-C’est ici.
-J’avais cru comprendre, se moqua la brunette.
Il est vrai que ce bungalow indiquait très facilement l’identité du dieu concerné : Poséidon.
De son pas aérien, la jeune femme gravit les deux marches avant de disparaître à l’intérieur de l’habitation. Chiron la regarda, la couvant de son regard tendre, puis soupira avant de partir de son côté.
Meredith s’arrêta à l’entrée pour habituer ses yeux à la luminosité plus faible. Une fois cela fait, elle dû faire face à trois adolescents : un garçon, un satyre et une fille. Ils étaient installés sur un des lits. Lit qui semblait être utilisé vu les affaires accrochées.
-Bonjour, commença-t-elle.
-Salut ! S’exclama le satyre en sautant sur ses sabots. Tu es nouvelle ? Je ne t’ai encore jamais vu dans le coin ! Je m’appelle Grover, et toi ?
-Grover, on se calme, tenta de tempérer la jeune fille en le faisant se rasseoir.
-Oui, je suis nouvelle, répondit-elle en souriant de toutes ses dents. Je viens juste d’arriver, d’ailleurs. Je me nomme Meredith Longway, enchantée.
-Je suis Percy Jackson, se présenta le garçon en allant lui serrer la main. Et voici Annabeth Chase, fille d’Athéna. Et toi ?
-Moi ? Je suis… Commença-t-elle.
-Tu es une chasseresse ! La coupa Grover en se relevant de nouveau, tout excité.
-Plus ou moins.
-Tu es dans le bungalow de Poséidon. Celui de Artémis est plus loin, lui indiqua froidement la fille d’Athéna.
-Je suis fille de Poséidon. Je ne fais plus partie des chasseresses. C’est tout expliqua-t-elle tranquillement. Je peux donc m’installer ?
-Bien sûr, sourit Percy. Nous sommes donc demi-frères.
-Absolument.
-Comment as-tu fait pour ne plus être chasseresse ? S’étonna Annabeth.
-Dame Artémis a jugé que cela devait être ainsi. C’est tout ce que je dirais, annonça Meredith en s’avançant pour rejoindre les lits de l’autre côté de la paroi.
Elle commença à s’installer tout en sifflotant, faisant fi du silence qui les entourait. Il était rageur, telle une épaisse buée autour de la fille d’Athéna ; admiratif, scintillant comme de petites étoiles aux environs de Grover ; amical, de la part de son demi-frère, telle une vague d’eau tiède s’échouant sur une plage de sable fin et blanc.
Elle sourit doucement à ces attitudes si différentes, avant de soupirer face à un vieux souvenir… Elle fut sortit de ses pensées lorsqu’elle nota que son lit s’était affaissé sous le poids de quelqu’un. Elle n’avait pas besoin de regarder : elle savait déjà qui c’était par la simple manière de respirer de cette personne. Une respiration un peu sous-marine.
-Est-ce que ça te dirait un combat ? Demanda Percy en la regardant.
-Mmh… ça dépend… se contenta de répondre la jeune fille.
-Ah bon ? De quoi ?
-Avec toi, j’imagine, le combat, hein ? Es-tu bon perdant ?
-Que… que… quoi ?! S’exclama-t-il en se relevant d’un coup.
Meredith se tourna vers lui et lui adressa un sourire mutin qui creusa ses fossettes et colora les joues du jeune Jackson. Elle se rapprocha de lui d’un pas chaloupé qui ne fit pas craquer le parquet. Posant ses mains sur les épaules de son demi-frère, elle apposa sa tête sur son épaule, sa bouche à quelques centimètres de son oreille.
-Es-tu bon perdant ? Souffla-t-elle. Je ne me suis pas battue depuis longtemps et suis un peu rouillée, mais n’empêche. Se battre ne s’oublie pas.
-Je gagne rarement contre Annabeth, balbutia-t-il, le rouge aux joues.
-Bon à savoir, ronronna la brune. Et contre un Arès ?
-Je… je me débrouille, quoi…
Meredith le relâcha et s’éloigna de quelques pas, une lueur sérieuse dans les yeux. Elle plaça ses mains sur ses hanches et le toisa de toute sa hauteur.
-Percy Jackson, je suis au regret de t’annoncer que je vais prendre en main ton entraînement !
Le jeune homme écarquilla les yeux tout en se reculant, pour finir par buter contre le rebord du lit et tomber dessus. Meredith s’approcha de nouveau de lui, et posa sa main sur son genou. Une lueur de tendresse luisait en ses yeux.
-Petit frère, tu es en danger de mort de par ta naissance. Il est logique que je t’aide à survivre, non ? Prononça-t-elle d’une voix douce.
Percy lui sourit maladroitement alors qu’elle plaqua une bise retentissante sur la joue encore un peu rebondie du garçon de 12 ans. Ses yeux étaient emplis de malice quand elle recroisa son regard.
-C’était bien toi qui me parlait de combat, non ? Prononça-t-elle d’une voix douce.
Un éclair d’enthousiasme passa dans les yeux océans de son vis-à-vis.
-Toujours partante ? Rugit-il en se levant, pointant son poing au ciel.
-Toujours ! S’exclama-t-elle en effectuant le même geste.
-Yeah ! Hurlèrent-t-ils d’une même voix.
