Harry James Potter, pupille de la nation [Harry Potter + Hetalia]

Harry James Potter, pupille de la nation – 2/?

Harry se retrouvait dans une tension nerveuse rare et il avait l’impression que si ça continuait, il allait sautiller partout en lâchant des cris de souris effrayée.

La raison ? Tous ses -nouveaux- amis avaient été répartis et il commençait à être touché par la nervosité ambiante.

La ballade en barque avait été agréable et l’avait quelque peu calmé, mais l’entrée dans le château, la rencontre avec les fantômes puis l’attente dans cette salle attenante avait réduit sa patience à néant.

Il en était au point de regretter d’avoir un nom en « p », sentant ses nerfs et tendons se tendre à en craquer.

C’était lui ou la sorcière faisant l’appel ralentissait toujours plus ? Il avait faim, lui !

– Potter, Harry.

Ignorant le silence qui s’était installé, il courut jusqu’au tabouret et enfonça rapidement le chapeau bizarre qui lui couvrit les yeux, lui faisant presque rater le tabouret.

« Oh oh, le bel esprit que voilà… Une toile vierge qui a hâte d’être recouverte… Que d’impatience mon petit. Mais si tu ne te calmes pas, je ne pourrais pas te répartir… »

Il était fatigué, il avait faim, il se posera des questions plus tard.

« Voilà qui est mieux. Mais ça ne facilite pas ma tâche pour autant. Je vois du courage, mais aussi de l’ambition… Dis-moi, mon garçon, es-tu sûr de ton but ? La route sera ardue… »

– Pas tes affaires, marmonna-t-il. Et active.

« Je vois aussi du talent et des capacités intellectuelles bien rodées à la réflexion… Voyons, où vais-je te mettre ? »

Il y eut un bruit s’approchant à un grondement de réflexion, comme le faisait parfois Aodh avant de jouer un coup lors des éternelles parties d’échec que la famille se disputait.

Son estomac commençait à se manifester bruyamment, rougissant ses joues et le gênant. Ça allait finir, oui ?

« Eh bien, face à un tel empressement… »

– POUFSOUFFLE !

Les applaudissements étaient tièdes, si on ignorait Hannah et Susan qui lui faisaient un accueil bruyant, à en perdre les mains, mais le jeune sorcier s’en moquait bien. Son unique objectif, c’était de remplir l’assiette d’or devant laquelle il prenait place.

Heureusement, la Répartition prit fin avec Zabini à Serpentard. Il fallut attendre les mots d’accueil du directeur pour que les plats apparurent, mais Harry avait fini par converser avec ses nouveaux camarades, oubliant presque son envie de tout dévorer.

Il avait pris l’habitude de la bonne chère peu après son arrivée chez Arthur, même si celui-ci était un piètre cuisinier. Mais il avait de bonnes adresses et une gouvernante des plus capables qui adorait gâter les enfants.

Et c’était sans parler de son oncle par alliance qui en profitait pour taquiner Arthur en éduquant son palais avec des plats plus ou moins raffinés et des cours de gastronomie.

Ce n’était pas les Dursley qui lui auraient appris la différence entre des pommes sautées et des pommes dauphines.

Parfois, son tuteur râlait comme quoi il était devenu difficile avec la nourriture. Bah, c’était le prix à payer pour avoir une table au Goring.

Enfin bon, vu ce qui se trouvait actuellement dans les plats d’or, il pourra faire un effort. Pendant quelques temps.

Il déplia sa serviette, recouvrant ses genoux avec soin, avant de s’emparer des couverts de service.

Il ne fallait jamais avoir le ventre vide.


– Tant que vous n’êtes pas sûrs de connaître la rythmique du mot de passe, préférez attendre d’autres camarades, d’accord ?

Les préfets étaient chaleureux et accueillants, mais leur façon de s’adresser à eux comme des attardés agaçait légèrement Harry.

Il avait peut-être onze ans mais il avait toujours été traité comme un adulte ou, en tout cas, comme suffisamment doué de pensées pour ne pas se mettre sa fourchette dans le nez !

Un regard autour de lui l’informa qu’il semblait être le seul à en prendre ombrage, alors il prit sur lui et laissa tomber.

De toute façon, la colère était mauvaise conseillère. Et il était épuisé.

Résultat, il se contenta de suivre ses condisciples dans le dortoir qui leur était attribué, de se changer et de se coucher. Demain était un autre jour et tout le toutim.


Depuis cinq bonnes minutes, Harry fixait son reflet dans le miroir, le peigne dans les mains. Tirant la langue, il disciplinait ses cheveux comme on le lui avait appris. Ça prenait du temps, certes, mais au moins le résultat tenait-il toute la journée.

