À coup de griffes [Naruto + Inu-Yasha]

À coup de griffes – 2/?

-Naruto, prends soin de toi, d’accord ? Demanda la cinquième Hokage.

-Oui, oui.

Sakura m’avait demandé la même chose un peu plus tôt. À les écouter, on dirait que je passe mon temps à risquer ma vie, tiens ! … Oui, bon ça va…

J’avais salué ceux de ma génération qui avaient fait le déplacement et qui n’étaient pas en mission. Autant dire, pas grand monde. Akamaru vint me saluer, il avait l’air aussi excité que son maître à la perspective du voyage, ce qui m’arracha un sourire. Mais je ne pouvais rien contre mon humeur morose : j’appréhendais ma métamorphose future. Kyûbi pouvait en profiter pour prendre le pouvoir et massacrer ce monde… et Kiba.

-Bon, on y va ?

-J’arrive.

Inconsciemment, je retins mon souffle alors que je passais le portail. Ce qui ne m’empêcha pas de me gameller. Ainsi que de percevoir le « Ah, la brêle » que soupira l’un de mes amis. Peut-être Shikamaru.

Relevant les yeux, je croisais ceux exorbités d’un vieil homme tout sec. Me relevant d’un coup de rein, je me mis en garde, méfiant. J’aperçus plus loin un autre homme, plus jeune, torse nu et aux longs cheveux argentés. Il avait aussi des yeux ambres un peu dorés. Et des… oreilles ?!

-Vous êtes Tôtôsai ? L’interpellai-je.

-Non, c’est moi, se présenta le vieux. Lui, c’est Inu-Yasha, il sera chargé de ta protection.

-Kerps.

Ça ne semblait pas lui plaire plus que ça. Enfin, je le comprenais en un sens.

-Kiba ? Appelai-je soudainement en me rendant compte de son absence.

-AAAAAAAAH ! Hurla-t-il avant de se gaufrer à son tour.

-Joli rattrapage, commentai-je, sarcastique.

-Oh ça va, toi, grogna-t-il en s’époussetant. Akamaru n’est pas là ?

-Pas vu. Il va bientôt arriver, je pense.

-Sauf que j’étais monté sur lui…

Je pâlis un instant. Puis je recommençai lorsque Kiba ôta sa veste chaude à cause de la température estivale de la forge.

-Ki… Kiba…

-Quoi, encore ?

-Oreilles… sur… tête, articulai-je en montrant le haut de son crâne.

Avec des gestes lents, il leva ses mains à sa tête pour la palper, à la recherche de ce dont je parlais. Quand il les prit en mains, ce fut son tour de pâlir. Puis il regarda ses mains pourvues de longues griffes. Avant de remarquer la longueur de cheveux qu’il avait maintenant. En effet, ceux-ci lui allaient jusqu’au niveau des reins.

-C’est génial ! S’exclama-t-il. Bon, en dehors des cheveux, mais sinon, c’est trop la classe ! J’suis encore plus proche du chien que quand j’utilise…

-T’as fusionné avec Akamaru, le coupai-je d’une voix blanche.

Ça le figea aussitôt, avant de le faire tomber assis. Tenant sa tête entre ses mains, il se balança d’avant en arrière en murmurant le nom de son chien.

-P’tain de portail, grognai-je.

-Jeune homme, je te serai gré de calmer tes queues. Je tiens à garder ma maison intacte, merci.

-Hein ? De quoi tu parles, le…

En parlant, je tournai le visage vers l’arrière de ma personne pour rencontrer neuf belles queues bien rousses. En écho avec les gestes précédents de mon ami, je tâtai ma tête et fus soulagé de ne pas y rencontrer d’oreilles. Par contre, je remarquai mes griffes. J’avais moi aussi eu le droit à la coupe longue, rendant mes cheveux plus lisses qu’ils ne l’ont jamais été. Remarquez, c’est pas dur.

-Mes moustaches ! Glapis-je.

Je ne les sentais plus sous mes doigts.

-Inu-Yasha, apporte-lui l’écaille à tes côtés, demanda le forgeron.

Obtempérant en ronchonnant (« Erps ! »), l’interpellé me tendit ce qui ressemblait à une plaque de miroir. Si c’était une écaille, je ne voulais même pas savoir à quoi ressemblait le propriétaire.

J’avais des pupilles verticales. Violettes. C’est le premier détail qui me frappa. Ensuite vint la découverte de ce qui avait pris lieu et place de mes moustaches : une bande à triple branches pointues de couleur rouge profond. Puis mes crocs.

-Bordel de merde, soufflai-je. Alors j’ai fusionné avec Kyûbi.

Ouaip gamin.

Bon ben, j’ai compris, je crois. Si j’ai fusionné avec lui, je devrais plus l’entendre, non ?