Ils échangèrent un regard avant d’éclater de rire. Puis Meredith récupéra la paire d’aimants qu’elle avait rangé un peu plus tôt dans la poche de son blouson de tissus.
-On y va ?
-Et comment ! S’exclama Percy en attrapant Turbulence.
Leur arrivée fut remarquée, entre autre par le fait qu’un visage inconnu accompagnait le fils de Poséidon et que tous deux se dirigeaient vers l’arène de combat, dans un coin plus tranquille.
Percy portait une armure complète, mais étrangement légère par rapport à celle qui lui avait été prêtée au début. C’est sa demi-sœur qui la lui avait choisi, arguant que sur terre, ils devaient compter sur leur agilité et vitesse, étant donné qu’ils étaient atteint d’un handicap à ce moment.
Meredith, elle, ne portait rien d’autre qu’un pectoral où elle avait tracé à l’aide d’une craie blanche, une cible placée au niveau du cœur et une autre au creux de l’estomac.
-Tout d’abord, expliqua-t-elle, on va combattre. De toutes tes forces, tu vas me démontrer ainsi ta force et ta manière de répondre aux coups. Après, on verra bien, je pense que ce sera déjà pas mal…
Percy dégainant son stylo et le transforma en son épée, Meredith tripota sa paire d’aimants, semblant peser le pour et le contre. Finalement, elle se contenta de croiser les bras, un air de défi peint sur le visage.
-Tu ne prends pas d’arme ? S’étonna Percy.
-Contre toi ? Pas besoin. De plus, ça risque d’être plus handicapant qu’autre chose. Bon, on commence ?
Et ça commença. Percy fit le premier pas, cherchant à toucher la cuirasse de la jeune fille en allongeant le bras tenant Turbulence. Meredith ne bougea pas, se contentant de regarder l’arme s’approcher d’elle. Et, alors, que la lame allait la toucher, elle cligna des paupières et disparut subitement, faisant s’arrêter Percy dans son geste. Il cherchait à comprendre jusqu’à ce qu’un pied survienne dans son champ de vision et percute son casque, le projetant à terre un peu sonné alors qu’une silhouette retombait sur ses pieds. Celle-ci se pencha au-dessus de lui, le regardant avec de grands yeux innocents tout en remettant une mèche en place.
-Bon, tu comptes faire bronzette ? Lâcha-t-elle.
-Comment t’as fait ? Se contenta-t-il de demander alors qu’elle le relevait.
-Simple. J’ai sauté.
Elle l’épousseta sommairement avant de reculer et de se mettre à nouveau en garde.
-Allez, on recommence ! Ne crois pas qu’une seule attaque m’a suffit pour évaluer quoique ce soit ! Surtout ce genre d’attaque !
Elle ricana tout bas et esquiva de justesse la nouvelle approche un peu maladroite, pour répliquer d’un coup de pied dans l’estomac qui ne le fit que reculer de peu. Mais ça ne l’empêcha pas de la toucher à la pommette du revers du pommeau.
Elle frôla du bout des doigts le bleu qui y figurait maintenant.
-Bon, je crois avoir compris. Tu réagis à l’instinct. Non ?
-Euh… bah, un peu, oui…
-D’accord, soupira-t-elle. On va bosser l’esquive. Au cas où…
Meredith vérifia que les protections étaient toujours bien accrochées. Cela fait, elle recula et rassembla ses cheveux en un chignon puis elle lança ses deux aimants dans les airs en même temps. Quand elle les rattrapa, ils s’étaient transformés en une lance qu’elle fit tourner façon majorette avant de la serrer des deux mains, défiant Percy de ses yeux clairs.
-Je vais t’attaquer. Tu vas devoir m’éviter. Pas te défendre.
Le jeune homme hocha la tête, mal à l’aise avant de se camper sur ses deux jambes.
-Tu peux te défendre, si tu le souhaites. Je commence.
À peine dit-elle cela qu’elle avait disparu. Un son de clochette. La lance se planta juste devant Percy alors que Meredith se tenait debout sur la pointe des pieds tout en haut de l’arme.
-J’ai accroché une clochette à ma taille pour t’aider, expliqua-t-elle.
-Je ne t’ai pas vu… Pourquoi n’as-tu pas d’ombre ?
-J’ai une ombre.
-Je ne l’ai pas vu.
-Regarde par terre, elle est juste là, prouva-t-elle en la pointant du doigt. Mais je dévie le soleil à l’aide de l’eau, créant ainsi une sorte de miroir et supprimant mon ombre à ton regard. Je t’apprendrai. Promis.
-Comment…
-Chacun ses affinités avec l’eau mon cher.
Ils échangèrent un sourire complice.
-Prépares-toi, je recommence ! Le prévint-elle en pliant les genoux.
Percy se mit en une sorte de garde libre, lui permettant de se défendre plus agilement. Alors, quand la brune disparut et lui décocha un coup dans le dos, il put esquiver d’un pas sur le côté et faire rencontrer les deux armes.
Meredith lui sourit.
-Tu fais des progrès !
-J’apprends vite. Tu as encore utilisé ton pouvoir pour l’ombre ?
-Oui. Grâce à un mur d’eau, je peux disparaître à la vue des autres.
Les combats se poursuivirent, accompagnés d’explications gracieusement offertes par la jeune fille qui s’amusait plutôt bien.
