Harry James Potter, pupille de la nation [Harry Potter + Hetalia]

Harry James Potter, pupille de la nation – 4/?

Arthur soupira alors qu’il parvenait à la fin de sa tâche administrative.

Des siècles à s’user les yeux sur l’écriture à la plume et finalement ce sera l’écran des ordinateurs qui lui fera perdre la vue !

Il repoussa ses lunettes et s’offrit une tasse de thé.

Le silence était quasiment assourdissant, c’est ce qui l’avait marqué le premier jour. Il avait attendu le départ du Poudlard Express pour quitter la gare, avait fait un tour au palais royal puis était retourné dans le vieux manoir victorien qu’il avait acheté à Londres à la fin de son ère de piraterie.

À la base, c’était pour avoir un endroit où revenir, entre deux pays colonisés, puis ce fut dans l’idée d’y accueillir tous ses enfants adoptifs…

Et, un matin, il s’était réveillé, pris à la gorge par ce sentiment de solitude.

Il était seul. Et il l’avait toujours été, repoussant ceux s’approchant.

Alors, il s’était accablé de travail, sortit tous les soirs, avait repris les disputes fraternelles… Il n’avait plus une minute à lui, plus une seule pour réfléchir à ce vide en lui.

Mais tout stratagème a une fin et il finit par écumer les bars, mettant à l’épreuve sa résistance naturelle à l’alcool.

Puis, un jour, il fut convoqué par la Dame de fer au 10, Downing Street pour une affaire secrète. Il eut beau se noyer de savon et user de tous ses sorts contre la gueule de bois et autres permettant de donner une meilleure apparence, mais Maggie parut voir à travers et eut un rictus peu convaincu qui s’effaça lorsque le feu nourrit de la cheminée vira au vert.

Une femme de taille moyenne en surgit, tituba et se rattrapa au manteau de la cheminée, serrant contre elle une balle de chiffon.

– Bonzoir !

Arthur finir par reconnaître la ministre de la Magie, Millicent Bagnold, avec la cape de travers et son brushing à la Tatcher, qu’elle avait adopté après sa rencontre avec la première ministre lors de son institution, sans doute dans l’espoir de se faire apprécier d’elle dans ce monde si masculin…

– Zelui-dont-on-ne-doit-pas-prononzer-le-nom est mort ! Youpi ! Déclara-t-elle joyeusement.

Ses grands mouvements permettaient aux deux autres personnes présentes d’apprécier les relents aigres du houblon. Ils reculèrent, par sécurité.

– Et za… za, z’est grâze au petit Po… Potter ! Il a tué le zorzier zombre !

Elle se prit les pieds dans le tapis et tomba miraculeusement dans un des fauteuils présents.

– Est-ce pour cette raison que les médias et la police sont submergés d’appels paniqués ? Grinça Margaret Tatcher.

Elle avait les ivrognes en horreur. Surtout dans son salon ministériel.

– Voui. La guerre est finie ! Za vaut bien quelques bêtizes, non ?

Elle préféra se détourner et fixer la nation Britannique. C’était à lui de gérer ces satanés sorciers ! Elle, elle avait juste à souffrir leurs vœux, une fois par an.

Arthur grimaça et avança d’un pas vers elle.

– Donc vous voilà libres de l’empire de ce mégalomane. C’est plutôt une bonne nouvelle… déclara-t-il prudemment.

Une femme ivre et usant de la magie… il avait déjà donné, merci…

– Z’est une exzellente nouvelle !

Elle étouffa un nouvel hoquet et berça machinalement le paquet dans ses bras.

– Et vous êtes là, car…?

Il était deux heures du matin, la semaine avait été épuisante en tractation politique. Dans quelques heure, l’indépendance d’Antigue-et-Barbude sera à la une des infos, et ça n’avait pas été réalisé juste avec une partie de cartes.

– Les Potter zont morts, sanglota la ministre. Et le petit Harry est tout zeul ! Il a pu… pu de famille… Zon parrain est un… méchant meurtrier, hic !

Ça allait prendre son temps, mais ils allaient avoir le fin mot de l’histoire. Par contre, ils ne pourraient pas se recoucher avant le soir-même… Le café allait couler aujourd’hui.

– Il est tout zeul… Z’est trop trizte…

D’un accord silencieux, ni Arthur ni Margaret ne s’approcha de la sorcière qui était secouée de sanglots depuis une poignée de minutes. Lorsqu’elle s’apaisa enfin, il reprit la parole.

– Très triste, en effet. Vous souhaitez sur nous contactions les services sociaux ?

– Vous… vous feriez za ? Non, non ! Nous ne pouvons pas abandonner le Zurvivant parmi les moldus ! Z’est notre héros nazional !

