La correspondance postale entre la Grèce et le Japon était assez complexe, donc les deux hommes durent attendre la prochaine visite du plus vieux qui semblait toujours tarder. Mais faire partie d’un gouvernement n’offrait pas tant de temps libre qu’on pouvait le croire, même lorsqu’on était plus un consultant qu’un vrai politicien.
Heureusement pour leurs nerfs, Héraklès put bientôt prendre l’avion, direction Tokyo.
Kiku l’avait accueilli avec son habituel sourire qui sous-entendait qu’il était au courant de tout. Mais au courant de quoi et à quel point ?
Allez savoir, avec lui…
Kyō et Héraklès étaient si pressés qu’ils arrivèrent tous deux très tôt. Ils faillirent même se rentrer dedans, tellement ils étaient nerveux !
Ça les fit bien rire, au moins.
Autour de boissons chaudes, Kyō et Héraklès bavardaient doucement, de légers blancs estompant les mots.
Ce n’était pas facile, ni pour l’un ni pour l’autre.
— C’est un très beau café à chats, déclara finalement la nation. Tu y viens souvent ?
Il se pencha pour attraper un des félins, le grattant avec attention, le faisant ronronner comme un moteur. Ce son troubla l’adolescent qui fixa les mains larges de son interlocuteur, un peu envieux.
— Non. Je n’y suis même jamais entré. Mais, euh… j’ai entendu des filles en parler, au lycée, donc je me suis dit… que c’était une bonne idée ?
— Si tu poses la question, oui, c’était une très bonne idée.
Un chaton angora miaula aux pieds de Kyō, réclamant de l’attention qu’il finit par avoir.
— Tu ne parais pas très à l’aise avec eux. Pourtant…
Le silence parut inconfortable.
— Ma… condition. C’est à cause de ça que je suis… rejeté par ma famille. Le chat n’est pas très bien vu. Pendant un temps, ils étaient les seuls à se rapprocher de moi. j’ai fini par leur en vouloir.
Grèce le fixait, pensif, sans s’arrêter de caresser le félin.
-Tu devrais tenter de faire la paix, tu ne penses pas ? Avec les chats.
Kyō pencha la tête en direction de celui qu’il avait sur les genoux. C’était peut-être une bonne idée. De toute façon, il portera le fardeau du chat jusqu’à sa mort…
Le chat miaula doucement, le faisant sortir de ses réflexions. Il le fixait comme s’il attendait quelque chose, que ce soit lui qui fasse le premier pas.
Avec maladresse, Kyō reprit ses caresses, tentant d’imiter son vis-à-vis qui sourit en le voyant faire. Il était adorable, avec son petit air gêné et les regards par en-dessous qu’il lui envoyait.
Il ne regrettait vraiment pas d’être revenu.
— Tu ne devrais pas sortir aujourd’hui, Kyō.
Surpris dans son mouvement, Kyō resta la main sur la poignée de la porte, ne tournant que la tête en direction de Shiguré.
— Et pourquoi cela ? Ce serait bien la première fois…
Bien que sur ses gardes, il se força à rester calme. L’adulte pouvait tout aussi bien lui faire une farce qu’être mortellement sérieux.
— Akito va nous rendre visite, déclara-t-il.
— Raison de plus pour que je m’absente, alors.
Il appuya sur la poignée, pas plus déphasé que ça.
— Si Akito ne te voit pas, il sera fâché, se moqua le maudit.
— S’il me voit, aussi…
— Pense aux conséquences, petit chat !
Kyō claqua la porte derrière lui, effrayé par le ton moqueur et chantonnant de son aîné. Il s’éloigna de la demeure au pas de course, jetant des coups d’œil dans son dos, des fois que Shiguré lui ait envoyé son cousin pour le forcer à rester.
C’est donc à bout de souffle et rouge qu’il rejoignit le Grec qui haussa légèrement un sourcil en l’apercevant.
— Ça me rappelle notre première rencontre. Tu es encore poursuivi ?
Kyō se plia en deux, cherchant de l’air, et jeta un regard derrière lui de nouveau.
