Le temps passait, et l’heure du dîner sonna. Les deux habitants du bungalow du dieu de la mer se figèrent sur place et échangèrent un regard avant de se mettre à rire subitement. Ils étaient couvert de sable.
Meredith ôta le casque qu’elle avait fini par mettre et il se transforma en un bandana qu’elle fourra dans sa poche avant d’enlever les sangles retenant le pectoral qui fut rattrapé avant de toucher le sol de l’arène. En-dessous, le T-shirt jaune collait à la peau, moulant ainsi le haut du corps de la jeune fille. Cette dernière écarta le bas du sweat et l’agita pour décoller le tissu et y faire parvenir l’air. Elle finit par relever la tête.
-Je crois bien qu’une petite douche s’impose, là, non ?
Essoufflé, Percy ne put qu’acquiescer de la tête. En voyant cela, sa demi-sœur s’approcha de lui et ôta les diverses protections avec douceur. La tâche achevée, elle l’embrassa sur le front.
-Vas-y, je m’occupe de ranger le matériel.
Percy la remercia du regard, rangea son épée après l’avoir retransformée en stylo et partit se laver avec lenteur. La jeune brune regarda son jeune frère s’éloigner avant de se mettre à ce qu’elle avait dit, après avoir craché le sable qui s’était engouffré dans sa bouché durant une des attaques.
Alors qu’elle se dirigeait vers l’armurerie les bras chargés, elle perçut une autre présence auprès d’elle, ou plutôt dans le bâtiment où elle se dirigeait.
Y entrant, Meredith aperçut effectivement un jeune homme blond en train de s’activer à ranger divers équipements. L’observant à la dérobée, elle nota la balafre sur la joue, les muscles saillants et l’allure pensive. Une étrange aura se dégageait de lui. C’est ce qu’elle était en train de se dire alors qu’il semblait remarquer sa présence.
-Bonjour, tu viens d’arriver ? Je me nomme Luke Castellan.
-Salut. Oui. Enfin, après l’heure du déjeuner, plutôt. Meredith Longway.
-Enchanté, lui sourit-il. Tu as besoin d’aide pour ranger tout ça ?
-De même, lui assura-t-elle. Je t’avouerais être totalement perdu, là.
Il n’en fallut pas plus pour être délestée de sa charge. Le jeune homme aligna les diverses parties avant de s’emparer d’un chiffon dans un seau, puis de s’installer et de les frotter. Une fois passée sa surprise, la jeune fille fit de même, s’aidant de son pouvoir certaines fois, discrètement. La tâche fut finie plus vite qu’elle n’aurait dû l’être grâce à cette aide impromptue.
-Merci beaucoup, prononça Meredith en souriant alors qu’ils rangeaient les dernières pièces.
-Mais de rien, c’est un plaisir de t’avoir aidé, certifia-t-il.
-Eh bien, je te laisse, je… on se revoit plus tard ?
-Certainement.
Meredith lui tourna le dos, gênée, et rejoignit le bungalow où son frère patientait tranquillement, allongé sur son lit. Elle lui sourit avant d’aller chercher de quoi se laver et des vêtements propres. Cela fait, elle fila aux cabines et savoura cet instant. Ça faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas pu profiter de ce luxe ! Chez les chasseresses, on se lave dans les sources et autres points d’eaux, et pas forcément des plus chaudes.
Après s’être laissée quelques secondes de détente, elle se pressa pour enlever le sable, la terre, la poussière et la sueur de son corps. Suite à cela, elle enfila ses vêtements et sortit du bâtiment des douches tout en se brossant délicatement les mèches brunes encore pleine d’eau. Oh ! Elle pourrait enlever cette eau, si elle voulait. Mais non. Elle aime bien la sensation de l’eau qui goutte sur sa peau…
Revenant au bungalow, elle manqua de percuter Percy.
-Scuse, je t’avais pas vu.
-J’allais te chercher, justement. Ça va être l’heure du repas.
-Ah bon ? S’étonna-t-elle en allant ranger ses affaires.
-Oui. L’odeur de nourriture commence à se faire sentir. De plus, j’ai croisé Travis. Il est chargé de la trompette, aujourd’hui.
-J’arrive, alors, fit-elle en achevant son rangement.
À peine ces mots furent-ils prononcés que Travis souffla l’entièreté de ses poumons dans l’instrument, faisant sursauter tout les gens présents dans le camp.
Captant le regard étonné et un peu sonné de Meredith, Percy chercha à expliquer pourquoi cette hausse de volume.
-Euh… Travis adore les blagues, alors, euh… ben…
-Laisse tomber, soupira-t-elle. Fils d’Hermès ou d’Apollon ?