Après le peigne, il passait une brosse à crins de sanglier, puis de nouveau le peigne et une bonne louche d’une mixture concoctée par Ivernie pour finaliser le tout. Ça donnait un aspect brillant aux mèches noires qui ne bougeaient pas avant le coup de peigne du soir, garantissant une tenue impeccable.

Pour parfaire son apparence, il tira un peu sur sa cravate, repensant au matin de la veille. Arthur détestait les cravates mais il n’avait pas vraiment le choix, sa sœur lui arrachant le moindre papillon.

– Les grandes personnes portent des cravates ! Avait-elle bramé dans toute la maison.

Satisfait de son reflet, Harry ramassa son sac -même si il ignorait quels étaient les cours du jours- et sortit du dortoir, souriant.

– Il était temps ! Lança une voix amusée.

Au milieu de la salle commune, il découvrit les préfets de la veille et, avec eux, tous les autres Poufsouffle de première année.

– La première semaine, tous les nouveaux sont guidés à la Grande Salle, on l’a dit hier.

Loin de montrer le moindre signe de honte, Harry se contenta de dire qu’il était prêt, et qu’on pouvait partir quand eux le seraient.

Il ajouta un sourire vaguement angélique qui donna une fugace envie de meurtres aux plus vieux.

Au milieu du groupe que les élèves formaient, Harry fut rejoint par Hannah et Susan qui lui firent la conversation. Galamment, il attendit qu’elles s’asseyent avant de faire de même.

– Vous arrivez plus tard que prévu, il y a eu des problèmes ?

Un professeur avait quitté la grande table pour apostropher les préfets, l’air inquiète. Ils la rassurèrent bien vite, se moquant gentiment de leur nouvelle recrue qui était très à cheval sur son apparence au vu du temps passé dans la salle de bain.

Une fois apaisée, elle rejoignit la table professorale, non sans avoir confié les emplois du temps aux préfets et saluée la maison à sa charge.

– Installez-vous à table, le temps nous est compté.


Le rythme des cours était d’une lenteur désespérante, comparé à son expérience non magique. L’emploi du temps était bien léger, essentiellement des cours d’introduction à la magie.

Lorsqu’il en avait fait la remarque, à la sortie du cours d’histoire, il avait été fusillé du regard par la majorité des élèves. Après en avoir parlé autour de lui, il comprit qu’ils étaient peu nombreux à avoir profité du système éducatif et ainsi, la plupart n’avait pas l’habitude de la cadence imposée. Les autres, par contre, avaient du mal à dompter l’écriture à la plume et le grammage des parchemins.

Là encore, il sortait du lot grâce à la famille Kirkland qui lui avait sauté dessus dès réception. Il avait eu alors des cours particuliers de calligraphie et possédait sans doute une des plus belles écritures de leur promotion.

Accompagné de Susan et d’Hannah, il rejoignit Hermione et Neville à la bibliothèque. Ils s’y réunissaient de temps en temps, leurs maisons ne s’accordant pas toujours en termes d’horaires.

– Salut tous les deux, comment se passent vos cours ?

– Neville est terrifié par notre directrice de maison, annonça la Gryffondor. Résultat, il rate tous ses sorts de métamorphose.

– Hermione ! Tu ne devais rien en dire ! Se plaignit celui-ci.

– On ne peut pas te laisser dans cette situation, Neville. C’est une matière importante qui se complexifient avec les années. Si tu rates les bases, tu ne feras que traîner la jambe pour rattraper les autres !

– Que devrions-nous faire, dans ce cas ? Nous sommes débutants, nous aussi.

– Peut-être demander à des élèves plus âgés ? Il doit bien en avoir qui pourrait nous donner un coup de main, proposa Susan. On nous bassine sur le principe de l’amitié et de l’entraide depuis la Répartition.

– Je n’oserai jamais, couina-t-il. Ils sont terrifiants !

– On le fera pour toi. Et, au pire, on pourra t’accompagner, ça ne pourra pas nous faire de mal, le rassura Harry. Les cours ont à peine commencés, c’est le bon moment.

– Vous le pensez vraiment ?

Le pauvre Neville était au bord des larmes et rouge, autant par la gêne que par la joie de leur amitié.

Émue, Hannah lui pressa l’épaule pour lui montrer son soutien.

– On ne sait pas beaucoup, mais je n’ai pas pour habitude d’abandonner mes amis, déclara nonchalamment le Poufsouffle en triant ses parchemins. Les difficultés, ça se surmonte en se serrant les coudes.

– Joli discours, applaudit Hermione.

– Merci. C’est ce que me répétait Arthur quand j’étais petit. Il faisait toujours une comparaison à l’océan, après. Puis, il y avait toujours un de ses frères ou sa sœur qui lui rappelait que face aux vagues, il était encore plus seul qu’un bébé pigeon. Je n’ai jamais compris pourquoi… marmonna-t-il sur la fin.

– Euh… merci Harry…

– Un plaisir. Tu veux bien me prêter tes notes de potion ?

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