— Non, ça a l’air d’aller… Désolé de la présentation…
— Y’a pas de mal, sourit-il. Allons nous asseoir, que tu me racontes.
Il passa un bras sur ses épaules de manière si naturelle que Kyō ne pensa même pas à le repousser. Il le regretta par contre lorsque sa vision fut cachée par son T-shirt. Oups, encore une transformation.
Héraklès ramassa les vêtements et le chat roux sans commenter et alla s’installer un peu à l’écart. Un petit silence s’installa avant d’être dérangé par le maudit qui miaula et se frotta contre le torse de la nation.
Cette dernière le fixa, un peu surprise, avant d’obtempérer.
Sa surprise disparut lorsqu’il aperçut des joggers s’approcher de leur position. C’est sûr qu’un chat statique, ça pouvait paraître étrange.
Il ne fut pas difficile pour lui de se prêter au jeu, le caressant avec attention. Il était tellement concentré qu’il ne se rendit pas compte qu’ils étaient à nouveau seuls, loin des regards indiscrets des humains.
De son côté, Kyō appréciait un peu trop, submergé par les sensations ressenties. Ce n’était pas la première fois qu’il passait entre les mains du Grec, mais ça faisait toujours bizarre. Est-ce que tous les chats avaient ce tsunami d’hormones dans la tête quand on les caressait ? Mais comment faisaient-ils ?
Réduit à l’état de loque, bavant et ronronnant comme un moteur, Kyō ne cherchait plus à faire semblant, au grand amusement d’Hellas. Mais il finit par se calmer, permettant au lycéen de se reprendre et d’afficher un air dégagé… sous sa forme de chat. Le rendu faisait étrange, mais pourquoi pas, hein, on n’allait pas lui laisser savoir.
— Donc, pourquoi cette course effrénée ?
Malgré son ton doux et posé, Kyō quitta ses genoux, sentant le besoin de s’éloigner, de mettre un peu de distance.
— Des histoires de famille. Et tu sais à quoi ressemble ma famille.
Il hocha la tête, l’enjoignant à poursuivre.
— Ils veulent contrôler mes mouvements. Mon futur. Sans doute m’enfermer comme pour mon prédécesseur…
Il cacha son museau sous ses pattes, l’air triste et blasé, fixant les brins d’herbe.
Héraklès ne prononça pas le moindre mot alors qu’il racontait, qu’il lui expliquait à quoi ressemblait réellement la malédiction.
Qu’il vidait son sac pour la première fois.
Grèce parlait avec son ami, l’air sérieux.
La situation de Kyō l’inquiétait, mais il ne pouvait être au-dessus des lois et le kidnapper pour le rapporter en Grèce, avec lui. Enfin, si, il le pouvait sans doute, mais ce n’était pas une bonne idée.
— Tu ferais mieux d’attendre la fin de l’année scolaire, soupira Kiku.
— Il sera peut-être trop tard !
— Non. Je connais la famille Sōma depuis leur création. Je sais comment les membres du cercle intérieur fonctionnent. Kyō ne disparaîtra pas aussi facilement. C’est un enfant encore scolarisé. Il y aura toujours quelqu’un pour remarquer son absence. C’est trop complexe. Ils attendront la fin de son année.
Pensif, Héraklès fixa la tasse entre ses mains.
— Tu es sûr de toi ?
— Oui.
Le ton implacable du Japonais ne calma pas les craintes de la nation qui était à deux doigts de casser le gobelet tellement il le serrait avec force.
— Tu ferais mieux de retourner chez toi, Hellas. Je le surveillerai pour toi, fais-moi confiance. Rentre et oublie. Je m’en charge.
L’air solennel de son ami le découragea d’insister plus, alors il se tut un instant.
— Je vais retourner chez moi, dans ce cas. Préviens-moi au moindre problème, c’est compris ?
Il était presque menaçant mais Kiku reconnaissait les traces d’anxiété et ne lui en tenait pas rigueur.
— Bien sûr. Allez, file.
— Me parle pas comme à un gamin, grommela-t-il.
— Mais oui, mais oui.
