Vakarieniauti [Hannibal + Hetalia - Axis Power]

Vakarieniauti – 3/?

Héraklès fit la rencontre du Dr Hannibal un peu par hasard.

Malgré que sa carte de visite soit passée approximativement dix fois à la machine à laver, au fond d’une de ses poches, il n’avait jamais fait l’effort de décrocher le téléphone pour le contacter.

Peut-être par paresse, procrastination ou par crainte.

Même si il savait ô combien pourrait être libérateur des séances de thérapie, il avait tendance à y aller à reculons.

Bon, le fait que le dernier était un crétin obtus et intolérant au possible n’aidait sans doute pas…

Il s’était alors promis de se renseigner sur ses praticiens, la prochaine fois.

Mais Héraklès ne se voyait pas demander à Jack si le Dr Lecter était « pan-friendly », en s’assurant qu’il ne croit pas qu’il l’interrogeait sur son amour des batteries de cuisine.

Alors, quand le psychiatre lui fut présente, il se ferma presque automatiquement, ce qui ne parut pas l’émouvoir.

Une poignée de mains fut échangée avec quelques banalités, mais ils eurent rapidement à se détourner l’un de l’autre. La soirée était suffisamment somptueuse pour les séparer.

Ils se croisèrent à nouveau au buffet où le professeur fixait les vins comme si ils l’avaient insulté.

– Besoin de conseils ? Se proposa une voix à sa droite.

– Plutôt d’un café, si je veux tenir le reste de la nuit, mais vu la grimace méprisante du serveur, il ne me reste plus que les fonds de bouteille.

Il se servit au hasard en ayant une pensée pour son cousin œnologue qui avait tenté d’éduquer son palais.

– Vous cherchiez quelque chose, Dr Lecter, ou vous surveillez les bouteilles de vin ? Lança-t-il.

Définitivement, il n’aimait pas ça.

– Il se trouve que vos collègues m’aient énormément parlé de vous, je pensais plus juste de continuer avec vous.

Héraklès ne répondit pas, tout entier à son verre.

– Vous êtes professeurs à l’académie du FBI, de ce qui m’a été rapporté.

– Professeur de sport. Et vous êtes psychiatre. J’ai aussi fait mes fiches.

Il n’était pas fan des fouineurs.

Le reste de la réception fut assez floue. Que ce soit due au vin ou à la somnolence, il n’en savait trop rien. Bieke l’avait sortie d’une crise de narcolepsie et l’avait guidé jusqu’à un balcon où il leur avait nommé les étoiles pour lui faire plaisir. Ils avaient alors débattu sur les mythes qui y étaient reliés avant qu’elle ne finisse presque par s’endormir sur son épaule.

– Intéressante conversation, si il en est.

Pas de sursaut mais un regard furieux, contraste saisissant avec sa nonchalance habituelle.

– Je ne vous espionnais pas, se défendit l’intrus. J’étais juste sorti prendre l’air, à la base.

– Et vous avez perçu le chant des sirènes ? Répliqua-t-il narquoisement. Je vous rassure, je ne vous dévorerai pas, la chair humaine n’est pas à mon goût. Bonne soirée Dr Lecter.

Et sans un regard supplémentaire, il quitta le balcon, embarquant son amie avec lui.

Il a tôt fait de passer au vestiaire récupérer leurs affaires et de quitter les lieux. Il avait des cours à donner dans quelques heures.

Resté seul, Hannibal n’eut plus à cacher son amusement.

La chair humaine n’était pas à son goût ? Il n’avait juste jamais été invité à un de ses célèbres dîners. On verra bien si il n’allait pas changer d’avis !

Le psychiatre fit rouler ses articulations afin de ne pas briser son verre. L’inconvenance et l’impolitesse de ce professeur lui avaient donné des pulsions meurtrières.

Machinalement, il l’ajouta à son répertoire mental.

Il n’y avait plus qu’à prendre son mal en patience. Et, ça tombait bien, la patience était une fleur qu’il cultivait avec délicatesse.

De son ouïe affûtée, il n’eut aucun mal à percevoir le moteur ronronnant quitter les jardins et disparaître sur la route.

Une nouvelle proie était entrée dans l’arène.


Sa voix basse résonnait sur le terrain alors qu’il invitait les élèves à donner de leur mieux.

Il allait bientôt falloir leur distribuer des notes. Ça l’épuisait d’avance…

Comment pouvait-on déterminer ce que valait quelqu’un, avec toutes ces données à prendre en compte ?

Cette facette de son métier était vraiment ce qu’il aimait le moins. Et il ne pouvait pas gonfler les notes, ce serait beaucoup trop risqué pour ces futures recrues du FBI !

Avec un soupir las, il actionna le sifflet, marquant la fin de la course. Les étudiants le rejoignirent à leur rythme, la plupart essoufflé et suant.

Il donna les temps de chacun, rappela ceux des évaluations et corrigea quelques-uns, avant de leur sourire et de leur souhaiter un bon week-end.

Quelques-uns restèrent afin de poser des questions – il eut même une déclaration très embarrassante – mais la promesse de temps libre resta plus forte qu’un esprit studieux.

