À coup de griffes [Naruto + Inu-Yasha]

À coup de griffes – 5/?

Je n’eus pas à ronchonner longtemps sur mon sort que mon groupe surgit de sous les frondaisons des arbres. Seul Inu-Yasha était sur le pied de guerre, ce qui était étrange. C’était un ami ou un ennemi, ce type ?

-Kagome ! Tu n’as rien !

Ah, c’était son nom à elle… Alors, oui, je la connais bien.

-Kôga ! Comment te portes-tu ?

À l’arrivée de la Miko, il avait desserré sa prise sur moi et je pus alors me cacher derrière le hanyô qui ne paraissait pas avoir décoléré. Je me demande bien pourquoi. Une vieille rancune ? Ou peut-être cela avait-il un rapport avec leurs races ?

Dans tous les cas, Kiba était lui aussi sur ses gardes et grondait tout bas, protégeant Shippo de son corps. Garder les civils en sécurité était le mot d’ordre chez les ninjas.

-Ce renard est donc avec vous ? S’enquit le dénommé Kôga, faisant fi des deux menaces représentées par les démons-chiens.

-Oui, finalement, répondis-je, gêné, en me grattant la nuque. Je n’ai pas la mémoire des noms, c’est pour ça que je n’ai pas percuté de qui tu me parlais.

Kiba me jeta un regard étonné. Une mauvaise mémoire des noms, moi ?

-Pas grave, l’erreur a été réparé avant d’aller trop loin et Kagome n’est pas blessée, ça me suffit.

J’échangeais un regard avec mon camarade. Lui non plus n’aurait pas été mieux dans ma situation. Pour une raison qu’on ignorait, il nous était physiquement impossible d’intégrer le nom de notre radar à morceaux de perle. C’était ridicule. Et vaguement insultant à son égard, mais on s’en foutait un peu. Hé ! Depuis quand étais-je respectueux, franchement ?

Ah, ça, même quand t’es face à la mort, t’es pas respectueux pour deux sous. À croire que ça te plaît de jouer ta vie avec les puissants de ce monde.

Le grondement menaçant de Inu-Yasha fut entendu par tous et m’empêcha de répondre à mon cher démon intérieur (notez l’ironie). On voyait bien qu’il se retenait de se jeter sur notre « cher ami ». Ce dernier, d’ailleurs, se moquait ouvertement de lui, ce qui n’était pas pour calmer nos deux tourtereaux. J’allais mettre mon plan à exécution (une gifle sur l’arrière de leur crâne. Bah quoi ? C’était peut-être pas très élaboré, mais ça a fait ses preuves !) lorsqu’il changea subitement d’attitude, devenant plus sérieux.

-Arrête cette mascarade, décréta-t-il. N’essaye pas de me faire croire que tu as encore des vues sur Kagome alors que tu as revendiqué quelqu’un d’autre. Ça ne se fait pas et tu ne trompes personne.

Pardon ?

J’agitais mes oreilles, comme cherchant à mieux comprendre ce qui venait d’être dit.

Devant moi, Kiba passait d’une émotion à l’autre, et c’était pas vraiment beau à voir.

En tout cas, Inu-Yasha plaqua les oreilles vers l’arrière, comme gêné.

-Attends, qu’est-ce que tu veux dire ?! Demandai-je.

Oui, il fallait bien que quelqu’un se dévoue vu que les autres semblaient jouer à « 1, 2, 3, soleil ».

-Ne me dis pas que toi, un pur yohkai, tu ne t’en es pas rendu compte ? Fit-il étonné.

-Euh, disons que je le suis depuis peu.

-Ce crétin de chien pue les phéromones en temps normal ! Et là, subitement, plus rien ! Et vu comment il est proche du gamin, là, et qu’il ne m’a pas sauté dessus alors que je suis allé parler à Kagome, j’en déduis donc qu’il a revendiqué son partenaire qui se trouve être le gamin.

Un maelstrom d’émotion se forma sous mon crâne. Mais ça ne dura pas bien longtemps et je me pliai en deux, m’esclaffant bruyamment, copié par Shippo qui se roulait carrément par terre.

-On peut même déjà les marier ! Articulai-je difficilement.

En effet, nos deux tourtereaux étaient cramoisis, la couleur du mariage. Qu’ils étaient mignons !

Goguenard, Kôga leur tira la langue, ayant l’air content de lui.

-Je t’avais bien dit que je trouverais un moment de me venger, le clébard.

Ce dernier essaya de lui sauter dessus mais le bras de Kiba le lui en empêcha. Celui-ci, visage tourné vers le sol, invita le yohkai à quitter les lieux et nous prévint qu’il allait avoir une conversation assez importante avec Inu-Yasha, le tout avant de disparaître dans un écran de fumée.

Je comptais bien glousser encore quelques minutes (non, vraiment, c’était impayable comme scène) mais j’en fus empêché par une espèce de crise d’hystérie de notre miko au rabais.

C’est vrai, c’est intolérable qu’un combatif comme Inu-Yasha s’attache à un hanyô de la même race que lui et sachant se défendre ! Pourquoi n’était-il donc pas tombé sous le charme d’une pisseuse mortelle et sachant tout juste marcher sans trébucher ?

Moi, prendre parti ? Que nenni, voyons, comme Kyûbi, je profite du spectacle, c’est assez marrant. Manque juste de quoi grignoter, et ça serait parfait. Oui, vraiment.

Gaffe, gamin, elle a l’air de vouloir s’en prendre à toi.

