer un petit roupillon, tranquille, avant d’être gentiment secouée par son compagnon de mission, sous l’œil acéré et désapprobateur de son frère.

-Bah dis donc ! T’as le sommeil profond, dis-moi ! Rit-il. Ça fait dix minutes qu’on t’appelle.

La miss haussa les sourcils et nota la trace de main sur la joue de Lavi. Au regard de son frère, ça venait de lui, à coup sûr.

-Euh, j’ai confondu Yû et toi, expliqua le Bookman junior.

Roulant les yeux, Vichina se leva, s’empara de ses affaires et alla faire la bise à son frère qui la serra imperceptiblement contre lui. Lavi sourit en voyant ça, mais ne fit aucun commentaire, conscient des trois lames pouvant le trancher menu-menu.

-Allez, on y va ! S’exclama-t-il alors qu’ils se trouvaient dans le train les acheminant jusqu’à Londres.

-Calme-toi, lapin à ressort, soupira son amie.

-Mais ! Pourquoi « lapin » ? Bouda-t-il.

-Ton côté dragueur ? Proposa-t-elle.

-Ha ha ha…

-Tu veux bien me résumer ce qu’a dit Komui, s’il-te-plaît ?

Le trajet se déroula sans accroc et ils purent prendre le bateau avec sûreté.

-Bon, si j’ai bien compris, nous allons devoir partager la même cabine. Je prends le lit en bas ! Déclara-t-elle rapidement.

Cette décision fit sourire le rouquin, pour une fois qu’on lui laissait le lit d’en haut !

-Ainsi, je pourrais te donner des coups de pieds si tu ronfles trop fort !

Sob… Quelle tristesse…

Le voyage devant durer environ une semaine, ils entreprirent de ranger leurs affaires dans les meubles mis à leur disposition.

-Oh ? Tu savais qu’il y a un casino ?

-Hé hé hé ! Tu voudrais y faire un tour ? Se moqua gentiment le jeune homme.

-Tu ne veux pas ? Lui rétorqua-t-elle.

-Je ne pensais pas que tu serais ce genre de fille. Regarder ou jouer ?

-Jouer, bien sûr !

-Les machines à sous, j’imagine.

-J’aime bien les pachinkos, certes, mais plumer les gens, y’a rien de mieux, ricana-t-elle.

L’espace d’un instant, le borgne se demanda si il n’était pas en compagnie d’Allen.

-Mais pas au poker, ce n’est pas drôle. La roulette, peut-être ?

La laissant dans ses réflexions, il s’empara à son tour du plan de l’engin.

-Il y a une piscine, aussi, remarqua-t-il.

Des images de son amie en maillot lui tournèrent dans la tête.

-Montre voir ? Y’a aussi des saunas et des jacuzzis…

Le sang le menaça de gicler hors de son nez.

-On peut même se faire masser, poursuivit-elle.

N’en tenant plus, il fonça dans la salle de bain pour essuyer l’écoulement nasal. Intriguée et inquiète, Vichina le suivit peu après et le retrouva la tête au-dessus du lavabo et le sang coulant à flot. S’emparant d’un petite serviette blanche, elle le passa sous l’eau froide et le pressa contre le front de son ami, après avoir repoussé le bandana. Passant son bras autour de ses épaules, elle le fit se redresser et le guider jusqu’à son lit où elle l’allongea. Elle essuya les traînées rouges sur le visage et lui sourit.

-Le froid va faire rétracter les vaisseaux sanguins et ainsi atténuer le flot, lui expliqua-t-elle.

Il ne lui répondit pas, se détendant sans même y penser.

-En tout cas, on reste dans la cabine, ce soir. Et ne cherche même pas à contester ! La fatigue et l’air marin ont dû contribuer au saignement de ton nez.

-Mais… objecta-t-il.

-J’ai dit !

Elle était intransigeante. Rester coincé dans une petite cabine avec une aussi jo… intéressante jeune fille, qui plus est allongée dans son lit, ce n’était pas pour lui déplaire. Surtout si elle jouait à l’infirmière !

-Il est plus de dix-neuf heures, soupira-t-elle. Tu as faim ?

-Non, merci.

-D’accord. Comment va ton nez ?

-Ça ne coule plus.

-C’est bien.

Il la vit récupérer la serviette pour essuyer à nouveau le sang séché avec des gestes doux avant de disparaître dans la salle de bain pour réapparaître une dizaine de minutes plus tard, les cheveux détachés et ne portant qu’une chemise blanche d’homme lui allant au ras des fesses. De surprise, Lavi se releva et l’observa longuement. Elle semblait frêle dans cette tenue, elle donnait envie de la protéger, de s’occuper d’elle. Elle donnait l’impression d’une petite fille emprisonnée dans le corps splendide d’une femme.

