Salade de fruits [Percy Jackson]

Salade de fruits – Peter x Travis 2/2

-Je l’ai !

C’était le jeune Travis Alatir qui criait à l’attention de ses coéquipiers de beach-volley. Il courut pour essayer de rattraper la balle qui lui tombait dessus et la renvoya au dernier moment. Sous l’élan, il tomba dans le sable. Ou plutôt sur quelqu’un qui s’y trouvait étendu.

-Tu peux pas faire attention non ?

Travis regarda qui il avait ainsi dérangé. C’était Peter du bungalow de Héphaïstos, quel beau gosse ! Blond, légèrement bronzé, les yeux d’un bleu saphir à en damner quiconque les observait, il était beau comme un dieu. En même temps, il l’était déjà à moitié. Et cela faisait quelque temps qu’il réagissait bizarrement en sa présence : le jeune fils d’Hermès sentait son cœur s’emballer légèrement, et il n’arrivait plus à penser logiquement. Cette fois-là ne fit pas exception.

-Je… Excuse-moi… On… Enfin je… Désolé…

Il n’arrivait pas à rester cohérent en sa présence, ce qui était assez inhabituel pour lui.

-Bouge de là Alatir, tu gènes.

Le jeune fils d’Hermès réagit tant bien que mal à l’injonction lancée par le beau blond, mais finit par glisser sur le sable… et lui retomber dessus.

-Non mais c’est pas vrai, tu le fais exprès ou quoi?

Peut être un peu, pensa le jeune voleur, pensée qu’il s’empressa d’écarter. Mais il y avait une chose que le jeune brun ne savait pas, c’est qu’en présence de Peter, son pouvoir lui échappait sensiblement, et ce dernier recevait parfois des bribes de pensées. Pensées qui n’étaient pas toujours très catholiques.

-Désolé…

Travis s’en alla rejoindre son équipe de volley tandis que Peter retournait à sa propre occupation, se détendre au soleil. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne réfléchissait pas. Depuis quelque temps, le comportement de Travis l’intriguait et il avait commencé à recevoir ces morceaux de pensées, réflexions qui ne lui appartenaient pas et qui pour lui s’apparentaient à du vol. Pourtant, toutes ces pensées, même si il n’était pas censé en avoir connaissance, ne le laissait pas de marbre. Il feignait l’indifférence, mais en réalité, cela faisait un moment qu’il s’intéressait à Travis. Le soir, quand il pensait au brun, il regrettait de ne pas pouvoir être avec lui. Mais il le connaissait assez pour savoir qu’il ne tenterait rien. Alors il se dit qu’il allait prendre les choses en mains. Littéralement. Et dès ce soir là.

Le banquet passa, la nuit commençait à tomber, et on sentait poindre, sous le ciel zébré de bleu, de orange, de rose et d’or, quelques étoiles aux pointes de diamants étincelantes. Peter réfléchissait encore au moyen d’annoncer ce qu’il voulait faire à Travis. Il ne savait pas encore, peut-être trouverait-il le moment venu… Il se leva donc, détournant son regard du spectacle remarquable qui se jouait au dessus de l’eau. Il partit vers le bungalow des enfants du dieu aussi volage que voleur, dans l’espoir de voir celui qui le faisait tant espérer. C’est alors qu’il le vit, simple ombre parmi toutes celles de la forêt, se dirigeant vers le bungalow. Il n’avait pas l’air pressé d’y retourner. Comme si il attendait quelqu’un. Peter en profita pour le rejoindre. Le brun était dos au fils du forgeron, il ne remarqua donc pas que ce dernier arrivait. Il sentit alors quelque chose lui prendre le bras et le coincer contre un arbre non loin du bâtiment, à l’abri des regards indiscrets.

-Mais tu fais quoi là !

-Je sais que c’est ce dont tu as envie Travis.

Le jeune voleur en resta pantois. Il espérait cette scène, il en avait même rêvé avec plus ou moins d’intensité. Mais jamais il ne pensait la vivre vraiment.

-Qu’est-ce qui te fais croire que j’ai envie de ça ?

Peter expliqua alors la raison de cette action à son prisonnier, qu’il trouvait maintenant plus qu’attirant.

-Depuis près de trois semaines, je reçois des bribes de tes pensées quand tu es près de moi. Comme ce matin à la plage, quand tu es tombé sur moi. Et c’est loin de m’avoir déplu. Mais je pouvais pas le montrer.

Que répondre à un discours pareil ? Il était presque impossible d’y trouver une réponse convenable. Mais après tout, pourquoi parler ? Finalement, Peter conclut son discours par une fin plutôt inattendue, mais qui collait parfaitement à la situation.

