My Hero Academia

Un ange dans la poussière

Couple : Izuku Midoriya x Shigaraki Tomura | Shimura Tenko

Genres : Romance – Amitié – Tranche de vie – Univers Alternatif / One-shot.

Rating : +16

Résumé : Comme tant de personnes de son âge, Izuku se posait des questions sur son avenir. Et c’est en décidant de ne pas descendre du train que celui-ci se dévoila finalement à lui.

Bonne lecture !


Izuku se laissait bercer par la rame du train, le nez plongé dans ses notes et son casque rivé sur ses oreilles.

C’était plus par habitude que par réelle nécessité. Un peu comme ses études, d’ailleurs.

Il soupira lourdement, s’affalant légèrement contre le banc.

Son arrêt était imminent mais nous étions l’un de ces matins où il hésitait à ne pas se rendre à l’université et de poursuivre plutôt le parcours du train, descendre à une station au hasard et découvrir un nouveau coin du pays.

Il referma finalement son carnet et le rangea dans son sac, pris dans ses hésitations. Et si, pour une fois, il s’écoutait et suivait cette envie ? Évidemment, rater des cours n’était pas trop pour lui plaire, surtout qu’il ne pourra réclamer les leçons à personne – mais peut-être que s’il se soumettait au moins une fois, à cette pulsion, il se rendrait compte de son absence totale d’intérêt et ne serait plus titillé par cette pensée parasite, lui permettant alors de se replonger dans ses études.

Et sur ô combien son existence était vaine, son futur flou…

Suite à cet amer éclair de lucidité, il crispa les mains sur les lanières de son sac à dos et la mâchoire, un éclat de douleur traversant un instant son esprit.

Izuku Midoriya faisait partie de ces étudiants qui s’étaient inscrits sans trop y avoir réfléchi et sans aucune perspective d’avenir, se présentant aux cours et se laissant porter par le train-train quotidien.

Cette triste constatation, bien que ce ne fut pas sa première formulation, agit comme un coup de fouet dans son esprit, le raidissant tout à fait, sous les regards suspicieux de ses voisins.

Qu’avait-il donc à s’agiter autant ?

Lorsque les portes s’ouvrirent, il ne descendit pas, ne s’embêtant même pas à se camoufler de ses camarades qui se pressaient hors de la rame, se sachant parfaitement invisible à leur conscience.

Il reprit son souffle lorsque l’armature se remit en branle et s’éloigna.

Il l’avait fait.

Les frissons d’excitation qui le traversaient, d’avoir défié sa routine et ainsi faire sauter au moins une matinée de leçons, l’emplissaient de tellement d’adrénaline que c’en était déprimant.

Izuku avait toujours vécu une petite vie bien rangée de jeune citoyen, obéissant docilement à ses parents, travaillant à l’école et récoltant de bonnes notes, ne créant aucune vague… Rien à voir avec son ami d’enfance, Katsuki, véritable graine de délinquant, et qui était pourtant en passe de devenir le policier à la carrière la plus prolifique de la décennie !

Sa vie était fade et morne, la plus grosse folie qu’il ait dû effectuer, ça a dû être cette fois où il n’avait – exceptionnellement – pas trié ses déchets, ou quand il avait traversé en dehors du passage piéton.

Pitoyable et pathétique…

Une existence au goût de poussière…

Lorsque la voix désincarnée se fit entendre, il sauta sur ses pieds, au point d’en effrayer son voisin de siège qui commençait à s’assoupir, et fila hors de la rame, à peine les portes ouvertes.

Ses jambes lui semblaient hors de contrôle, l’envoyant loin, le paysage défilant sous son regard flou sans qu’il ne parvienne à le discerner correctement, ni qu’il ne le tente d’ailleurs.

Quand il se figea, écroulé au sol et à bout de souffle, il n’avait pas la moindre idée d’où il se trouvait. Les maisons autour de lui étaient étrangères et les rues étaient vides. Il ignorait la direction de la gare ou du commerce le plus proche, et même du poste de police.

Mais, pour le moment, il n’en avait rien à faire.

(Et au pire, il pouvait toujours activer l’appli de navigation de son téléphone.)