– Mais que nous voulez-vous, à la fin ?! S’énerva finalement la première ministre, perdant patience.

– Vous… vous devez z’occuper du pet… petit Harry. Le temps de trouver un tuteur. Les dépenzes zeront rebourzées par Gringott’z.

Elle tendit un parchemin à l’air officiel où était rédigé la promesse financière ainsi que la présence de sceaux et de signatures.

– Monsieur Kirkland, je vous en confie la charge, dans ce cas, décréta-t-elle.

– Quoi ? Mais pourquoi moi ?

– Vous avez l’habitude des enfants.

– Vous aussi ! Vous êtes mère, même !

– Je n’ai pas le temps et ce serait un suicide politique. Je ne suis en poste que depuis deux ans.

Face à cette mauvaise foi, il préféra cesser d’argumenter. C’était un concours beaucoup trop familial pour qu’il y prenne plaisir. À la place, il s’approcha de nouveau et tendit les bras en direction de ce qui devait être un bébé emmailloté. Il devait dormir sacrément, malgré les gesticulations qu’il subissait.

Mais contre toute attente, Bagnold refusa, reculant la balle de chiffons hors de sa portée.

– Ah nan ! Débrouillez-vous, mais z’est à moi ! Allez en prendre la vôtre !

Et sous les yeux ébahis de la nation, une bouteille au verre sûrement renforcé par magie fut dévoilée parmi les tissus. Aucun bébé, juste de l’alcool.

À l’odeur, du rhum à la groseille. De sacrés souvenirs…

– Où avez-vous caché le bébé ?! Cingla Maggie.

Elle s’était rapprochée quand son compatriote avait découvert le flacon.

– Mais quel morceau ? Hoqueta la sorcière avant de reprendre une lampée de sa boisson.

– Harry Potter ! Vous êtes venus nous parler de lui et nous le confier ! s’énerva-t-elle.

– Ah bon ? Z’est bizarre…

Sentant l’énervement flamboyer, Arthur attrapa la politicienne par les épaules pour la repousser et l’apaiser.

– Vous voulez que je me calme ? Murmura-t-elle avec rage. C’est une blague, j’espère ? Un enfant est dans la nature ! Un orphelin !

– J’en ai conscience, Madame la première ministre. Mais, croyez-moi sur parole, il ne faut jamais mélanger un haut niveau d’alcool et l’utilisation de la magie. Et si elle se sent en danger, elle sortira sa baguette. Respirez.

Il se retourna auprès de la ministre soûle.

– Qu’est devenu Harry Potter ?

– Le… le directeur Bubbledore. Il ze charge de lui pour le moment.

– Bubble… Dumbledore ? Je vous expliquerai, ajouta-t-il à l’intention de la locataire des lieux.

– Voui. Dumb… lui. Il l’a emmené à Pou… Pou…

– Poudlard.

Il soupira en se frottant la nique. Interroger les poivrots n’étaient pas son sport favori.

– Quand aurons-nous la charge du jeune Potter ?

– Ze zais pas. Quand Bubbledore vous fera zigne, ze penze. Z’est un grand zorzier, vous zavez…

Elle garda le silence un moment, hébétée, puis se leva, repoussant la nation.

– Ze dois rentrer, maintenant. Une nouvelle aube ze lève !

Millicent Bagnold ne leur donna pas le temps de réagir qu’elle disparut à travers les flammes vertes de la cheminée, laissant derrière elle une multitude de questions surtout la plus importante : où était Harry Potter ?


– J’adore l’ambiance de votre salle commune, bâilla Hermione.

– C’est ce qu’on voit, oui, rit doucement Harry.

Si à la base, ils s’étaient réunis pour leurs devoirs chez les Poufsouffle, la température élevée qui y régnait et le confort qu’on y trouvait avaient fini par gagner et bien vite la jeune Gryffondor s’était écroulée sur les épais coussins, soupirant de bonheur. Et elle n’avait plus bougé depuis.

– La nôtre est bien, mais l’atmosphère est différente. Comme… étouffante.

– C’est le rouge. Des études prouvent que c’est très mauvais en grosse quantité. En plus, ça augmente la libido.

Le nez plongé dans son « Just Seventeen » de l’automne, le jeune homme n’avait pas relevé la tête et avait ainsi raté l’empourprement magistral de ses amis à ses derniers mots.

Il biffa une nouvelle réponse d’un air appliqué.

– C’est quoi le sujet de ton test, cette fois ? Marmonna Hermione du fond de son fat boy.

– Mmh… « Quelle séductrice êtes-vous ?

– Ah… Et laquelle es-tu ?

– Je suis en bonne voie pour la « femme fatale ».

