Lavi est un cauchemar [D. Gray-Man]

Lavi est un cauchemar – 5/6

Puis, alors que je me prêtais diligemment aux jeux de la jeune fille qui entreprenait de me faire passer une couronne de fleur un brin bancal tout en babillant gaiement, je saisis que ce n’était pas moi qu’ils scrutaient ainsi, mais bien Kurocho et sa joie de vivre. Je souris gentiment en réaction à cette attitude si protectrice.

-Vichina ? Tentai-je.

-Yep bonhomme ? Répondis l’interpelée l’esprit ailleurs.

-Non, rien, souris-je.

Elle tourna sa tête en ma direction, curieuse et je lui adressai un large sourire amusé.

-Oh ! Réalisa-t-elle. C’est la première fois que tu utilises mon prénom !

-J’y peux rien si tu ne t’étais pas présentée, grognai-je en réponse, un peu boudeur.

Était-ce de ma faute si ce n’était pas moi ?

-Je ne l’avais pas fait ? S’étonna-t-elle.

-Absolument pas. Je suis catégorique.

-Ah bon.

Elle reposa une couronne de fleurs qu’elle venait de tresser sur ses genoux, un air un peu pensif accroché au visage. Elle tendit sa main vers moi que je pris sans comprendre.

-Vichina Kanda, enchantée.

-Allen Walker, de même.

Son sourire s’allongea , elle poursuivit sa tresse et je la regardai faire. Je soupirai doucement en la voyant faire dans la lumière calme du soleil. On aurait vraiment cru à une fée. Une jolie et gentille fée. Aux grands-frères un peu trop protecteurs. Beuheuheu.


-Bon, on y est ! Chantonna Vichina en sortant de la voiture.

Son frère sortit du côté conducteur alors que les autres et moi descendions de la deuxième voiture avec une remorque. Bien que Lavi et moi vivions ensemble depuis au moins trois ans, et que c’était moi qui avait emménagé dans son appartement, ça n’empêchait pas le fait que j’avais accumulé avec le temps et que ça risquait d’être encombrant. On avait décidé de débarquer lundi, car c’était le jour où on pouvait être sûr de ne pas le croiser. Après, il n’y avait plus qu’à prier pour qu’il n’ait pas changé les serrures…

-Oh ! Mais c’est Allen !

-Bonjour Road.

Je souris à la fillette que je connaissais bien.

-Tu es enfin sortit de l’hôpital ?

-Hein ?

Avec ce qui c’était passé ces derniers jours, j’avais oublié mon passage à but médical… Ou avais-je tenté de l’occulter inconsciemment ?

-Euh… Oui, bien sûr ! Me repris-je en me frottant l’arrière du crâne. Lavi est là ?

-Nan, il est partit tôt ce matin, comme toujours, désolée.

-Pas grave !

Au contraire, même… Pensai-je.

-Bon, on va pas rester dehors dix plombes Moyashi ! Grogna Kanda.

Je décidai de ne pas lui répondre, restant tourné vers Road.

-Est-ce que tu peux m’ouvrir, s’il-te plait ? J’ai oublié mes clés et comme Lavi n’est pas là…

-Pas de problème ! Sourit gaiement la fillette, je vais la demander à tonton !

Elle disparut à l’intérieur du bâtiment en un coup de vent avant de revenir, tirant par la manche de son pull blanc élimé l’adulte dont elle parlait.

-Salut Allen ! Sourit-il.

-Bonjour Joyd.

Un mégot au coin de sa bouche, ses yeux cachés derrière ses grosses lunettes aux verres en spirale, les cheveux bouclés en tout sens, Joyd ne payait pas de mine. Certes. Et pourtant, je peux vous assurer qu’il pourrait avoir toutes les filles qu’il voudrait, rien qu’en enlevant ses lunettes !

-Road m’a dit que tu avais oublié tes clés ? C’est ballot… Heureusement que j’ai les miennes, hein !

Je lui adressai un sourire de remerciement. On pouvait vraiment compter sur lui.

-Merci beaucoup.

On allait entrer tous les deux, avec Road, mais je me fis harponner le bras.

-Alleeeen… Je peux venir avec toi, dis ?

Je soupirai face au regard de chien battu qu’elle me lançait.

-Bien sûr Vic’, viens donc.

-Cool !