Ils échangèrent un petit sourire avant que le Grec ne quitte la demeure au profit de l’aéroport. Le sort du jeune homme était entre les mains de son vieil ami.
Hellas fixait l’horizon, les vagues léchant ses pieds par intermittence. Kiku l’avait appelé plus tôt, le sortant d’un cauchemar, pour lui signifier qu’il allait avoir une surprise.
De quel ordre ? Il n’avait pas voulu lui en dire plus, arguant qu’en dévoiler plus ferait perdre tout intérêt au terme de « surprise ». La peste soit de son amour pour le spectacle !
Mais il ne pouvait pas partir au Japon tout de suite. Ce n’était pas l’envie qui lui en manquait, bien sûr, mais il avait des obligations.
Des obligations du genre une réunion entre nations où il allait perdre un temps précieux à arbitrer les prises de bec de France et Angleterre. Autant faire la sieste pendant ce temps ! Ça lui offrait du temps sur la nuit…
Il finit par quitter la plage au profit de sa demeure où il enfilerait son costume de pingouin.
Il préférait l’époque où ils paradaient en tenue militaire, mais ça avait fini par changer, soi-disant que ça ne motivait pas vraiment pour la paix. Bon, le costume trois-pièce, c’était toujours mieux que les blagues salaces et les sous-entendus pervers sur la fustanelle qu’il portait parfois, mais même. Il avait sa petite fierté.
Une fois prêt et les poils de chats retirés, il n’y avait plus qu’à partir pour le lieu de réunion. Ah, sans oublier les papiers importants, bien sûr…
— Tu n’es jamais autant venu chez moi que cette année ! Je vais être jaloux, déclara Kiku.
Très calme malgré la foule de l’aéroport, il accueillit Héraklès d’un sourire.
— Viens me voir, toi aussi, ainsi nous serons quittes ! Et tu seras ainsi plus proche d’un certain ex-pays.
Son sourire à lui était un peu plus pervers et en disait beaucoup trop. Il ne put que s’en plaindre à lui-même lorsqu’il se reçut un coup de magazine sur le coin de la tête.
— Rentrons.
Il lui emboîta le pas, intérieurement nerveux. Les surprises de Japon étaient très particulières, il était bien incapable de deviner quelle serait l’ampleur de celle-ci.
Il avait passé les longues heures de vol à tenter de déterminer ce qui pourrait bien l’attendre, mais hormis une tension affolante, rien n’en était sorti.
Le mieux était encore de serrer les dents et de prier.
Kyō trépignait sur place.
Il jouait tellement avec les coutures de son pantalon qu’il allait finir par les arracher.
Il était venu aussitôt que la malédiction avait été levée. Et qu’il ait pu s’en assurer, bien sûr.
Il s’était attendu à toutes sortes de réactions de la part de la nation nippone, mais elle s’était contentée d’un petit sourire mystérieux et en coin. Ce qui voulait tout dire.
Il avait été invité à rester ou, au moins, à revenir autant de fois qu’il le souhaiterait, à condition de n’en parler à personne.
Il avait trouvé cela étrange, mais les lubies des personnes âgées lui avaient toujours échappé, alors il n’avait pas rebondi dessus et avait promis avant de rentrer chez Shiguré.
Et ce matin, Kyō avait reçu un message de Honda-sama l’invitant à prendre le thé dans sa demeure cet après-midi.
En arrivant, il ne découvrit qu’un papier poli l’informant qu’il pouvait entrer, que le maître de la maison n’en avait que pour quelques minutes d’absence et reviendrait bien vite. Ça, et un Tama réfractaire qui lui cracha dessus à son passage. Joie.
Heureusement, son attente fut de courte durée et il put bientôt entendre des bruits de conversation dans l’entrée.
Enfin ! Il allait finir par croire qu’on se fichait de lui…
— Pardon pour l’attente, il y avait des embouteillages.
Kyō allait assurer que ce n’était pas grave quand Kiku lui fit signe de garder le silence, affichant ce petit sourire agaçant.