-Est-ce que ça te gêne si on partage ce lit ? Bâilla-t-elle.

-Hein ? Gueuh…

-Tu peux refuser, ça ne me gêne pas.

Elle sourit paisiblement, en échange il hocha la tête sans y penser. Son visage s’éclaira et elle posa une fesse sur le matelas, se penchant vers lui. Elle déboutonna tranquillement la veste du roux qui se figea instantanément.

-Que fais-tu ? Couina-t-il.

-Tu comptes dormir avec tes bottes aux pieds ?

-Je m’en occupe !

S’asseyant, il retira rapidement ses fringues et les balança au sol puis s’enterra sous la couverture, le regard fixé sur sa collègue. Cette dernière se faufila sous la couverture elle aussi, après avoir éteint, et se blottit contre lui avant de lui souhaiter une bonne nuit. Elle s’endormit peu après.

Lavi, lui, était très réveillé. Tendu comme un balai, il pensait à ce qui l’attendait lorsque Kanda découvrirait que sa sœur avait dormi avec lui. Il préférerait presque Komui, tiens ! Il voulait pas mourir, pas tout de suite…

Tout à ses élucubrations, il finit par rejoindre le pays des songes. Et quels songes !

-Lavi ?

La jeune femme à ses côtés ne dormait pas ou plus. Ses yeux brillaient dans la semi-obscurité, et elle jouait avec une des mèches qui retombaient sur le front du borgne. Appuyée sur son coude droit, son décolleté était accentué et donnait une vue imprenable sur sa poitrine plutôt bien formée. Le jeune homme se sentait réagir à cette vision, surtout que la couverture ne couvrait plus rien du corps face à lui. La chemise s’était relevée, découvrant ainsi la rondeur de son postérieur.

-Toi qui sais tant de choses, poursuivit-elle en un murmure, accepterais-tu de partager certaines de tes connaissances avec moi ?

-Quel genre de connaissances ? Souffla-t-il, la gorge sèche.

-Celles qui me permettraient de satisfaire un homme… physiquement parlant…

Les derniers mots semblèrent rouler sur sa langue alors qu’elle le surplombait, plantant ses bras de part et d’autre de sa tête. Ses longs cheveux formèrent un rideaux derrière la tête de Lavi. Il ne bougeait pas. Bien au contraire.

-Viens donc les chercher, annonça-t-il en arborant un sourire joueur.

S’asseyant sur ses cuisses après avoir bazardé la couette, elle colla sa large poitrine contre le torse musclé. Ses lèvres se pressèrent contre leurs consœurs et un baiser fut échangé. Lavi plaça ses mains sur les hanches étroites de la jeune femme, faufilant ses doigts sous le tissu blanc. La peau qu’il sentait était comme il se l’était imaginée : douce, soyeuse… Il se sentait réagir aux caresses prodiguées, et la pression de la poitrine contre ses pectoraux n’étaient pas pour lui déplaire.

Sa main gauche fut ôtée de sa prise, et posée sur l’échancrure de la chemise, frôlant du bout des doigts les rondeurs contenues. Saisissant la demande informulée, il déboutonna tout doucement la chemise, se relevant pour embrasser ces seins offerts. Il n’ouvrit pas complètement la chemise, s’arrêtant au nombril. Pendant ce temps, son autre main n’avait pas bougée de la hanche, sauf pour caresser la peau tendre de cet endroit. Elle était réceptive à ses attentions, ne cherchant aucunement à cacher ses réactions. Il pouvait la sentir vivre et vibrer contre lui. Elle resserra les cuisses lorsqu’il goba le téton, faisant frotter ainsi leurs deux intimités.

La main inactive glissa sur le ventre un peu rond et joua avec le nombril de l’index, tandis que le petit doigt glissait sur la frontière du bas-ventre. Les deux mains de la jeune femme restaient bloquées dans la chevelure sur sa peau nue. Ils ne parlaient pas. Pourquoi faire ? C’était de la baise, pure et simple, et sûrement sans lendemain. Ils ne diraient rien à personne et n’en parleraient pas entre eux.

Collant sa bouche contre la base de son cou, il aspira la peau tout en ôtant les derniers boutons et en faisant glisser le vêtement sur les longs bras. Elle était nu dans toute sa splendeur, la lune jouant de ses rayons sur elle. Sa peau bien pâle miroitait, ses longs cheveux glissaient de sur sa peau en de lascives caresses.

