Lorsqu’ils faisaient sa rencontre, la plupart des gens se faisaient la même réflexion : cet enfant avait l’air si fragile.
Après, selon l’individu, la suite pouvait varier sur l’apparence de son bras, la cicatrice et le pentacle surplombant son œil, ou encore la couleur de ses cheveux.
Mais rien ne différait sur leur premier coup d’œil.
Pour tout un chacun, Allen Walker était fragile.
La plupart restait sur cette idée puis l’oubliait. La minorité restante, constituée aussi bien d’amis, d’ennemis que de collègues de travail, avait plutôt à le sous-estimer, oubliant ou ignorant toute la puissance endormie dans le corps de ce frêle jeune homme.
Et Allen les laissait faire.
Il y avait quelque chose d’agréable dans leur surprise dès qu’il utilisait son innocence ou démontrait ses capacités d’acrobate. C’était plus facile de laisser les autres prendre des décisions pendant qu’il choisissait seul.
Du moins, ça l’était, jusqu’à ce que l’existence du 14e soit dévoilée, qu’il prouve pouvoir contrôler l’Arche et que l’administration centrale ne lui tombe sur le râble.
Pour Leverrier et ses sbires, Walker n’était pas fragile. Il était fourbe.
Cette toute petite différence chamboula l’exorciste. Pour la première fois, on se méfiait de lui plutôt que de le comparer à un chiot perdu !
Mais il n’y eut aucune satisfaction à cette réflexion. Certes, il avait été étiqueté comme « dangereux », mais ce n’était pas vraiment lui. Allen Walker n’était plus qu’un véhicule dont l’hôte se faisait éternellement attendre, une poussière sur le chemin de la gloire et de la destruction.
Mais qui pourrait vraiment dire où Allen s’arrêtait et où Neah commençait ?