Il aurait pu s’inquiéter mais n’en eut pas le temps, la carrure solide du Grec venait d’arriver et leurs regards s’étaient croisés.
Héraklès fut le premier à réagit, souriant largement et s’avançant, son bagage abandonné dans le couloir.
— Kyō !
Il écarta légèrement les bras, en une invitation d’étreinte, par habitude. Il n’y croyait pas vraiment, alors qu’elle ne fut pas sa surprise lorsque le jeune homme se blottit presque contre son torse, dans un élan d’affection qui lui était peu commun. Mais il n’était pas du genre à repousser le moindre signe d’affection quel qu’il soit.
Kiku soupira en les voyant ainsi puis se faufila dans l’espace qui restait, allant préparer le thé promis, leur laissant un peu d’intimité. Bon, pas trop non plus, il ne fallait pas exagérer.
Il ne se retint pas en revenant, faisant le plus de bruit possible afin de les décoller. On était dans une maison respectable, voyons !
Il fut rejoint par les deux autres autour de la table basse. Kyō avait le visage très rouge tandis que celui de Héraklès semblait apaisé. Il en aurait bien ri, mais ça casserait la mise en scène qu’il tenait à mettre en place.
— Bien, maintenant que les retrouvailles sont finies, nous allons pouvoir discuter correctement.
Kiku ne semblait pas vouloir abandonner son petit sourire en coin. Un frisson secoua ses deux invités. Qu’est-ce qui allait leur tomber sur le coin du nez ?
— Parlons peu, parlons bien. Certaines choses se sont déroulées ici et je me suis dit qu’il était important que nous en discutions.
Il commença par remplir les tasses puis porta la sienne à ses lèvres, goûtant le fort arôme qui s’en dégageait.
L’heure de vérité était arrivée, il allait falloir envisager l’avenir, maintenant. Leur avenir conjoint.
— La malédiction est levée… répéta rêveusement Héraklès. Tu es donc libre, c’est formidable !
Le grand sourire enjoué de la nation donna l’impression à Kyō que son cœur avait tressailli. C’était étrange. Étrange et pas vraiment nouveau, s’il y réfléchissait, mais il n’y avait jamais fait attention. Le poids de la malédiction l’avait fait repousser toute possibilité d’entourage, il devait apprendre à laisser les gens entrer dans son cœur, maintenant.
Et pour commencer, il allait y inviter cette grande peluche aux yeux verts.
Oui, ce serait bien.
— Il faut fêter ça ! Renchérit ladite peluche.
— Hein ? Pourquoi ?
— Hellas a raison, c’est un grand événement, il faut le célébrer dignement et avec les honneurs, déclara son ami. Mais je suis étonné que tu en aies les moyens…
La dernière pique fut accueillie par un tirage de langue. C’était bas de rebondir sur ses problèmes de dettes !
— Comme si t’étais logé à meilleure enseigne !
Ils se chamaillèrent sous le regard amusé du jeune homme. C’était vraiment difficile de les prendre au sérieux lorsqu’on assistait à ce genre de scène !
— Tu as trouvé ce que tu vas faire, Kyō ?
Tohru sourit à son ami qui sursauta, perdu dans ses pensées.
— J’hésite encore, avoua-t-il finalement.
Son bureau était parsemé de crayons largement mordillés, preuve de sa nervosité.
— Je vois ça !
Malgré tous les efforts de la jeune fille, Kyō la repoussait légèrement. L’affection qu’elle lui portait… Il ne pouvait pas la lui rendre, ce serait cruel.
— Maintenant que je suis… libre… j’ai envie d’aller voir le monde, déclara-t-il. Mais je n’en ai pas les moyens.
Il joua avec un stylo, fixant sa feuille de vœux futurs.
— Je vais peut-être participer à un échange, je ne sais pas encore. J’aimerais visiter…
Tohru quitta la chambre, le laissant seul, souriante.
Kyō se mettait à rêver.
Héraklès fixait le panneau d’affichage d’un air absent.
L’avion qu’il attendait était annoncé en retard, mais pas grave, il avait emporté son ordinateur. Il allait juste devoir se trouver une place pour cela.