Il erra quelque peu, s’enfonçant un peu plus dans la zone pavillonnaire, un mélange de curiosité et d’anxiété lui tordait le ventre, la culpabilité pesant sur ses épaules. Mais cette fois, exceptionnellement, il ne la laissera pas guider ses actes et passera outre.

Et c’est sans doute cette décision qui le mena face à cette grille haute.


Izuku remplit son sac tout en vérifiant avec attention son contenu. Une fois satisfait, il le passa sur son dos et alla saluer sa mère qui, nerveuse, lui souhaita bon courage, repoussant son envie de l’enjoindre à changer d’avis. Elle l’accompagna jusqu’à l’entrée, vérifiant oralement avec lui qu’il était paré et l’observa lacer fermement ses chaussures de marche.

Quand la porte se ferma derrière lui, elle ne put s’empêcher d’adresser une courte prière à quiconque voudrait bien l’entendre, puis retourna dans la cuisine afin de scruter l’horloge du four, attentive au temps qui passait.

Ce jour où Izuku avait cédé à son envie de secouer sa morne routine, ses pieds l’avaient mené devant la grille forgée d’une villa clairement à l’abandon et, sous une nouvelle impulsion, il l’avait poussée, cheminant à travers le jardin abandonné digne d’une jungle, et franchit l’entrée dont les portes étaient écroulées.

Lentement, il l’avait découverte pièce par pièce, comme on visitait un musée, s’aidant parfois de la torche de son téléphone pour pousser l’exploration.

Il en était ressorti trois heures plus tard, affamé, couvert de boue et de poussière, un sourire ravi aux lèvres et le cœur battant plus vite que jamais.

Ce jour-là, Izuku s’était découvert un goût pour l’urbex.

En bon petit nerd consciencieux, il s’était documenté en long, en large et en travers, contactant associations et clubs, afin d’en savoir plus.

Ainsi, il avait poussé les portes d’un ancien hôtel et d’un temple abandonné, avant de s’ouvrir à sa mère à ce sujet.

Au début folle d’inquiétude à la découverte de cette nouvelle activité, Inko s’était apaisée grâce aux explications et aux mesures prises par son fils.

Izuku poursuivait ses études et, en parallèle, il pouvait entreprendre plus d’explorations, tout en respectant les normes de sécurité.

Mieux valait un diplôme inutile que pas de diplôme du tout.

Alors, une fois la semaine achevée, l’étudiant préparait son excursion et la prévenait de la destination et du temps sur place. En plus du matériel de base – kit de premiers soins, torche, gourde, etc. –, il emportait aussi un vieux téléphone, du genre indestructible et économe en batterie, pour si jamais ça tournait mal.

La seule règle qu’il ne suivait pas, c’est qu’il y allait seul, malgré les prières de sa mère et les recommandations de ceux qu’il avait contactés. C’était pourtant fortement conseillé, en cas d’accident, mais il n’en démordait pas.

Ces escapades n’étaient pas là pour le rendre intéressant, c’était un besoin de renouer avec le passé, de s’enivrer de beauté brute ou sauvage, de découvrir ses limites.

L’hôtel et le temple, il les avait visités en étant accompagné, et la sensation était différente. Il y avait un côté touristique qui démystifiait la sérénité des lieux, et ça l’avait conforté dans l’idée qu’il préférait être seul.

Ces écarts à son quotidien grisailleux étaient de vraies bouffées d’oxygène qui lui donnèrent l’impression de se reconnecter à la vie, de découvrir les couleurs pour la première fois.

Il avait retrouvé l’assiduité des premiers jours et escaladait le classement, petit à petit, afin de prouver à sa mère qu’elle avait raison de lui faire confiance.


Les lieux étaient délabrés, les murs écroulés et le sol recouvert de cailloux et de poussière. Le charme de l’industrie abandonnée. Ce n’était pas très intéressant et il était loin d’être le premier à s’y promener, bien sûr, mais il appréciait quand même cette odeur de renfermé, la lumière traversant avec peine les interstices et les vitres sales, les particules de poussière voletant dans les rayons, telles des paillettes.

