À feu et à sang [Naruto + Vampire Knight]

À feu et à sang – 3/3

Konoha, une semaine plus tard.

Zero sortit de sa salle de bain, une serviette à la taille et une autre dans les cheveux. L’air songeur, il épongeait ses mèches en des gestes mécaniques, pas vraiment à ce qu’il faisait. Il faut dire qu’il avait matière à réfléchir, entre l’échec de la mission -qui avait déçu Tsunade- et les révélations offertes par son ancien meilleur ami, il y avait matière à réflexion !

Il passa devant la baie vitrée donnant sur la rue sans trop y penser. Un flash et des gloussements le firent reculer et regarder l’extérieur.

Comme de nombreux ninjas, il louait un appartement. Son salaire plutôt consistant lui permettait même de loger avec un certain luxe moderne. Dont une large baie vitrée. Qui donnait sur la rue. Rue dans laquelle des gens passaient. Et où les maisons -et donc les toits- se trouvaient à un niveau plus bas que sa position.

Et évidemment, il fallait que ces adolescentes pré-pubères viennent sous ses vitres l’admirer. Et le photographier. Attends ! Y’en a pas une qui bavait ?! Mais elles devaient avoir au moins la moitié de son âge !

Il tira le rideau vert-d’eau sur sa grimace horrifiée. Il n’y avait vraiment plus de jeunesse !

Il alla s’échouer sur son large lit d’où il rebondit, plainte des ressorts oblige. La tête dans les draps, la serviette toujours sur ses cheveux et l’autre l’ayant lâchée, qui aurait pu croire que ce corps était celui de Ookami, AMBU prometteur et efficace ?

Enfin, pour ça, il aurait fallu que la personne puisse détacher les yeux du spectacle offert. En lâchant, le tissus découvrait de moitié un fessier ferme, ainsi qu’une appétissante chute de rein. Les jambes n’étaient pas en reste : longues et musclées par leurs nombreux entraînements quotidiens. Un rêve. Ou plutôt un fantasme.

-Crôa.

-Dégage, grommela Zero à l’attention du corbeau posté de l’autre côté de la vitre de sa cuisine.

Il était suffisamment déprimé sans pour autant se faire embêter par ce funeste volatile. Mais ce dernier semblait être issu d’une mule.

-Têtu, hein ? Grinça l’argenté en allant ouvrir la fenêtre les séparant. Alors, on est deux ! Et pas sûr que tu gagnes…

Il allait lâcher un ricanement quand l’oiseau le prit de court en s’engouffrant dans la pièce. Ce fut lorsque son aile manqua de frôler sa joue que le jeune homme comprit.

-Du chakra… Tu es un messager ?

Un croassement aux allures affirmatives lui répondit. Remplacé par le crépitement de l’énergie qui le formait, pour prendre l’apparence d’une lettre.

-Qu’est-ce que…

Passé la surprise, un sourire en coin prit place sur le visage de l’éphèbe alors qu’il brûlait la missive à l’aide de son chakra.

Il avait donc rendez-vous, ce soir… Parfait.

Mais avant cela, il avait à penser. Alors il se cala dans son canapé, sa tasse à la main et se prépara mentalement.

En priorité, il devait rédiger ce satané rapport de mission. Et il hésitait sur sa teneur. Devait-il parler d’Itachi ? Son inexpugnable sens du devoir lui hurlait que le nom de ce traître devait y figurer. Mais il y avait aussi ce ton candide, presque enfantin, qui lui susurrait qu’il devrait s’en abstenir. Si ce n’était pour la sauvegarde des ficelles qu’était devenue l’épais câble de leur amitié, au moins pour éviter la lourde surveillance qu’il ne manquerait pas d’avoir.

En second, il fallait absolument qu’il mette de l’ordre dans sa tête avant son rendez-vous de la soirée.

Peut-être allait-il plutôt commencer par là. Oui, c’était plus intéressant. Alors voyons voir toutes les pensées qui le traversaient depuis une semaine…

La plus récurrente fut évidemment ce face à face avec Itachi, avec tout ce qui en découlait.

Que devait-il penser de ses propos ? Devait-il le croire, lui l’assassin ? Mais, après tout, assassin, ils l’étaient tous, non ? Combien de vie ses mains avaient-elles fauchées sous le couvert d’une mission ? Bien plus qu’une personne de son âge ne l’aurait dû…

Il secoua la tête énergiquement.

Est-ce que son amitié avec Itachi était encore d’actualité ? Pouvait-il encore lui faire confiance ? Devait-il lui laisser une chance ou au contraire, se montrer sans pitié envers celui qui fut presque un frère ? Espérer une sorte de rédemption ? Est-ce qu’il n’était pas en train de trahir la confiance du Hokage ? Est-ce qu’il allait devoir faire une machine de linge, au fait ? C’est vrai qu’il commençait à voir le fond du placard… Est-ce qu’Itachi avait raison ? Il ne chercherait pas à l’embobiner ? à le tromper pour mieux l’enrôler ? Devait-il faire quelques courses cet après-midi ? Son congé-maladie devait prendre fin hier, mais un jour de plus lui avait été accordé. Itachi semblait changé, au fait. Plus… triste ? tourmenté ? Ou alors était-ce dû aux Sharingans qu’il n’avait pas désactivé de tout leur entretien ? Il semblait amaigri, mais c’était le lot de la plupart des nunkenins à force d’être traqués… Il devait trier les fruits, aussi… Certains étaient un peu trop vieux… Itachi avait pris un coup de vieux… Ses cernes étaient plus marqués que lors de leur adolescence (où les missions nocturnes, et donc le sommeil, s’étaient accumulés jusqu’à ce qu’ils se réveillent dans des lits puant l’antiseptique) et ça l’assombrissait quelque peu… Est-ce que Aidô avait prévenu Ichirû de son état, au fait ? Son frère semblait un peu à l’ouest, ces derniers temps… ce qui pourrait lui être fatal dans l’exercice des ses fonctions. Et Yagari qui faisait passer une épreuve de survie aux élèves de l’Académie ! Il faudra passer le voir… Itachi n’était plus aussi grand que ça, ou alors c’était que lui-même l’avait rattrapé ? D’ailleurs, en parlant de taille, le tour de Tsunade était-il bien de 106, comme le pensait Jiraya ? … Ouais, il devrait arrêter de fréquenter Kakashi et ses Icha-Icha !

-Le rapport ce sera pour plus tard ! Décida-t-il à voix haute en se relevant.

Posant sa tasse sur la table basse, il alla se changer : il avait rendez-vous ce soir. Car, oui, il avait accepté.

Et, à plusieurs kilomètres de là, l’émissaire de l’invitation sourit faiblement à cette idée.

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