Travis sentit les lèvres chaudes, humides et charnues de Peter prendre les siennes d’assaut, essayant de forcer le passage tandis que ses mains le maintenaient toujours fermement plaqué contre le tronc d’arbre.

Posant ses mains sur sa taille, Peter continua d’embrasser Travis et commença à faire glisser ses lèvres dans le creux de son cou tandis que le jeune voleur gémissait sous ses baisers qui lui brûlaient la peau plus encore que des charbons ardents.

C’est alors que Peter s’éloigna, réalisant ce qu’il était en train de faire. Jamais il ne s’était comporté comme cela. Et puis il ne pouvait pas aimer un garçon. Qu’est-ce que les gens allaient penser de lui si ils apprenaient une chose pareille ?

Il n’eut pas le loisir d’y réfléchir longtemps car Travis, déjà en manque de ce contact charnel qu’il avait tant attendu, s’était rapproché de lui et finit par le prendre par la main.

-Je sais que ça te fait peur. Mais personne ne le saura.

L’entraînant vers la forêt, le jeune fils du dieu voleur s’enfonça dans les bois, suivi de près par celui qu’il désirait plus que tout au monde.

Peter marcha dans ses pas, non sans une pointe de déception à l’idée de devoir attendre encore et d’appréhension à la perspective de ce qui allait sûrement arriver dans peu de temps.

Travis entraîna le jeune blond de plus en plus profondément dans les bois, là où il savait d’expérience qu’ils ne seraient pas dérangés. Ils arrivèrent alors en un lieu que la forêt n’offrait généralement pas à la vue de tous. Au pied d’une rivière qui coulait sûrement vers le lac de la colonie, se trouvait un promontoire rocheux, pouvant cacher les jeunes amants au regard des quelques indiscrets qui pourraient arriver.

Travis attira Peter dans une alcôve qu’on aurait pu croire spécialement créée pour eux par la nature elle-même. Les parois et le sol étaient recouverts d’une mousse fine et douce.

Peter reprit alors ses esprits pour admirer plus nettement le garçon qui l’avait conduit ici. Il était littéralement beau comme un dieu, avec son petit nez mutin, son sourire espiègle, son rire cristallin, ses yeux rieurs et ses cheveux qui flottaient dans le vent comme s’il nageait dans l’eau. Plus il l’admirait, plus le jeune blond avait envie de lui, de le posséder pour lui seul sans condition et sans partage.

-Ici personne ne viendra nous déranger.

Travis se retourna vers lui et lui sourit pour le rassurer, tentant tant bien que mal d’essayer de calmer la petite angoisse qu’il sentait poindre dans l’esprit assez trouble du guerrier qui lui faisait face. Doucement, il lui prit la main pour ne pas trop le brusquer. Il le fit s’adosser contre la paroi rocheuse recouverte du fin duvet de mousse, tenant ses mains comme on tiendrait la main d’un enfant apeuré. Le jeune voleur resta simplement devant Peter, attendant que celui-ci se calme.

Le jeune fils du dieu forgeron était coincé entre le granit recouvert de mousse et Travis, dont il pouvait sentir l’odeur. Un parfum où se mêlait les embruns du matin et le jasmin. Sa situation était bien loin d’être désagréable. Les deux garçons n’étaient maintenant séparés que par les couches de tissu de leurs vêtements et il pouvait sentir la chaleur irradier du corps de son compagnon comme la lumière du soleil.

Le temps sembla s’arrêter, comme si lui aussi voulait fixer cet instant éphémère. Puis, comme au ralenti, les lèvres du blond vinrent à l’encontre de celles du jeune prince des voleurs. Le baiser fut plus doux que le précédent, laissant un goût de miel sur les lèvres de chacun.

Travis passa alors une main sur la taille de Peter pour sceller leurs corps l’un contre l’autre. Peter essaya de parler, voulant montrer que la situation allait trop vite pour lui mais aucun son ne sortit de sa bouche.

-Tu n’as pas besoin de parler, je sais ce que tu penses…

Le jeune fils d’Hermès avait bien compris que la situation allait trop vite et en se mettant à la place de Peter, il pouvait comprendre que ce n’était pas une situation habituelle pour lui.

-C’est la première fois que tu as des vues sur un garçon je suppose.

Il était à la fois content et déçu. Content d’avoir été remarqué parmi tous les gens qui vivaient à la colonie, mais aussi déçu de devoir attendre encore un peu plus. Mais après tout, il avait déjà attendu si longtemps, ils pouvaient bien prendre encore quelques minutes.