– C’est bien…

La voix d’Hermione se faisait de plus en plus laconique, preuve de son endormissement. Il n’en fallut pas longtemps pour qu’elle ferme enfin les yeux, happée par le sommeil à l’amusement de ses amis.

– Elle était vraiment épuisée, commenta Susan en passant à côté, des parchemins plein les bras.

– Oui, ça ne lui fera pas de mal de dormir.

D’un air satisfait, Harry claqua la langue contre son palais et biffa sa dernière réponse, calculant son résultat.

Une préfète passa à côté d’eux et, sans un mot, recouvrit leur amie d’une épaisse couverture invoquée.

– Ne vous couchez pas trop tard, les blaireautins, d’accord ?

– Oui madame, promirent-ils avec une innocence feinte.

La recommandation n’était pas anodine. Leur amitié était assez forte pour qu’ils oublient l’heure et leurs devoirs, et qu’ils restent ainsi à bavarder tard au point que que parfois il fallut le renfort de leur directrice de maison pour les envoyer au lit.

– Elle continue d’être embêtée ? Chuchota Harry en s’asseyant à leur table.

– Non, je crois que ça s’est calmé suite à notre… coup d’éclat, répondit Neville sur le même ton.

L’événement en question s’était déroulé quelques semaines auparavant.

Le professeur Chourave – mise dans la confidence – avait reçu une Beuglante lors du déjeuner. Cet événement en lui-même avait attiré l’œil des élèves. La présence royale de la célèbre Harfang des neiges de l’héritier Potter délivrant un parchemin d’un rouge quasiment bordeaux fut tout ce qu’il fallait pour qu’ils retiennent leurs souffles, attentif.

D’un geste adroit du poignet, elle le déroula et le parchemin prit de la hauteur au point de prendre la Grande Salle en témoin et non uniquement sa destinatrice présumée, créant un malaise.

Et la tempête se déchaîna.

« Nous, héritiers des nobles familles Abbot, Londubat et Potter, déclarons protection envers nos camarades et amis. Toutes moqueries et autres dégradations de possessions saura se faire payer en temps et en heure.

La famille Bones se joint à cette déclaration. Châtier et traquer ne nous fait pas peur. »

Pour clore tout en beauté, un trait de magie s’échappa de chacun des susnommés pour frapper la Beuglante qui prit alors feu dans un silence de mort.

Le sourire aux lèvres, la professeure de Botanique avait retiré ses cache-oreilles sous le regard choqué voir ulcéré de ses collègues. Elle aurait pu les prévenir !

– Vous avez déjà été prévenus. Ceci était l’unique et dernier avertissement, se contenta-t-elle de répondre avec un rien de défiance.

Et elle se servit en tourte.

La situation avait fait grogné plus d’un, les années supérieures réclamant des explications et le professeur Rogue leur retirant des points avec exagération durant deux semaines. Tout ce petit monde s’apaisa lorsque les préfets des jaune et noir prirent la défense des trois garnements, énonçant enfin la situation de leurs amis à Gryffondor, quasiment ostracisés pour ne pas correspondre à l’idéal de leur maison.

On garda de ce moment le conseil de ne jamais mettre un blaireau en colère. Ils avaient la baguette sensible et le professorat de leur côté.

Depuis, à défaut de s’être améliorée, l’ambiance s’était allégée et Hermione et Neville ne furent plus autant mis à l’écart mais c’était une façade et ils en avaient tous plus ou moins conscience.

Mais au moins, la crainte d’une visite à l’infirmerie était écartée, pour le moment.

– C’est bien si on a pu calmer le jeu. Je peux t’emprunter ton encre ? Finnigan a fait exploser la mienne…

– Seulement si tu nous racontes l’histoire derrière, gloussa par avance Hannah.

Trempant sa plume, Harry sourit et obtempéra, réécrivant son devoir au propre.

Lorsque les préfets revinrent de leurs rondes, ils ne furent qu’à moitié surpris de les découvrir encore sur place, bien que le sommeil les avait quasiment tous happés.

Attendris, ils réveillèrent les élèves et les envoyèrent à leurs lits avant d’être embêtés par la présence des deux lionceaux. Le couvre-feu ne leur permettait pas de les faire sortir seuls et ils commençaient à être fatigués.

Appelant leur directrice en dernier recours, ils ne furent guère surpris lorsqu’elle fit installer des lits supplémentaires dans les chambres de leurs amis. Ça tombait sous le sens mais eux n’avaient pas l’autorité pour le réaliser.

– Bonne nuit les enfants, les salua-t-elle avec bonne humeur.

Épuisés, les préfets lui sourirent et allèrent rejoindre leurs couches respectives.

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