Il n’y avait pas un bruit, le trafic s’étant éloigné de ce quartier, seulement troublé par des éclats de voix extérieurs.

Sa torche à la main, il examina les environs, scrutant les meubles éventrés et leur contenu, songeur.

Peut-être était-ce cette tranquillité, justement, qu’il appréciait tant durant ses explorations. Ne pas avoir à faire semblant ou à réfléchir sur comment se comporter.

Prenant appui contre les murs, il descendit lentement les quelques marches complètement écroulées, attentif à ne pas les imiter.

Ce fut de nouveau stable sur les pieds qu’il le vit.

Dans un coin de la pièce, baignée des rares rais survivants, une silhouette était roulée en boule, semblant le fixer.

Son cœur manqua un battement à l’idée d’être peut-être tombé sur un cadavre.

Ce n’était pas quelque chose de fréquent, mais ça restait dans le domaine du possible !

La main tremblante, il s’empara de son téléphone et se prépara à appeler Katsuki, tout en s’approchant, le faisceau de sa torche dévoilant peu à peu les lieux.

Pourquoi Katsuki plutôt que la police ? Son ancien ami saurait plus facilement le guider ou, au pire, parviendrait à juguler la crise de panique qui commençait à poindre son nez, à chaque nouvelle enjambée.

Un mouvement de celui qu’il pensait mort le fit subitement couiner et sursauter, mais aussi courir à ses côtés, craignant une blessure incapacitante.

– Vous allez bien ? Où avez-vous mal ?

– Aux yeux. Vire la lumière.

Il recula pour esquiver le geste large du bras qui semblait avoir pour but de faire voler sa torche, alors que l’inconnu se redressait en soufflant bruyamment.

Du coin de l’œil, Izuku remarqua des affaires les entourant et commença à saisir la situation.

– Vous étiez en train de dormir…

– C’est ce que font généralement les gens, en effet, râla-t-il. Et toi, t’es venu faire quoi ? J’ai rien à voler et je te laisserai pas me foutre dehors.

– Je pensais que vous étiez blessé, s’excusa-t-il en baissant la tête.

– Et t’as vu ça depuis la rue ? T’es quoi, un mutant ?

Un petit silence s’installa, ce qui permit à un estomac de faiblement grogner, attirant l’attention.

– T’as quelque chose à bouffer ?

– Euh, oui oui.

Il fouilla fébrilement dans son sac à dos et lui tendit les barres de céréales et la gourde d’eau aussitôt qu’il les eut en main, risquant de peu de les lui envoyer en pleine figure, ce qu’il parut éviter, heureusement.

La portée de la lumière n’était pas fantastique, mais il put l’apercevoir esquisser une moue face à ces articles. Vraiment navré de ne pas être passé à un fast-food avant, hein…

Ses provisions furent rapidement englouties par l’inconnu qui le remercia d’un grognement, avant de soupirer d’aise.

– J’avais la dalle, déclara-t-il. Y’a rien à se mettre sous la dent dans le coin et personne à voler.

Il décida de ne pas relever ce qu’il venait de lui dire, ayant la sensation que la décision de marauder tenait de la survie et non pour le frisson de l’interdit.

– Vous êtes ici depuis longtemps ?

– J’sais pas. P’t-être un mois. C’est quoi la date ?

Il lui répondit après un rapide coup d’œil à l’écran de son portable, en profitant pour envoyer un message à sa mère, lui annonçant avoir rencontré quelqu’un de non agressif sur les lieux. Ça allait forcément avoir une incidence sur son temps de présence, donc autant éviter l’intervention des forces spéciales, ce serait trop humiliant.

Il ignora la réponse angoissée et curieuse, rangeant l’appareil dans sa poche.

– Tu comptes rester là longtemps ? Râla-t-il.

– J’avais prévu de visiter le bâtiment, donc oui.

– T’es quoi ? Agent immobilier ?

– Étudiant. Et je fais de l’urbex.

– Ah ouais, j’en ai entendu parler.

Il détourna le visage, semblant peu intéressé par la suite de la conversation.