Ils se séparèrent alors, rompant l’étreinte ainsi créée. Travis s’éloigna de quelques pas, mettant une certaine distance entre lui et Peter qui venait juste de revenir sur Terre.

-Ça va peut-être un peu trop vite pour moi… Je suis pas un habitué de ce genre de situation.

En entendant cela, le jeune voleur se retourna, dévisageant son compagnon du moment.

-Je ne sais pas si je dois me sentir flatté ou insulté là.

Peter se mit à rougir en s’apercevant de ce qu’il venait de dire. Il est vrai que la phrase pouvait être mal interprétée, et jusque là, il n’avait jamais vraiment considéré ce genre de relation. Il se dirigea donc vers le jeune brun et lui prit doucement la main, l’amenant au bord de la rivière où ils s’assirent tous les deux.

-Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais comprends moi, c’est nouveau pour moi cet univers. Tu as sûrement plus l’habitude que moi…

Les dires du jeune apprenti-forgeron n’étaient pas totalement faux et dénués de sens. Travis était connu tant pour ses farces avec son frère que pour ses aventures d’un soir avec les mecs de la colonie. Bien sûr cela ne se disait pas, mais on le murmurait à mi-voix. Et souvent ceux qui voulaient tenter ou oublier quelqu’un venaient le voir le soir, discrètement, sans que personne n’en sache rien. Telle était jusque là la vie du jeune voleur. Mais ce dernier, loin de ne pas avoir de sentiments, n’avait d’yeux que pour le magnifique blond qui se tenait avec lui en ce moment. Et ce depuis qu’ils s’étaient croisés pour la première fois. Et maintenant, son rêve se concrétisait. Il essaya donc de calmer les angoisses de son camarade du mieux qu’il pût.

-Je sais bien ce que tout le monde dit de moi, mais ne t’en fais pas, on ira à la vitesse que tu voudras.

Il fut alors surpris de sentir la main du jeune blond se poser sur sa taille, le tenant fermement contre lui avant de poser sa tête sur son épaule. Travis ne dit rien, ne voulant pas gâcher ce moment qui était un pur bonheur pour lui.

Peter, serré contre le jeune voleur, comme un chaton se blottirait contre sa mère pour se protéger, essaya d’éclaircir ses idées tout en étant dérangé par la présence du demi-dieu à côté de lui qui le troublait plus que de raison.

Travis décida alors de briser le silence qui s’était installé entre eux, caressant la chevelure dorée et soyeuse de son compagnon.

-Ça fait longtemps que j’attends ce moment. Depuis notre rencontre en vérité, j’espérais que tu me remarques. D’ailleurs j’ai beaucoup fait pour ça. Je…

Le jeune demi-dieu ne put finir son discours. Peter l’avait embrassé, en parti pour le faire taire, en parti par envie. Le baiser dura peu de temps mais fut intense pour les deux garçons.

-Je sais déjà tout ça. Et je n’ai plus envie de t’attendre non plus.

Travis sentit la main sur sa taille de faire plus pressente tandis que de son autre main, Peter prit le menton du jeune voleur, l’obligeant à ouvrir la bouche, laissant une légère ouverture que sa langue s’empressa de prendre d’assaut. Il ne put résister à la ferveur qu’avait son compagnon à son égard. Et il ne voulait pas y résister.

Peter allongea Travis sur la mousse bordant le fleuve, formant naturellement un matelas de verdure sur le sol. Tandis qu’il occupait de manière possessive la bouche de son compagnon, sa langue en explora les moindres recoins, ses mains commencèrent à découvrir le corps du garçon sur qui il se trouvait. Survolant sa peau, la caressant légèrement comme si il se fut évaporé si il avait été trop insistant. Doucement il redessinait les traits de son visage, effleurant ensuite son cou du bout des doigts, descendant vers la clavicule, il s’arrêta quelques secondes, reprenant son souffle avant de continuer à caresser le corps du jeune demi-dieu.

Travis se laissait faire, allongé sous Peter, le laissant aller à la vitesse qui lui convenait. Lui qui d’habitude était si entreprenant craignait de trop le brusquer, ce qui aurait été un frein à ce moment intime qu’ils vivaient. Répondant doucement à son baiser, il frissonna légèrement lorsqu’il sentit les doigts de son amant commencer à le caresser doucement. Passant alors une de ses mains sur sa taille, il le força à s’allonger un peu plus sur lui, tandis que son autre main passait derrière sa nuque pour maintenir encore le baiser.