C’est plus complexe que ça. Je suis devenu une sorte de conscience.

… Okay. J’ai un démon pour petite voix… Je vais me recoucher, hein.

Reprenant pied avec la réalité, je levai les yeux vers Kiba. Ma question resta bloquée dans ma gorge. Tous deux accroupis, mon ami et l’argenté semblaient se renifler allègrement. Les observant, je ne dis rien. Les yeux fermés, le nez plongé dans le cou de l’autre, ils semblaient se humer. Et l’odeur devait vachement être sympa, au vu du sourire débile qu’ils abordaient.

-Tu te nommes Naruto, c’est ça ? Voulut savoir Tôtôsai.

-Oui, c’est cela.

-Bien. Suis-moi.

-On… on les laisse comme ça ?

-Laissons-les faire connaissance, veux-tu ?

-Mais, mais…

je me tus, alors complètement perdu, et le suivant.

C’est un truc de hanyô… Remarque c’en est un aussi de Yōkaï, mais moins.

… Si, si, j’ai tout compris.

-Hey, gamin, je te parle, là !

Revenant sur Terre, je remarquai que la coupe du hakama permettait à mes queues de ne pas être comprimées et les laissaient libres de mouvement.

Le vieux revint avec Inu-Yasha et Kiba qui semblait calmé. J’en profitai pour lui demander de quoi m’attacher les cheveux. Les regards noirs que me lançait l’autre gars m’agaçaient de plus en plus et je me retenais pour ne pas lui lui éclater la tronche contre le mur blanchâtre. Heureusement pour lui, Kiba vint me rejoindre et les explications allaient pouvoir commencer. Mon ami avait opté pour une tenue semblable à Inu-Yasha, mais beige, en harmonie avec ses oreilles.

-Bon, tout d’abord, ouvrez la bouche, nous ordonna Tôtôsai.

Obtempérant le premier, je le regrettai bien vite quand il m’arracha une canine à l’aide de ses tenailles. Portant une main à ma mâchoire, je grognai après le vieux qui s’était tourné vers l’autre.

-Inu-Yasha, je peux ?

-Erps.

-Ouvre la bouche, Kiba, ordonna-t-il, alors.

Méfiant, il se fit lui aussi arracher une canine.

-Naruto, la tienne repoussera dans six heures, Kiba, à la fin de la journée.

-Comment cela ? M’étonnai-je de cette répartition.

-Les explications vont venir. Mettez-vous à l’aise.

Le vieux s’assit devant une sorte de foyer où une lame étrange attendait. Au vu du regard d’Inu, quelque chose me dit que ça lui appartient. Il s’assit en tailleurs, les mains dans les manches, alors que Kiba se plaçait en équilibre sur ses pieds tendus sous lui. Quand à moi, je vous dis pas le bonheur pour s’asseoir ! La présence de mes queues m’obligeaient à rester debout pour le moment. Ça allait vite m’énerver ce truc.

-Tu ne t’assois pas ? S’étonna mon ami.

Je me contentai de grogner pour toute réponse, mes queues s’agitaient derrière moi.

-Essaye de les enrouler autour de toi. Ou assieds-toi dessus, conseilla le forgeron.

Il était en train de marteler l’épée bizarre tout en soufflant du feu sans discontinuer. Un peu bancal, je pris place à mon tour sur le sol.

-Bien, maintenant je vais commencer par vous parler de la perle de Shikon…

Et, c’est ainsi, tout en forgeant, que le vieux Tôtôsai nous expliqua dans quoi on avait mis les pieds. À la fin de son récit, je me laissai tomber en arrière avant de rouler sur le ventre, mes queues se rappelant à moi, me faisant grommeler le nez dans la poussière. Mais une petite morsure me fit grogner alors que j’abattais le plat de ma main dans ma nuque.

-Et v’là-t-y pas que je chope des puces !

Énervé, je portai la bestiole à mon visage et aperçus que le parasite portait des vêtements.

-Myoga ! Tu t’étais encore planqué !

Oh ? Il sait parler ? Et au vu de la tête de Kiba, c’était la première fois depuis notre arrivée. D’ailleurs, mon ami semblait parti trèèèès loin. Allongeant la main, je lui pinçai la cuisse, recevant un jappement de surprise mêlée de douleur. La fusillade que m’offrirent les yeux ambrés me fit regretter mon geste, par contre.

La puce alla se réfugier auprès d’Inu-Yasha qui l’écrasa à son tour d’un geste machinal.

-Maître Inu-Yasha ! Glapit la bestiole qui reprit sa forme initiale.

Kiba et moi observions la scène qui se jouait devant nous, un peu perdue. Depuis quand les puces parlaient ? S’habillaient ? Mais surtout, pourquoi tout cela se passait ?

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