Kanda fuyait la moindre marque d’affection. Étrangement, il se retrouva à donner des surnoms à Lavi et Allen.
Rien d’amical, bien évidemment, il ne fallait pas trop lui en demander, mais, aussi insultant pouvaient-ils être, ça restait des sobriquets !
Le personnage d’Allen était une énigme pour lui, trop poli, trop propre sur lui… Et cette chevelure blanche, cette immonde cicatrice, ce pentacle…
Comment pouvait-on faire confiance à ce clown ?
L’Administration centrale faisait preuve de faiblesse pour le laisser se promener librement…
Ce fut pire encore lorsqu’ils partagèrent une mission, découvrant un cœur trop large pour le destin d’exorciste.
Récupérer l’innocence. Tuer l’Akuma. Et – peut-être – sauver les otages. Et les Traqueurs possibles.
C’était la manière de faire, normalement. Pas de service après-vente, d’assurance remboursement si pas satisfait.
Mais non. Monsieur avait le complexe du héros. Monsieur voulait sauver la veuve, l’orphelin et le meurtrier !
Monsieur le faisait sacrément…
Et dans son sillage, des changements s’opérèrent, bousculant l’ordre établi sans vergogne.
Dans ces moments-là, Yū se sentait l’âme vieille, à râler sur le bon vieux temps et sur les modifications amenées par un p’tit nouveau plus jeune que lui.
Ce n’est pas qu’il dépréciait tout ce chamboulement, certains avaient des avantages, mais il se serait passé de la venue de Luberrier car il en résultait que Lenalee ne décollait plus de lui, le suivant telle une ombre, ce qui plaisait moyennement à son aîné et provoquait des blagues salaces parmi les Traqueurs.
Foutue pousse de soja…