De longues colonnes de chiffres et d’épais dossiers l’occupèrent les quelques heures qui le séparaient de l’atterrissage. C’était rébarbatif, mais au moins nul chat ne venait le déranger, grâce aux mesures de sécurité. C’était toujours ça de pris.
— Désolé du retard.
La nation sortit de sa transe bureaucratique pour tomber sur un sourire gêné mais ravi d’être là.
— Kyō ! Navré, je ne regardais plus l’heure !
Il faillit faire tomber son ordinateur en se relevant, amusant le jeune homme et l’embarrassant.
— Tu as tous tes bagages ? Je vais te conduire jusqu’à la résidence universitaire, d’accord ?
Le débit un peu rapide de son anglais aurait pu faire grimacer le jeune étudiant mais il avait reçu des solides cours donc il arrivait à suivre.
Le trajet en voiture était silencieux, jusqu’à ce que le Grec n’accélère et n’invective les autres conducteurs, offrant à Kyō ses premiers mots du coin. Pas les plus beaux, évidemment.
Son séjour se passa tellement bien que Kyō débuta les démarches pour y poursuivre ses études, épaulé par Hellas qui savait utiliser les bonnes cartes lorsqu’il le fallait.
— Dois-je comprendre que le pays te plaît ?
— Pas seulement le pays, déclara-t-il énigmatiquement.
Il appuya sa phrase d’un clin d’œil.
Le Japonais semblait revivre et s’épanouir sous le soleil. Il était plus souriant, plus libre, plus… séducteur. À la grande surprise et au plaisir de Héraklès qui s’en divertissait et le laissait faire, jouant au même jeu.
Sur le toit plat de sa maison, ils aimaient passer du temps, observant les chats qui faisaient demi-tour, gênés par la présence de l’ancien maudit.
— T’es mon petit répulsif ! S’était moquée la nation, un jour.
— Alors, adopte-moi, dans ce cas, avait-il répliqué malicieusement.
Ils avaient rebondi sur le sujet pendant quelques minutes encore avant de s’arrêter, amusés.
Leur premier baiser avait été presque une évidence, sur la plage d’une petite crique. Ils auraient pu aller plus loin, mais Kiku avait toussoté, les reconnectant sur la réalité.
Un petit trio de coquelicot en maillot de bain.
Un jour, en fin d’après-midi, Kyō avait débarqué avec ses affaires et son petit sourire en coin pris à sa nation.
— Je m’installe chez toi.
— J’ai mon mot à dire ? Tenta le propriétaire de la maison.
— Absolument pas.
Mais il lui était facile de se rendre compte qu’il n’était pas aussi sûr de lui qu’il tentait de le faire croire. Il avait encore du chemin à faire.
— Tu sais déjà où est ta chambre, je crois.
— Ce n’est pas celle-là que je veux.
— Oh ? Et laquelle souhaites-tu ?
Kyō manquait un peu d’assurance, mais Héraklès était indulgent et le laissait mener le jeu. Alors, il ne bougea pas lorsqu’il s’approcha de lui, de plus en plus… jusqu’à se coller contre son torse.
— La tienne. Avec toi dedans.
— Serait-ce une invitation ?
— Tu aimerais bien, hein ?
Ils étaient l’un contre l’autre, chuchotant. La tête relevée pour combler les dix centimètres les séparant, Kyō le fixait, le regard un peu tremblant.
— J’adorerais…
Le baiser qu’il débuta était lent et paresseux, mais ce n’était pas au goût du plus jeune qui s’accrocha à lui pour accélérer le rythme tout en se pressant contre lui.
Bah quoi ? Il ne faisait qu’appliquer les conseils de l’ami du petit ami de sa nation. Il était le demi-frère du Grec, d’ailleurs. Le monde était vraiment petit !
Toute pensée déserta son esprit lorsque les bras musclés l’étreignirent.
— Et si on allait visiter cette chambre ?
Le chuchotement montrait l’appréhension mais aussi le désir de l’adolescent.
— Allons-y de ce pas.
Et ainsi débuta leur vie à deux.