Peter sentit une main insistante sur sa hanche le maintenir contre Travis tandis qu’une autre passait derrière lui, formant comme une camisole qui l’obligeait avec plaisir à rester près de son amant. Plus sûr de lui, il décida de lui enlever son t-shirt, rompant momentanément le contact charnel avant de reprendre son baiser avec plus de fougue, dessinant avec plus d’insistance le torse musclé de Travis. Ses doigts commencèrent par faire le tour de ses pectoraux avant de frôler légèrement ses tétons.

Travis était maintenant torse nu, coincé entre le tapis de mousse fraîche et le corps de braise de Peter. Un contraste qui le fit sourire. Peter était lui aussi du genre entreprenant et maintenant qu’il était en confiance, il se sentait apparemment assez à l’aise pour prendre les choses en main. Il commença à lui caresser le torse, laissant ses mains se balader dans les zones les plus sensibles. Travis retenait avec peine les premiers gémissements que ces caresses brûlantes provoquaient chez lui.

Peter sentait bien que son compagnon appréciait nettement ses petites attentions. Il embrassa alors son torse, se dirigeant vers son téton droit tandis que ses mains le maintenait fermement plaqué au sol.

Aucun des deux jeunes guerriers n’avaient vu l’eau frémir légèrement, ils ne furent pas non plus dérangés par le clapotis du ruisseau. Malheureusement pour eux, ils réagirent trop tard.

Peter était encore en train de caresser le corps de son jeune amant lorsqu’il vit une tête sortir de l’eau.

On aurait pût croire à un amas d’algues, une masse verdâtre sortie de l’eau, des cheveux verts qui recouvraient des yeux tout aussi verts, d’une couleur émeraude aux reflets turquoises. La belle ondine n’avait pas sorti plus son visage, de contentant de laisser son regard sur les corps déjà à moitié nus des deux apollons.

Lorsque le jeune brun s’aperçut de l’intrusion, il se recula, laissant son compagnon en désarroi alors que la jeune nymphe replongeait dans l’eau.

-Arrête, on nous a vu.

Il commença à se lever tout en s’éloignant légèrement et en remettant sa chemise.

-Pourtant, j’ai entendu dire que ça ne te dérangeait pas qu’on te retrouve en compagnie d’un mec.

Travis se détourna en entendant ces paroles. Même si il avait l’habitude du corps des hommes, il n’aimait pas pour autant l’idée qu’on le surprenne avec celui qu’il désirait depuis plusieurs années déjà.

-J’ai mes raisons pour agir ainsi. Nous devrions rentrer dans nos bungalows respectifs.

Peter s’était levé à son tour, de tenant à un mètre seulement du jeune brun alors que lui, au contraire, essayait de ne pas en être trop proche, évitant ainsi le risque de retomber sous son charme et de s’y brûler les ailes à nouveau.

-Très bien… Si tu en as décidé ainsi je ne pourrais pas faire grand chose pour y remédier…

Tournant les talons, le jeune blond commença à se diriger vers l’orée de la forêt. Sortant de sa stupéfaction, Travis se mit à courir après lui, comme à son habitude.

-Peter, attends-moi s’il-te-plaît. Laisse moi au moins t’expliquer.

Se tournant alors vers son cadet, le jeune fils du dieu forgeron le jaugea. Il lui paraissait plus petit qu’à l’ordinaire et lui faisait penser à un petit garçon qu’il lui aurait fallu protéger.

-Je crois qu’une nymphe nous a aperçus. Et… Ça m’a coupé…

Le jeune voleur regardait le bout de ses pieds, penaud qu’une chose pareille ai brisé une scène qu’il avait pourtant imaginé et répété au moins un million de fois.

À cette vue, Peter eut un petit sourire. Il était tout simplement adorable. Quel humain n’aurait pas naturellement envie de le prendre dans ses bras ? Il se dirigea alors vers lui, le prenant par la taille.

-Je ne t’en voudrai pas à la condition que tu me fasses une promesse.

Levant un regard scintillant vers son camarade de bataille, Travis hocha la tête en signe d’assentiment.

-Je voudrais que tu me promettes qu’un jour je serai à toi.

Un sourire se forma sur le visage du plus jeune. Il n’aurait jamais imaginé que cette éventualité puisse un jour arriver. Comme un enfant, il se jeta donc sur son aîné pour le prendre dans ses bras. Leurs embrassades furent de courte durée car le matin commençait déjà à poindre derrière les hautes collines. Ils de dirigèrent donc vers le campement pour rejoindre leurs bungalows pour faire croire aux autres qu’ils avaient passé la nuit dans leur lit.


Tramouet

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