D’un coup de rein, il échangea leur place, l’étendant sur le dos et s’asseyant entre ses jambes. Elle semblait paisible, haletant un peu, ses cheveux en auréole et ses pommettes rosies. Elle semblait l’attendre sans appréhension, persuadée de ce qui se passerait ensuite.

Se dénudant à son tour, il l’embrassa sous le nombril, s’étonnant de l’absence totale de poil sur le pubis. Comme si elle lisait dans ses pensées, elle lui délivra une rapide explication.

-Dans mon pays, les jeunes filles vierges et pas encore mariées, s’épilent intégralement.

Saisissant l’information la plus importante, il sourit largement. Il serait donc son premier ? Intéressant…

Il pencha un peu plus la tête et embrassa délicatement le sexe de la jeune fille avant d’y glisser sa langue, entraînant une crispation de sa part. Ses cuisses cherchèrent à se refermer mais les mains du Bookman les tenait fermement pour leur empêcher tout mouvement. Il s’amusait de ses réactions et jouait avec ses nerfs. Elle le voulait. Tout son être le hurlait. Et il hésitait à la satisfaire.

Il s’empara de son propre membre pour le faire un peu plus durcir. Il avait décidé d’accéder aux requêtes de sa belle captive. Pour sa première fois, il pouvait au moins lui accorder ça ! S’enfonçant avec lenteur en elle, il la caressa pour la détendre un peu. Il ne voulait pas que son expérience soit teintée de douleur. Bien au contraire.

Et il se réveilla en sursaut. Assis, il sentait son cœur battre à toute allure et sa respiration saccadée ne l’aidait pas. Il a prit la tête entre les mains en gémissant faiblement. Ça avait semblé tellement réel ! Est-ce que son subconscient avait cherché à lui transmettre un message ?

Jetant un regard en la direction de la japonaise, Lavi se figea. En se levant aussi brusquement, elle avait glissé de son torse et son visage était à une courte distance de son érection. Son souffle tiède ne faisait qu’accentuer son problème et il ne pouvait rien faire. Il risquerait de la réveiller en la repoussant et il serait obligé de lui passer par-dessus pour rejoindre la salle de bain.

-Lavi ? Murmura la jeune fille.

-Euh… oui…?

-Je te sens… tendu… Je me trompe ?

-Euh…

C’était lui ou il y avait un sous-entendu de la taille du Comte ?

-Tu devrais te rallonger et te rendormir, bâilla-t-elle.

-Je… pensais.

-À quoi donc ?

-À… à ton frère.

-Pardon ?

Elle semblait complètement réveillée pour le coup, et s’était redressée sur le coude ancrant son regard au sien.

-Si… il va me tuer si il apprend qu’on a dormi ensemble, marmonna le borgne.

-Ah ! Ce n’est que ça ! Soupira la jeune fille.

Doucement mais fermement, elle le poussa sur le matelas et y installa confortablement.

-Je vois pas en quoi ça devrait l’intéresser. Il sait que je sais me défendre convenablement et de toutes façons je fais la même chose qu’avec lui, alors…

Ne trouvant rien à y rétorquer, Lavi se détendit autant qu’il put. Il était toujours gêné par ce qui se trouvait plus bas, mais il espérait que la semi-obscurité l’empêchait de voir quoi que ce soit.

-Est-ce que tu peux me laisser aller dans la salle de bain, s’il-te-plaît ? Chuchota-t-il.

Pour toute réponse, la jeune adulte se retourna, le libérant de ses bras. Il se glissa alors hors du lit pour filer, emportant son pantalon avec lui. Fermant la porte derrière lui, il soupira en allumant. Il devait trouver de quoi se calmer, et vite ! Il avait déjà de la chance qu’elle ne soupçonne pas pourquoi il avait saigné du nez, ou qu’elle l’ait entendu marmonner dans son sommeil, ou encore qu’elle n’ait pas remarqué la bosse déformant son caleçon. La douche froide était à repousser immédiatement. Elle ne lui faisait aucun effet et il risquait de soulever des questions de la part de sa comparse. Tenter de penser à autre chose ? Inutile. Même penser à Panda n’aboutissait à rien ! Il ne lui restait donc qu’une qu’une seule chose à faire… Bloquant son pantalon dans l’interstice de la porte, il se résigna à empoigner sa virilité en fermant les yeux.

Son affaire achevée, Lavi se faufila jusque dans son propre lit, honteux d’avoir ainsi salit deux fois de suite la jeune fille. Se retournant dans son lit, il s’endormit, l’âme triste.

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