-Hermès, marmonna-t-il.
-Ça s’entend, commenta-t-elle en passant devant lui. Bon, on y va ?
Il lui sourit pour toutes réponses avant de la rejoindre. Ils ne parlèrent que très peu sur le trajet, échangeant simple banalité. Le brun saluait quelques personnes sur son passage. Ils s’installèrent tous deux à la grande table vide de Poséidon, vite rejoints par un Grover un peu plus calmé.
-Bonsoir Grover, le salua la jeune fille.
-Damoiselle Meredith, rougit le satyre.
La dénommée rit un peu en voyant sa réaction. Vraiment ! Quand ses compagnes lui avaient parlées des réactions des satyres… Pourtant, elle n’était plus chasseresse depuis quelques mois, ça aurait dû s’estomper, non ? En tout cas, elle aimerait bien que ça le soit.
Les tables alentours s’emplissaient joyeusement, deux se faisant remarquer plus que les autres : celle d’Hermès et celle d’Arès. La première était plus bruyante qu’à l’accoutumé car le jeune Travis était en train d’être sermonné par Luke, secondé par un jeune homme le ressemblant étonnamment.
-Il se fait vraiment passer un savon, je le plains, fit remarquer le fils du dieu de la mer, faisant revenir Meredith à la réalité.
-Vu la tête qu’il tire, tu m’étonnes ! Répondit-elle. Luke n’a pas l’air de vouloir l’épargner…
-Tu connais Luke ? S’étonna Percy.
-Il m’a aidé à ranger les protections tout à l’heure… C’est qui le garçon à ses côtés ? Il ressemble beaucoup à Travis, je trouve.
-Connor Alatir, son frère jumeau.
-Ceci explique cela… Il a l’air furieux.
-Normal, soupira Percy. Ils font souvent leurs coups ensemble. Il a pas dû apprécier qu’il le fasse sans lui.
-Vu la coupure fraîche, je ne pense pas que ce soit ça.
-Une coupure ? Releva Grover. Où ça ?
Il se tortilla pour regarder dans la direction du jumeau concerné. Au même moment, les nymphes apportèrent les plats et chacun se servit avant d’aller au brasero pour le « sacrifice ».
Quand ce fut son tour, Meredith y fit tomber ses plus belles pommes de terre et un beignet au poisson.
« Poséidon, merci pour ce nouveau départ. »
Mais, au lieu d’aller se rasseoir aussitôt, elle y fit glisser un autre beignet de poisson, mêlé à la sauce.
« Papa, pour toi. »
-Alors, d’où as-tu vu cette coupure ? Attaqua Grover une fois Meredith à peine installée. Il me l’a montré, mais bon…
-Je sais juste qu’il saigne. Je suis formée à percevoir l’odeur du sang de loin, j’ai fais partie des traqueuses.
-Traqueuses ? Répété Percy en fronçant des sourcils.
-Celles qui suivent à la trace les animaux touchés. Il arrive que certain nous donne du fil à retordre, mais rien de grave, assura-t-elle.
-Meredith…
-Oui, Chiron ? Répondit celle-ci en se retournant.
-Un seul sacrifice est nécessaire, tu sais, reprit-il doucement.
-Je sais, mais il est des plus logiques que je remercie la personne qui me protège et mon propre père, non ?
Pour seule réponse, le centaure sourit malicieusement.
-Tu n’as pas de problème pour l’instant ?
-Chiron, soupira-t-elle en roulant des yeux. Je ne suis à la colonie depuis seulement quelques heures ! Mais, sinon, tout va bien, merci…
La soirée se déroula sans encombre et dans une ambiance des plus agréables. Meredith se sentait bien. Non, pas comme si elle était enfin à sa place comme la plupart des demi-dieux, mais parce qu’elle était tolérée, malgré son ascendance. Chose qu’elle n’avait quasi jamais vécu, de toute son existence.
Sur le chemin du retour alors qu’ils allaient rejoindre le bungalow, la brune se stoppa, la tête tournée vers le ciel où les étoiles luisaient fortement. Elle sourit avant de retomber sur Terre.
Lors du repas, le directeur l’avait vite présenté, écorchant son nom au passage, avant de s’asseoir et de continuer le repas qui passa sans incident notable.
« Père. J’ai comme la sensation de faire une halte importante dans ma vie. Et il se peut qu’elle dure sans s’éterniser… »
La jeune fille referma ses doigts sur un pendentif passé à la chaîne qu’elle portait sous son T-shirt. Un petit sourire triste se dessina sur son visage avant de reprendre son chemin, rejoignant son frère dans le bungalow pour se coucher.