J’esquivai sans y penser l’attaque pathétique de la lycéenne, retrouvant mon sérieux.

-Je peux savoir ce que tu cherchais à me faire ? Grognai-je.

Pendant une seconde, elle ressemblait à n’importe quelle fillette prise sur le fait, tremblant de peur, l’instant d’après, elle paraissait avoir fait son choix et se redressa, sa posture se durcissant. Mais il allait falloir faire mieux si elle comptait m’impressionner. Beaucoup mieux. Et pour le lui faire comprendre, je me contentai de passer à côté d’elle et de la bousculer à l’aide d’une de mes queues. Pour une fois qu’elles servent, celles-là !

Je ne lui adressai pas le moindre regard, me contentant de reprendre mon chemin, après avoir prévenu Kiba de nous rejoindre une fois qu’il aura fini avec ses affaires. Ne jamais déranger un « couple » en train de mettre ses affaires au clair. Et je parle d’expérience.

Lorsque je mourrai, j’espère que je ne reverrais pas certaines parties de ma vie. Ça n’en vaut pas vraiment le coup. Surtout lors de mon « apprentissage » auprès du Ero-Sennin. Surtout pas.

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-On perd du temps, râlai-je en chœur avec Kiba.

-Il est hors de question que je rate un examen de plus ! Cingla Kagome sans se retourner.

-Peut-être, mais on perd du temps, répétai-je.

Bien que nous n’étions que deux à l’exprimer ainsi -voir à l’exprimer tout court- il était facile de deviner que c’était un avis partagé par les autres. Difficile de traquer qui que ce soit si tous les deux jours nous devions repartir sur nos pas afin que mademoiselle assiste à ses cours !

-Ce n’est pas comme si vous pouviez comprendre l’utilité de suivre des leçons, déclara-t-elle en levant le nez, dédaigneuse.

-On est diplômés, répliquait-on d’une même voix.

Depuis quelques jours, Kiba et moi étions comme connectés, ce qui enrageait autant Kagome que… Inu-Yasha. C’est pas beau la jalousie. Mais qu’est-ce que c’est drôle ! J’attends le moment où il prendra feu tout seul, ce sera tellement génial comme moment ! Ou qu’il embarque Kiba sur son épaule pour l’éloigner hors de moi, tel un homme des cavernes.

-V… Vraiment ? Bégaya-t-elle.

Son air effaré était plus qu’insultant mais on se contenta de prendre un air dédaigneux et de lever le nez vers le ciel. Peut-être qu’elle saisira ainsi mieux notre mépris ?

-Tu croyais quoi ? Qu’on devient ninja en claquant des doigts et en restant analphabète ?

Non, je n’étais pas blessé. Il en fallait bien plus. Mais ça restait un poil vexant, tout ça. Merde quoi, j’avais l’air si bête que ça ? Ce masque que je m’étais évertué à porter, aurais-je fusionné avec ?

Pas sûr que la réponse me plaise, quelle qu’elle fut…

Je reçus un coup de coude dans les côtes qui eut au moins le mérite de me secouer. Pas besoin de relever la tête pour savoir de qui il me provenait. Kiba, bien sûr.

Par des gestes discrets, il me fit comprendre que Kagome n’en démordait pas et continuait de nous soûler de paroles interminables. En quoi ça nous intéresse, franchement ?

-Bon, nous, on va par là. Se déplacer en un groupe aussi conséquent est vraiment débile, déclarai-je.

Je savais que Kiba pensait la même chose que moi -après tout nous avions été formés de la même manière- mais qu’il était incapable de le formuler. Connerie de besoin de protection.

-QUOI ?! S’insurgea-t-elle. Mais vous ne pouvez pas ! Si on se sépare, ça va nous affaiblir !

-C’est sûr que nous balader en un groupe aussi conséquent ne pose absolument aucun problème, ironisa Kiba. Les ennemis vont avoir tellement de mal à nous repérer…

-C’est sûr ! Et puis, nous sommes tellement discrets, il faut dire.

Notre regard moqueur ne passa pas inaperçu, au même titre que ceux plus légers de Miroku et de Sango. Inu-Yasha ? J’évite de croiser son regard ces derniers temps. Vu qu’il tente de m’assassiner du sien. Salaud.

D’après Kyûbi, il devrait se calmer lorsque je me serai moi-même lié. Bon bah, on est foutus pour un long moment, les gars.

-Allez, salut !

Hop, j’attrapai mon ami par le coude et nous eûmes vite fait de nous éloigner en ricanant puérilement. C’était pas du tout professionnel ou je ne sais quoi, mais ça fait du bien. Être des gamins durant trois secondes avant d’avoir à redevenir des ninjas. Parce que nous n’allons pas nous contenter de rester dans un coin à grignoter nos rations, évidemment. Nous avons mieux à faire, d’un certain côté, et puis ce n’est pas vraiment notre style à tous les deux.

-Tu sais où on va ou tu te contentes d’aller tout droit ? Finit-il par me demander.

-Quelle réponse te plairait le plus ?

Il secoua la tête à ma question. Ouais bah, il était drôle, lui. Après tout je ne connais pas plus que lui le coin.

-De toutes façons, je te parie que ton chien d’amour nous trouvera où que l’on aille.

J’esquivai, non sans mal, le coup qu’il comptait me porter. Mais c’est qu’il devenait susceptible. Et il commençait à aimer me taper, on dirait. Je devrais faire attention.

Je rigole.

-T’es chiant.

-Vous êtes à vomir.

Là, je crois qu’il fait la gueule.

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