Le silence se fit gêné du côté d’Izuku qui ne savait pas trop où se mettre, hésitant sur ce qu’il devait faire, maintenant. Poursuivre son exploration, rester pour tenir compagnie à cet inconnu ou s’en aller et reprendre le bus dans le sens inverse pour rentrer chez lui ?

Relevant la tête, il contempla ce garçon clairement plus âgé que lui qui s’était recroquevillé sur lui-même, cillant lentement, le regard brumeux. Il allait sans doute se rendormir…

– Je peux faire quelque chose pour vous ?


– Ce film craint, asséna-t-il.

Il vida sa boisson d’un dernier « slurp » légèrement agressif.

– Je ne suis pas d’accord, j’ai passé un bon moment, moi !

Ils se fixèrent quelques secondes, avant que Tenko ne détourne la tête, boudeur, et que Izuku ne sourie, l’air vainqueur. Il savait qu’il avait remporté cette manche, juste avec cette petite fossette qui apparaissait lorsqu’il souriait.

Il suffisait qu’elle apparaisse pour que la volonté de Tenko faiblisse et qu’il le laisse faire ou abonde dans son sens.

– On va faire les magasins ? Proposa-t-il en lui attrapant la main.

– Y’a trop de monde, maugréa-t-il.

– C’est bientôt l’anniversaire de ma mère, je galère à trouver un cadeau, souffla-t-il en balançant leurs mains jointes.

Il grogna de nouveau mais se contenta de jeter son gobelet en plastique dans la première poubelle venue, emboîtant le pas de son petit ami qui commença à énumérer les idées qu’il avait.

Il le laissa parler tout seul, émettant des sons quand son avis était demandé et esquivant les piétons qui ne regardaient pas devant eux.

Leur après-midi prit fin devant l’immeuble où vivaient les Midoriya, où ils trépignèrent tous les deux, cherchant toujours plus de raison pour ne pas se dire au revoir.

– Merci de m’avoir raccompagné.

– Je le fais à chaque fois, arrête de me remercier, soupira Tenko.

– Et je te remercie à chaque fois.

Il posa son sac et lui attrapa les mains, jouant avec les bijoux les ornant, les yeux rivés dessus, une timidité absurde l’empêchant de croiser les iris carmins qui lui semblaient toujours lire en lui, quoi qu’il fasse et quelle que soit l’idée qu’il avait en tête. Même la plus innocente lui paraissait alors indécente.

De son côté, Tenko le laissa faire, profitant qu’il ait la tête baissée pour sourire, secrètement amusé par la gêne qui inondait son petit ami, puis se pencha pour l’embrasser sur le front, lui tirant un couinement surpris.

Il lui avait lâché les mains sous l’émotion et s’était éloigné d’un pas, l’air scandalisé.

– Ne me dis pas que je vais trop loin, on a déjà fait pire, argumenta-t-il en haussant un sourcil.

Une suite de phrases peu compréhensibles et marmonnées lui fut répliquée, pendant que Izuku s’agitait dans tous les sens, loin de son attitude empruntée de tantôt, amenait un sourire franc sur les lèvres gercées de son vis-à-vis qui ne l’arrêta pas, attendri même, et nullement dérangé par son manège, bien au contraire.

La plupart des gens considérait ça agaçant et le réprimandait. Lui, au contraire, avait trouvé ça adorable et c’était d’ailleurs ce qui l’avait fait craquer.

Cette propension à se retourner le cerveau au moindre souci, la crainte de blesser les autres par le geste ou le mot le plus minime, cette bienveillance généralisée qui l’avait poussé à l’aider à sortir de sa situation… désagréable.

Bienveillance étendue à sa mère qui l’avait accueilli pendant un temps et avait pansé de nombreuses plaies, autant mentales que physiques.

L’annonce de leur relation avait sans doute été l’événement le plus houleux, plus par inquiétude que par rejet, et cet écueil fut balayé par les autres.

Avec habitude, il fit glisser ses mains le long des bras de son ami, jusqu’à ses poignets qu’il sépara, et ses mains qu’il tint doucement, cherchant ses yeux pour y plonger les siens, déposant un baiser au creux de sa paume, dans une tentative d’apaisement.

