Le cours de vol fut une grande surprise pour Harry.
En effet, il n’y connaissait rien, hormis son aspect d’outil ménager, et il se présenta au cours avec appréhension.
Mais quand l’engin prêté par l’école répondit au moindre de ses ordres et qu’une étrange sensation de courant électrique le traversa… ce fut comme un coup de foudre.
– Tu n’es jamais monté sur un balai ? Répéta avec choc Hannah. Ce n’est pas possible !
– Si, quand j’étais petit, pour m’amuser, mais c’était un balai en synthétique, un normal qu’on peut acheter à Tesco. Rien de magique. Ah, on va avoir de la compagnie.
En effet, ils croisèrent les Gryffondor et les Serpentard revenant du cours de Botanique, leurs amis se séparèrent des groupes pour les rejoindre.
– Salut vous trois ! Il y a un souci, Hannah ? Tu as l’air traumatisée… s’enquit Hermione.
– C’est parce que tu n’as pas assisté à notre cours de vol, soupira Susan. Harry a montré des compétences inattendues pour sa première chevauchée de balai.
– Tu n’avais jamais volé auparavant ?
– Jamais ! Enfin, jamais sur un balai, se corrigea-t-il. On va à la bibliothèque ? J’ai encore l’essai pour le cours de potion à finir…
Hermione l’attrapa par le coude pour chuchoter.
– Mais, je croyais que les Kirkland étaient un clan de sorciers ?
– C’est le cas, répondit-il sur le même ton. Mais ils n’utilisent pas de balai, ils les trouvent démodés et inconfortables. Ils savent ensorceler des moyens de locomotion comme des chariots ou ils ont des animaux avec capacité de voler. Mais la plupart du temps, ils préfèrent le confort des voitures modernes.
– Oh…
Elle le relâcha et se recula, réfléchissant.
– Vous avez vu quelle plante, aujourd’hui ?
Les mois de cours s’enfilèrent sans incidents notables, le niveau en cours de vol du jeune Potter interpella le professeur Bibine qui le reporta à Madame Chourave, pour la deuxième année. Les cours de potions se déroulaient dans un climat tendu, Serdaigle et Poufsouffle attendait avec appréhension l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres.
Deux à trois fois par semaine, lettres et colis parvenaient au jeune adolescent, de la part de son tuteur et de sa fratrie. L’événement n’en était un que par les animaux utilisés et il fallut plusieurs semaines pour que la curiosité s’apaise, principalement aidé par l’absence du garde-chasse Hagrid et par le fait qu’Harry se contentait d’un simple sourire pour réponse.
Même lorsque le majestueux Augurey d’Irlande surgit dans un fracas, poursuivant la fée minuscule de son frère, provoquant bon nombre d’hurlements parmi ceux connaissant le symbole de cet oiseau.
– De bonnes nouvelles ? S’enquit Hannah avec le sourire. Tu as l’air content.
Niché entre ses bras, un lapin vert avec des ailes se faisait câliner avec plaisir par la jeune fille et ses amies.
– Pas plus que ça, rien de bien nouveau. Mais j’adore quand il relate ses disputes avec Francis. C’est toujours très vivant. Surtout que celui-ci me donne toujours sa version des faits via oncle Lachlan.
– Oh, on reverra alors ce drôle de canard bientôt ?
– Oui, je pense. La prochaine réunion européenne est dans quelques jours, donc je ne devrais pas manquer de lecture dans la semaine à venir.
– Oh, on reverra la mouette ?! S’enthousiasma Ernie.
– Aucune idée.
– Oh, j’espère, elle était vraiment cool !
– Je lui dirai. Ça lui fera plaisir.
Il rangea sa lettre et ses nouveaux magazines dans son sac de cours, l’alourdissant légèrement.
– Mmf ! Vivement que nous apprenions le sort d’allégement ! Ce sera un vrai régal de les lancer sur tous mes bagages !
– Tu m’étonnes ! J’en ai marre que les autres années nous narguent avec leurs sacs poids plume ! Surtout les Serdaigle, ils raflent tous les manuels intéressants de la bibliothèque et les planquent dans leurs cartables ! Se plaignit Hermione en les rejoignant.
Ses cheveux crépitaient sous la magie qu’elle relâchait inconsciemment.
– Ta lanière va lâcher, observa Susan. Tu as trop rempli le tien.
– Attention à toi, Hermione, un sac trop lourd peut avoir des impacts trop importants durant notre croissance, déclara Harry.
Lui avait opté pour un cartable des plus moldus, arborant un surprenant « Eastpack » à la couleur très flashy qui avait fait froncer plus d’un sourcil réprobateur à son passage, mais le règlement n’avait rien prévu de tel lorsqu’il avait été rédigé, près de mille ans auparavant.
