Winters était un homme solitaire. Il n’aimait personne et personne ne l’aimait.
Il s’intéressait à peine aux exorcistes dont il avait la charge, se moquant de ceux tombés au combat.
Pour lui, la vie était un combat dont la maxime était « manger ou être mangé ». C’était un peu cliché, bien sûr, mais on ne se retrouvait pas dans le couloir de la mort avec une bête escroquerie.
Il avait apprécié ce moment, pouvoir être seul, enfin. Mais quand un maréchal s’était présenté à lui et lui avait parlé d’innocence et de compatibilité, il avait pris cette chance et avait accepté le marché : devenir exorciste et avoir la vie sauve.
Évidemment, ça ne s’était pas fait tout seul et il y avait toujours des suicidaires pour le mépriser du regard et cracher sur son dos. Selon leur statut, il pouvait soulager la Terre de leur existence. C’était dans le marché établi entre la Congrégation et lui.
Son existence faisait partie des sujets à débat, avec les femmes exorcistes et leur uniforme…
Malgré qu’il obéissait aux ordres et ne créait pas de vague, il était toujours surveillé et interrogé par l’Administration centrale. Et, plus encore, son heaume.
Seule possession personnelle, il l’avait emporté avec lui puis fut forcé de le confier à la section scientifique de l’époque afin de faire de son masque signature une laisse, son port devrait supprimer ses pulsions en général, et celles meurtrières en particulier.
Il aimait le porter, en souvenir de son ancienne vie et parce qu’il aimait inspirer la crainte lorsqu’il se déplaçait, mais devoir le retirer lors de ces combats ôtait tout le plaisir qu’il ressentait d’ordinaire.
Par contre, les pulsions reçues de plein fouet étaient enivrantes et les sensations plus renversantes encore.
Un véritable Nirvana, et cautionné par le Vatican lui-même ! Ou, du moins, à leur insu…