– Mieux ?

– Mieux.

Le souffle enfin calme, il piqua un léger fard mais ne retira pas ses mains pour autant, resserrant ses doigts sur les siens, en une imitation de tantôt.

– Je voulais être celui qui t’embrasserait, avoua-t-il. C’est toujours toi qui fais le premier pas…

– Et ça te pose problème ?

– Non ! J’adore ça ! S’exclama-t-il sans réfléchir.

À cet aveu, il rougit une bonne fois pour toutes et détourna le regard, au point de pratiquement émettre de la chaleur.

Tenko rit avant de se pencher de nouveau, accolant leurs fronts pour le forcer à le regarder de nouveau.

– Alors ? Qu’est-ce que tu attends ? Souffla-t-il contre ses lèvres.

Toujours rouge, Izuku loucha un peu avant d’obéir et de l’embrasser pudiquement, se reculant presque aussitôt.

– C’est comme ça que tu comptes me saluer ? J’ai pas mal de route et j’ai juste un petit bisou pour me tenir compagnie ? Le taquina-t-il.

Il prit un air peiné qui, il le savait par expérience, le toucherait en plein cœur et le convaincrait.

Un grognement lui échappa.

– Je te déteste, lâcha-t-il. Baisse-toi.

Tenko obtempéra avec un sourire narquois, recevant cette fois un vrai baiser dans les règles, qui les fit se rapprocher et emmêler leurs membres avec satisfaction.

– Je… je dois rentrer, gémit Izuku. Ma mère m’attend…

– Il te reste encore vingt minutes avant le couvre-feu. De quoi largement profiter de mon corps désirable, non ?

Le murmure dans son oreille faillit l’achever sur le coup et heureusement qu’il le tenait, sinon il aurait dû le ramasser par terre.

– La proposition a l’air de te plaire, dis-moi… On se dévergonderait ?

– La faute à qui ? Râla-t-il.

– Oh, mais je plaide coupable votre honneur. Mais ce fardeau n’est pas assez lourd à porter et je me sens capable d’ajouter encore une ou deux charges à mon encontre…

– Seulement une ou deux ? Et moi qui allait demander une longue peine…

– MIDORIYA ! SALE GARNEMENT !

Le rugissement inattendu les fit sursauter et se cogner l’un contre l’autre, provoquant des gémissements de douleur.

La faute revenait à une femme âgée qui venait de surgir devant l’immeuble, y vivant, rouspétant sur le comportement indécent de la jeunesse et l’absence de bonne éducation.

Soupirant vainement, ils se démêlèrent et se reculèrent, libérant l’entrée du bâtiment, ce qui permit à cette vieille sorcière de les dépasser, bien qu’elle continuait de vitupérer en tous sens, le fusillant de ses yeux noirs.

– Bonjour la douche froide, maugréa Tenko.

– Je pense que je vais rentrer, soupira Izuku. Elle va sans doute se plaindre à ma mère, je préfère être là.

– Salue-la de ma part, on se revoit toujours dimanche ?

– Bien sûr, son anniversaire n’a pas changé de date, sourit-il.

Ils échangèrent un dernier baiser et se souhaitèrent bonne nuit avant de se séparer, se retournant pour observer la progression de l’autre, tirant des grimaces comiques quand ils le faisaient en même temps, s’en amusant.

La nuit était vraiment belle.


– Tu triches.

– Non !

– Izuku, tu triches, je vois ton œil.

Il grogna, remettant le bandeau en place, puis fit la moue, boudant ostensiblement.

– Prends ton mal en patience, on y est presque.

Un petit baiser sur ses cheveux acheva la phrase, l’encourageant.

– Je te préviens, Ten, si tu profites de la situation pour me diriger vers des escaliers ou un mur, même la mort ne suffira pas à m’apaiser.

– Pour qui tu me prends ? Bakugo ? Je t’en prie !

Le reniflement de dédain qui ponctua cette déclaration acheva son sérieux et il ne put s’empêcher de glousser, se rattrapant au bras qui le guidait.

