-Je veux pas y aller. Non non. Je ne veux pas.
Comme tout les matins depuis lundi, Ikki regrettait d’avoir gagné contre Hadès. Si celui-ci avait remporté la victoire, il aurait juste souffert le temps imparti dans les glaces du Cocyte. Rien de bien grave, au fond, même si il n’était pas un grand habitué de la glace, contrairement à Hyôga et son maître. Mais là, il était obligé de se lever pour dispenser un cours d’une matière qu’il connaît pas et tout ça juste parce que Saori -non, Athéna- souhaite savoir si tout est redevenu stable.
Résultat, il a passé la veille à converser avec l’ondine qui garde l’entrée de ses appartements et la moitié de son temps libre dans la bibliothèque. Mme Pince était assez bizarre, au passage.
Et pour le moment, le chevalier du phœnix était devant son petit-déjeuner qu’il prenait dans le salon, juste après ses exercices matinaux commencés quelques heures plus tôt.
-Je veux rentrer au Sanctuaire et aller me bourrer la gueule avec Jabu, embêter June et Sheena en leur piquant leurs masques, je veux aller saluer mon petit-frère et m’assurer que Rhadamanthe ne lui fait pas de mal, je veux faire un tour en moto et vivre dehors, je veux…
Ses yeux se posèrent sur l’horloge murale. Merde.
-Je veux pas être en retard ! S’écria-t-il en sautant dans son pantalon et ses chaussures, attrapant sa sacoche de la main et sa chemise de l’autre.
Dévalant quatre à quatre les escaliers de pierre, il parvint jusqu’à sa salle de classe où ses élèves patientaient tranquillement. Son arrivée fit grand silence, et il s’empressa d’enfiler sa chemise avant de glisser la clé dans la serrure. Les regards des filles sur ses abdos n’étaient certes pas déplaisants, mais ils donnaient froids dans le dos, quand même.
-Bon, je m’appelle Ikki. Si j’ai bien compris, je vais devoir vous donner des cours sur ce que vous savez déjà, donc je vais peut-être passer pour un idiot aux yeux de certains, alors vous avez intérêt à fermer vos gueules. À la moindre moquerie en rapport à ça, je lui fais découvrir la stratosphère. Capiche ?
Être resté aussi près de DeathMask, ça laissait des traces, il allait sans dire.
-Vous avez des questions ou je peux commencer tout de suite le massacre ?
-Il paraîtrait que vous n’avez aucun pouvoir sorcier, commença une Serpentarde. Vous êtes un moldu ?
-Quoi ?! Je ne suis mou de nulle part !
-Un être sans pouvoir magique, un non-sorcier, fit gentiment Hermione.
-Tch.
Il regarda un à un ces jeunes adultes qui le regardaient un peu comme à un spectacle.
Il alluma son cosmos en l’accompagnant d’un sourire narquois.
-Vos tours de passe-passe, ils ont peut-être de la gueule, mais rien ne vaut la vraie force brute.
Il sortit la leçon du jour de sa sacoche sans faire attention aux murmures surexcités qui fusaient au travers des élèves.
-Mais il a fait quoi exactement ?
-Je ne sais pas trop, je n’ai jamais vu un tel phénomène, et je n’ai rien trouvé de semblable.
-Non, il existe des choses que tu ne saches pas ? S’étonna son petit-ami.
Elle se contenta de le snober, ne voulant pas stupidement perdre du temps à le sermonner sur ses manières.
-Ça s’appelle le cosmos, fit une voix derrière eux.
Le trio d’or se retourna pour faire face à leur nouveau professeur qui semblait chargé comme un mulet de livres en tout genres.
-Vous pourriez m’indiquer la bibliothèque ? Je crois bien m’être perdu.
-Bien sûr ! S’exclama Hermione vite remise de sa stupeur. Suivez-moi.
-Merci, c’est un vrai labyrinthe ce château ! Le Sanctuaire a au moins cette praticité d’être dégagé. Je ne sais pas trop lequel des deux plans est meilleur lors d’une attaque.
Il marqua une pause, semblant réfléchir et remit en place un livre ayant glissé.
-Je préfère encore le Sanctuaire, c’est plus réfléchi.
Hermione était toutes oreilles dehors, voulant glaner le plus de pistes lui permettant d’accéder aux informations sur l’homme à ses côtés.
Harry écoutait lui aussi, mais plus pour tenter de se faire une opinion sur la personne.
Ron réfléchissait dans son coin. Il cherchait si il n’avait jamais entendue parler de ce Sanctuaire dont le professeur ne cessait de faire allusion.
-Oh monsieur Ikki ! Vous rendez déjà tout ces livres !
-Eh oui madame Pince.
-Vous pouvez m’appeler Églantine, vous savez.
-J’y penserai, dans une autre vie peut-être, marmonna-t-il.
Il laissa les livres sur le comptoir de la bibliothécaire qui lui assurait qu’elle allait les ranger.
-Je rêve ou elle me draguait ? finit-il par demander aux trois Gryffondors à ses côtés.
-Eh bien… Comment dire ?
-Ouais, lâcha Ron.
Le visage d’Ikki verdit subitement et il sembla près de la nausée.
-Je crois que je vais me recoucher, tiens.
-Professeur, vous cherchez quelque chose de précis ? Voulut savoir la jeune fille, n’y tenant plus.
-En quoi ça vous regarde ?
-Hermione connaît la bibliothèque comme sa poche, je suis sûr que si vous lui donnez le titre d’un livre, ou juste le contenu, elle vous le retrouvera.
La concernée piqua un violent fard, peu habituée à un tel compliment détourné.
-Je ne cherche rien de particulier, finit-il par grogner en enfouissant ses mains dans les poches. J’essaye de comprendre dans quel monde je viens de fourrer les pieds, et de comprendre autant les sujets de conversations des autres profs que celles des élèves.
-Vous n’êtes vraiment pas un sorcier ?
-Aucunement, je l’ai dit lors de mon cours ce matin. Votre connerie de magie, elle sert à que dalle. Si vous vous retrouvez sans baguette, vous êtes morts. Pire qu’une tortue sur le dos.
-Et vous alors ?! Sans votre « cosmos », vous êtes quoi ?
-Je suis encore vivant, renchérit-il en sortant ses poings des poches et en adoptant une garde assurée.
Il défia Harry du regard. Un regard où tout les combats qu’il avait du mener tout le long de sa vie transparaissaient. Et ça fit frissonner le jeune homme.
-Je vous laisse, j’ai encore un cours à donner. Je crois que nous nous revoyons lundi, non ?
Il n’attendit pas de réponse et sortit de l’antre aux livres en saluant sa propriétaire qui en rosit de joie.
-Ah ! Je vois que vous avez parlé aux elfes ! S’exclama le professeur de potion à son voisin.
Ce dernier le regarda avant de lâcher un grognement puis de revenir à son petit-déjeuner.
Il avait dû écourter sa séance de musculation matinale suite à une entrevue avec la directrice. Il allait devoir rattraper et il détestait remettre à plus tard ces sessions. Peut-être que si il se dépêchait…
Il lui fallut moins de dix minutes pour engloutir son repas et quitter la grande salle pour exécuter son plan.