Son frère et elle échangèrent un regard, telle une conversation silencieuse, avant qu’elle ne relâche mon bras en souriant largement. Elle souriait largement, et semblait prête à sautiller partout. Ce qu’elle aurait sûrement fait si nous avions été à la maison.

-Tu t’es trouvé une petite-amie ? Susurra Road en engloutissant une sucette violette avec une spirale rose.

-Hein ? Quoi !

Je virai au rouge poivron instantanément, alors que le rire de Joyd tintait à mes oreilles et que Vichina semblait lutter pour ne pas faire de même.

-Mais pas du tout !

-Allen va vivre chez nous ! Lança-t-elle.

Un silence se fit dans la cage d’ascenseur, suivit d’un innocent « Bah quoi ? » de la miss.

-C’est pas ce que vous croyez, débutai-je piteusement.

-C’est géniiial Allen ! Se mit à crier Road.

-Je suis fier de toi, vieux, déclara Joyd.

Et ainsi de suite, jusqu’au 7° étage où se trouvait l’appartement.

Le fumeur ouvrit tranquillement la porte à l’aide de son trousseau de passe-partout avant de repartir, tirant Road à sa suite qui me salua d’une manière désinvolte.

-Ils sont sympa ! Déclara mon amie.

-Joyd est le concierge de cet immeuble, il garde Road quand son frère travaille et qu’elle a fini ses cours.

-Elle est mignonne.

-Elle peut devenir casse-pied très vite, mais oui.

Je lui fis signe d’entrer. Je me dirigeai directement vers la chambre, m’attendant à… à un peu plein de choses, en fait, tandis qu’elle faisait le tour du propriétaire. Elle « repérait ». Peut-être voulait-elle ainsi découvrir le nouveau Lavi. Essayer d’en connaître un peu plus sur son ancien amour… Qu’en sais-je ?

De mon côté, j’étais assez rassuré : je craignais qu’il ne se soit pris à mes affaires, particulièrement celles sentimentales et personnelles. Heureusement, il n’en était rien.

Vichina revint vers moi après sa petite promenade, et m’aida à emballer mes affaires.

Et, effectivement, l’aide des garçons ne fut pas totalement inutile, même si on avait finalement vu un peu trop grand avec les véhicules, mais bon, comme disait Vichina, on aurait pris plus petit et on se serait bien trouvé, tiens !

Mais bon, passons.

Au moment présent, je suis coincé avec Yû, Daysia s’étant éclipsé un peu plus tôt. Tiedoll nous avait proposé à tous deux de faire chambre commune, histoire que la jeune fille ne reste pas éternellement sur le canapé, les garçons ne pouvant pas l’accueillir toutes les nuits non plus, question d’intimité.

Alors, me voilà à tenter de me faire oublier, un Japonais fulminant dans un coin. Et j’ai sacrément peur… Pourquoi est-ce que son regard n’arrête pas de faire un aller-retour de sa lame à ma personne ? J’ai très très peur…

Je ne pus m’empêcher de frissonner sous son regard transperçant mon dos. Pitié, à l’aide !

Je rangeai mes affaires dans le placard dont Kanda m’avait cédé la moitié. J’étais tellement tendu que j’avais l’impression que mes muscles crissaient à chaque mouvement. Je sursautai au moindre bruit, aussi minime soit-il. Particulièrement le bruit de chute dans les escaliers de la part de Tiedoll. À ce moment-là, je crois bien que j’aurais pus éclater en sanglot, persuadé que j’étais que ma mort allait bientôt survenir.

-Hey, les gars, vous avez s…

Je ne lui laissai même pas le temps de finir sa phrase que j’allais me cacher dans son dos.

-Kanda, sois un peu plus ouvert, voyons ! Tu terrorises ce pauvre petit, le gourmanda gentiment Tiedoll en le sentançant du doigt.

Euh… Il compte vraiment lui faire peur, là ?

J’échangeais un regard avec Daysia qui se contenta de soupirer.

Eh oui, c’était toujours comme ça.

Je suis chez des fous. Au secours.

Devant moi, Kanda grommela je-ne-sais-quoi, mais il n’avait pas l’air plus convaincu que ça. Et dire que j’allais devoir dormir avec un truc pareil… Je devrais peut-être aller faire mon testament, moi…

Laisser un commentaire