– On est bientôt arrivés, dis ? C’est vraiment pas agréable d’être aveuglé comme ça, chouina-t-il faussement.

– Vraiment ? Je n’avais pas l’impression que ça te gênait tant que ça, hier…

Le souffle dans son oreille le surprit et l’excita, autant que le rappel des événements de la veille. Il s’agrippa plus fermement à l’avant-bras, y enfonçant ses ongles.

– Je te déteste, haleta-t-il.

– Je m’assurerai que les voisins l’apprennent le plus rapidement possible, promit Tenko en l’embrassant dans la nuque. On y est.

Une porte claqua derrière eux, en même temps que le bandeau lui était retiré.

Izuku se frotta légèrement les yeux de ses poings afin d’en retirer la gêne, puis scruta ce nouveau paysage avec avidité.

– Où nous trouvons-nous ? L’interrogea-t-il, curieux.

Tenko l’observa passer d’une pièce à l’autre, fouinant avec attention, appuyé contre le mur de l’entrée, attendri.

Aussi adulte que soit son compagnon, il avait encore ces moments d’innocence et de candeur qui le faisait passer pour un enfant trop vite grandi.

On était face à une de ces situations, et c’était exactement pour ça qu’il avait choisi d’agir ainsi.

Ses poumons se vidèrent subitement suite à l’impact de son partenaire contre son torse, sans préavis.

– Dis, dis, Ten, on est où ?

– Ça te plaît ?

– Oui, mais, ça ne me répond pas, tu sais…

Glissant ses bras dans son dos, il attrapa des mèches vertes qu’il lissa du bout des doigts, appréciant leur douceur.

– Nous sommes dans un appartement…

Une moue boudeuse et un regard noir prit place sur le visage rond, l’incitant à répondre avant qu’il ne décide d’abattre son pied sur le sien. La dernière occurrence avait été très douloureuse.

– Notre appartement. Ça te plaît ? Répéta-t-il.

Contempler la surprise et la compréhension faire son chemin dans son esprit, admirer le sourire étirer ses traits et les larmes border ses grands yeux verts… Sans doute le plus beau spectacle qui lui était donné de voir. Et pour y assister, encore et encore, il ferait tout et n’importe quoi, comme emménager dans cette location bien plus classe que les précédentes, et proposer à l’homme de sa vie de quitter sa mère pour s’y installer avec lui, leur permettant ainsi de franchir une nouvelle étape dans leur relation, mais aussi dans la vie de Tenko.

Leur premier beau symbole.

– Je te préviens, articula difficilement Izuku à travers ses sanglots, si tu comptes me demander de t’épouser dans l’heure, je t’en mets une, je me suis bien fait comprendre ?

Il plaqua leurs bouches ensemble, dans un baiser maladroit et assez humide, avant de nicher son visage contre le sweat qui couvrait le torse de son petit ami.

– Zu’, je t’aime, mais si je découvre que tu es en train de te moucher dans mon pull…

Il tira sur quelques mèches pour lui faire relever la tête, s’assurant que ce n’était pas le cas, et aussi pour nettoyer un peu les dégâts.

– Regarde dans quel état tu t’es mis, ronchonna-t-il faussement. Tout ça pour des murs en placo et une mauvaise isolation… T’es trop sensible.

– Nos murs et notre mauvaise isolation, renifla Izuku.

– C’est donc un oui ?

– C’est toujours un oui !

Une toux incontrôlable le coupa et il passa quelques minutes à la juguler, crachant ses poumons sous les caresses attentives de son petit ami qui n’émit aucun commentaire, habitué.

– Je me suis étranglé en déglutissant, couina-t-il pathétiquement.

– Ce sont des choses qui arrivent, atténua diplomatiquement Tenko. On reprend où nous en étions ?

Aussitôt dit, Izuku lui sauta au cou pour l’embrasser de nouveau et se colla à lui, répétant une litanie de remerciement et de mots d’amour, resserrant sa prise sur le sweat trop grand, avec l’intention de ne le lâcher que sous la contrainte.

Ça tombait bien, il n’avait pas l’intention de l’abandonner avant un long, long, moment.

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