Fionna aspergeait les phalanges martyrisées à l’alcool.
Elle pouvait y vider la bouteille, ce n’était pas un produit qui manquait, par ici.
Bubbs grimaçait à peine, tenant ses mains loin de lui pour ne pas tâcher son pantalon. Il avait déjà bien assez souffert comme ça.
– Par contre, tu t’démerdes pour panser tout ça, prévint la jeune fille en finissant le flacon d’un mouvement de tête.
– Ouais, ouais.
Remuant ses mains pour se débarrasser de l’excès de liquide, il se releva.
– J’aurais qu’à utiliser une de tes jupes. C’est pas comme si tu les mettais beaucoup, ricana-t-il.
Il n’esquiva même pas l’objet, sa peau amortissant sans mal l’impact.
– Qu’est-ce que t’as encore foutu ? Finit-elle par demander.
Extirpant de vieux bandages salis des poches minuscules de son pantalon hyper moulant, l’ancien prince les enroula autour de ses doigts.
– Des crétins de miliciens ont voulu faire du zèle. Ils ont bouffé mes poings. Elle est passée où, l’allumette ?
– Elle crame les preuves.
– Je risque rien.
– Tant que t’es dans le No man’s land, ouais. Mais si tu sors…
– Sortir ? Pour aller où ?
Un silence gênant aurait pu s’installer si l’élémentaire de feu n’était pas arrivé, tirant sur la planche servant de porte.
– Va peut-être falloir se calmer, Bubbs. Y’a vraiment que toi pour sauter à la gorge d’humains armés. J’en ai marre de brûler des cadavres. J’attire les affamés.
– Ils voulaient me bouffer, râla-t-il en réponse.
– Ç’aurait pas été les premiers.
– Pas sans paiement.
– Sale bête.
S’avançant, Phoibos balança un tas de viande enveloppé dans un vêtements, d’où s’échappait un délicat fumet.
– Le dîner est servi.