Lorsqu’il se retrouva seul sur le terrain, il lâcha un soupir bruyant.

Enfin le week-end ! Lui aussi l’attendait avec impatience, fallait pas croire ! Au fond, les professeurs étaient toujours des étudiants.

Machinalement, il jeta un coup d’œil à sa montre. Il avait encore le temps, si il se dépêchait un peu, pour ranger le matériel.

Et, à l’heure dire, pas une minute de retard ou d’avance, son mobile sonna, s’éclairant brièvement d’une photo représentant une femme aux traits semblables aux siens et d’une brève mention « Eurydice Karpusi » suivie d’une émoticône de chat.

Les détails sont importants.

Sans marquer la moindre hésitation, il décrocha et sourit aussitôt.

Discuter avec sa mère lui allégeait toujours le cœur. Elle avait un ton léger et une humeur contagieuse qui lui éclaircissait ses journées les plus sombres.

Et les dieux savent ô combien il avait pu en avoir besoin lors de nombreux questionnements que la vie avait soulevé tout au long de son parcours.

– Ralentis maman, je comprends plus rien, rit-il de bon cœur.

Essoufflée, elle joignit son rire à celui de son fils. Elle avait tant de choses à raconter ! Ce n’était pas de sa faute si les mots étaient si longs, elle se devait de les raccourcir !

À pas peu pressés, il quitta à son tour le terrain, toujours au téléphone, sortant la clé de sa voiture afin de pouvoir rejoindre sa petite maison.

Située à l’extérieur de la ville, il la partageait encore récemment avec une vieille dame qui récupérait les animaux errants sans distinction, avant que la maladie et sa famille ne la fassent quitter cette vieille bicoque, l’y laissant seul avec une décoration dépassée et une collection de gamelles vides.

Il avait poursuivi la « tradition », ce qui avait paru satisfaire son ancienne propriétaire les quelques fois où il avait téléphoné pour prendre des nouvelles.

Et c’est donc entouré de son régiment de chats qu’il salua sa mère et raccrocha. Ce fut presque un signal pour eux et ils s’empressèrent de réclamer caresses et attention à grands cris plaintifs et frottements insistants.

– Qu’est-ce que vous avez, aujourd’hui ? Vous êtes bien quémandeurs…

Évidemment, il n’obtint aucune réponse.


Un nouveau meurtre eut lieu. Une nouvelle mise en scène. Une autre peinture.

Et un peu plus d’admiration de la part du professeur de sport lorsqu’il fut sur la scène de crime, bousculé par les agents des différentes fonctions, occupés à relever les preuves et à photographier.

– Professeur Karpusi, vous avez fait vite.

L’air renfrogné de l’agent Crawford s’était accentué à l’arrivée du jeune homme, à l’amusement discret de son équipe.

– C’est pour éviter que vous me reprochiez le contraire, rétorqua-t-il sur un ton plat.

Malgré le tour de chauffe, les attaques cessèrent net et il énonça les quelques informations à leurs connaissances.

– L’œuvre a déjà été reconnue ?

– Non, on contactera un spécialiste au retour dans les bureaux.

Escorté de Beverly, Héraklès s’approcha de la scène macabre et ferma les yeux, s’imprégnant de l’atmosphère.

La magie allait opérer.


L’odeur chaude du café envahissait peu à peu la cuisine alors que l’eau traversait le filtre.

Les néons avaient été coupés au profit de la lumière naturelle, apaisant les sens exacerbés du jeune professeur qui se massait les temps avec peine.

Il s’était réveillé avec une migraine niveau stade de foot et elle ne s’était toujours pas apaisée. Heureusement qu’il n’avait pas à tenir ses cours, aujourd’hui, ç’aurait été juste impossible de gérer les étudiants avec cette impression formidable d’avoir une fanfare dans le crâne…

Il n’avait rien fait de particulier la veille, n’avait pas bu comme un trou ou assisté aux vocalises de la voisine – elle avait une voix atroce. Non, il s’était contenté de nourrir le troupeau de chats puis avait filé se coucher, mettant son esprit en pause.

Mais il avait dû continuer de mouliner durant son sommeil, et voilà le résultat : une migraine. Et une bonne.

Et absolument rien pour l’apaiser, il avait fini ses réserves de plantes à la dernière crise. Espérons que le café sera utile.

D’un pas pesant, il s’installa à sa petite table de cuisine avec sa tasse à la main et le dossier du cas actuel dans l’autre.

Il y avait meilleure lecture au saut du lit mais il avait laissé son journal dans sa chambre et là, il ne se sentait pas d’y retourner, pour le moment.

Faute de grives, on mange des merles.

D’un air maussade, il scruta les photos de la mise en scène de la veille, dans l’espoir qu’elles prennent vie et lui racontent tout, des circonstances au meurtrier.

Mais non, elles restèrent muettes et figées. Des photos classiques, quoi…

Il se prit la tête en poussant un gémissement alors que sa migraine paraissait prendre de l’ampleur. Il repoussa alors les dossiers et vida la cafetière avec espoir.

Bon, c’était peine perdue…

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