Dommage pour les sorciers et merci à Arthur pour sa filouterie ! Harry tenait beaucoup trop au cadeau que lui avait fait Alfred pour ses résultats aux précédentes SATS où il avait tout déchiré.
– Je sais Harry, soupira-t-elle, ma mère me l’a souvent répété mais je n’ai que ce sac, pour le moment, alors…
– C’est des sorts de couture ? S’incrusta Hannah.
Elle continuait de câliner le familier d’Arthur qui se laissait faire avec grand plaisir, et pointa du doigt la lanière du cartable d’Hermione où de nombreux fils s’entremêlaient dans un joyeux bazar peu solide.
– Euh oui, s’empourpra la jeune fille. Je ne sais pas le faire moi-même alors j’ai demandé conseil au professeur Flitwick. Mais je ne le maîtrise pas pas encore bien.
– Ce n’est pas la question, la justesse du sort, c’est la raison ! Nous avons quasiment tous le même sac, en peau de moke, et il peut tenir des décennies, au moins les sept années de Poudlard malgré tous les ouvrages que tu pourrais y fourrer.
Ils s’étaient arrêtés au milieu du couloir et fixaient leur amie, maintenant.
– Crache le morceau, Hermione. Que s’est-il passé ?
– Mais rien, enfin, je me suis accrochée à une armure et l’épée a abîmé le cuir, rien de plus ! Arrêtez de voir le mal partout !
Aucun ne prit la parole, l’encourageant juste à se confier.
– Salut les gars, que faîtes-vous à côté du bureau de Rusard ? Vous avez des problèmes ?
– Salut Neville ! On tente de tirer les vers du nez à Hermione.
– Euh… quoi ?
L’air dégoûté du Gryffondor tira un soupir à son ami.
– Extirper la vérité, traduisit-il diligemment.
– Ah ! Nous, on sort des occamy. C’est légèrement plus poétique.
Les cours de soutiens avec les préfets avaient payés et il avait pu rattraper son léger retard en cours pratiques bien qu’il devait continuer de travailler chaque soir et qu’il les ratait deux fois sur trois.
Pour cela, il rejoignit la salle commune des Poufsouffle qui lui étaient ouvert par un tiers car il était incapable de se souvenir du rythme et passait le temps restant jusqu’à l’heure du couvre-feu à s’entraîner, parfois rejoints par les autres membres de la maison. L’ambiance à la fois légère et travailleuse avait apaisé le côté craintif de Neville et ajouté une brique sur les bases de sa confiance en lui.
On était encore loin d’une aura charismatique de leader, mais au moins ne bégayait-il plus que face au professeur Rogue et on ne pouvait guère le lui reprocher.
– Bref, ne crois pas qu’on t’ait oublié… Et on ne lâchera pas, on est tenace.
Le sourire de Susan était effrayant. Selon les rumeurs, elle le tenait de sa tante, la juge Amélia Bones. Il ne présageait rien de bon, en général.
Hermione déglutit avec difficulté sous les quatre regards sur elle et finit par murmurer :
– Mes camarades de chambre ont taillé la lanière de mon sac cette nuit. Et la semaine dernière. Et… en fait c’est la cinquième fois depuis la rentrée.
Elle éclata finalement en sanglots, son dernier aveu ayant ébréché les digues de son contrôle.
Flying Mint Bunny s’envola des bras d’Hannah pour tenter de consoler la jeune fille, inquiet de ses larmes, rejoint par la blonde qui l’enlaça pour la réconforter, vite rejoint par leurs amis.
– Tu en as parlé avec un professeur ? Un préfet ? Tes parents ?
– N… non. Ce n’est qu’un sac…
– Tu as peur qu’il empire ta situation, comprit Harry. Tu veux qu’on s’en occupe ?
– Non, surtout pas ! Ça va s’aggraver après !
– Hermione, je sais que nous n’avons qu’onze ans, mais il va falloir que tu apprennes quelque chose d’essentiel sur notre monde : les relations font tout.
Susan avait pris un ton froid et officiel, le dos droit et le regard sévère pour énoncer ses propos. Elle était loin de l’enfant qu’elle était.
– Tu as avec toi les familles Bones, Potter et Londubat. Nos noms font parti des puissants du monde sorcier. Et il est hors de question qu’une de nos amis pâtisse de l’agissement de petits sorciers sans prétention. Nous avons des lois, nous aussi.
Les reniflements de leur amie s’apaisèrent légèrement et ils rejoignirent l’étreinte.
– Il ne faut jamais faire face à l’adversité seule, compris ? Et ça vaut aussi pour vous deux, Harry et Hannah.
Les deux mentionnés glapirent sous la surprise.
Uh oh.
L’Augurey mange les fées et est associé, à tort, à des présages de mort. Leur autre nom est « phénix irlandais »
