Une goutte d'eau dans le vase [Percy Jackson]

Une goutte d’eau dans le vase – 1/2

Une chose que je déteste bien dans le bungalow d’Héphaïstos, c’est la pesante moiteur qui y règne. C’est étouffant, ça prend les poumons, la gorge, tout ! On se tourne et retourne dans son lit sans trouver ce qu’on cherche, le sommeil nous fuit dès qu’on grogne de mécontentement. On arrache la couverture, on s’y renfonce, on retourne l’oreiller, on se met la tête dessous…

Crevé et haletant, je finis par me lever, enfilai un short et des baskets, décidant d’aller me promener à côté du lac. Je grommelai un peu tout en me frottant les paupières et en fourrageant dans mes cheveux. L’humidité assez fraîche de la nuit me fit du bien et j’en soupirai d’aise après avoir enfoui les mains dans mes poches. J’inspirai à plein poumons cet air si rafraîchissant par rapport à celui du bungalow tout en me dirigeant vers l’étendue d’eau. Je m’adossai à un tronc de l’un des arbres qui la bordaient et observai l’onde si calme.

C’était vraiment une vision… La nuit était d’un noir d’encre, faisant ainsi ressortir les étoiles qui piquetaient le voile sombre du ciel. L’eau paisible se ridait parfois lors d’une chute de feuille ou sous le souffle d’une brise. Pas un bruit, que ce soit venant des bungalows -enfin, je ne tiens pas compte des ronflements provenant de celui des Arès et des Hermès, hein- ou de la forêt, hormis le vent secouant quelques feuillages.

D’un coup de rein, je me décollai de l’arbre et poursuivis ma ballade. Arrivant à l’exact opposé de la colo, je perçus le bruit ténu d’une respiration tranquille. M’approchant un peu plus et à l’aide de la lumière lunaire, je pus remarquer le corps allongé sur la plage. Les yeux tournés vers la voûte céleste, les pieds dans l’eau même si je les soupçonnais d’être parfaitement secs, ses courts cheveux noirs aux boucles folles éparses autour de lui, un bras replié sous sa tête, l’autre posé sur son torse, il ne portait en tout et pour tout qu’un boxer bleu-gris. Sa peau dorée par le soleil luisait sous la lune, lui offrant ainsi une aura de douceur. Je repris ma marche et m’approchai de lui, m’arrêtant à ses côtés.

-Je peux m’asseoir ici ?

Il hocha la tête sans piper mot.

Je pris donc place sur le sable mouillé, me fichant complètement de l’état futur de mon short. Après tout, nous, les enfants d’Héphaïstos, nous sommes plutôt connus pour notre apparence débraillée, alors un peu plus, un peu moins… Je soupirai tout en relevant la tête et scrutai à mon tour le ciel. La Lune resplendissait, toute ronde et argentée. Je pris appui sur mes coudes en m’allongeant à moitié, rejetant ma tête en arrière.

Le souffle léger du fils de Poséidon m’endormait un peu, je sentis ma tête dodeliner, mais sans plus. Les respirations m’ont toujours apaisé… Allez savoir pourquoi !

-Tu n’arrives pas à dormir, toi aussi ? Demanda mon voisin en déchirant le silence.

-Pas vraiment, avouai-je en me perdant dans la contemplation des systèmes. Il fait trop chaud et ça m’oppresse.

Un petit silence s’installa. Pas très long. Durant celui-ci, je m’étais un peu plus allongé. J’étais maintenant en appui sur mon coude droit, ma tête reposant sur ma main ouverte, mon autre bras à plat sur mon torse, tourné vers lui.

-J’avais envie de me baigner… Comme si l’eau m’appelait… De toutes façons, la température m’empêche de dormir, soupira-t-il.

J’esquissai un petit sourire qu’il ne put voir, car il regardait ailleurs. Je l’entendis soupirer de nouveau.

-Un problème ? Tu n’arrêtes pas de soupirer depuis tout à l’heure…

Je le vis tourner le visage vers moi, sa peau toujours luisant au clair de lune. Ses yeux océan semblaient phosphorescents, alors que ses cheveux se fondaient avec la couleur ambiante. La seule réelle teinte de couleur était ses lèvres. Ces dernières se murent lorsqu’il me répondit :

-Je m’ennuie. Il n’est pas encore minuit, et le petit déjeuner n’est servi qu’à huit heures… Il m’en reste encore dix à tuer…

-Eh bien on est tous les deux dans le même cas, mon gars. Ennuyons-nous donc ensemble !

Sa bouche s’étira en un sourire amusé. Il était vraiment craquant ainsi. Je soupirai à mon tour : pourquoi, par les dieux, étais-je obligé de cacher mon attirance pour les garçons ?

Car ta situation serait pire, susurra une petite voix dans ma tête.

Elle avait raison, cette garce. Lors de mon arrivée, je m’étais déjà fait repérer par l’automate que le géniteur m’avait octroyé comme guide. Le fait que j’ai vingt-deux ans n’aide pas. Et là, le pire fut quand je fus assigné au travail de la forge avec mes « frères ». Je ne suis pas à l’aise avec les métaux, sauf si ce sont des outils. Le bois et l’argile sont de loin ma préférence… Après réflexion, le pire, fut plutôt lorsque je dus expliquer la provenance des cicatrices sur mon torse et mon dos, ainsi que ce que je faisais avant ma venue.

Avouer avoir vécu dans la misère et s’être résolu à vendre son cul pour survivre n’a rien de glorieux. Qu’on se le dise.

-Gaol ? Demanda-t-il en brisant le silence.

-Hm ? Grognai-je, sorti de mes pensées.

-Tu as déjà aimé quelqu’un ?

Mais c’est quoi cette question ? Je l’observai, les yeux écarquillés.

-Non. Je suis ce qu’on appelle un « handicapé sentimental ». Je ne ressens que rarement et difficilement des sentiments.

-C’est vrai que tu n’es pas très expressif, fit-il remarquer d’une voix rêveuse.

-Et toi ?

-Si je compte ma famille, oui. Ma mère. Mon père… je ne sais pas trop, mais je crois que oui. Et puis mes amis, bien évidemment.

Je soupirai en l’entendant parler ainsi. Ma génitrice était une prostituée, et mon géniteur l’a sautée un soir, sans préservatif. Voilà. Hyper romantique, hein ?!

-Le vieil homme de la menuiserie. Je… je crois que je l’aime bien. Il a accepté de m’embaucher alors que je n’avais pas un sou et aucune formation. Il m’a laissé dormir dans l’atelier, aussi. Il ne me payait pas par manque de moyens, mais ça ne me gênait pas.

-Comment faisais-tu pour te nourrir ? Demanda mon voisin.

-La sciure. Les copeaux de bois. Bien macérés dans de l’eau, puis malaxés, ça devient une bouillie consommable.

Un silence suivit mes propos. Je revivais ces moments. J’attrapais un contenant quelconque, -même sale- récupérais la neige dehors, puis rentrais préparer ma mixture. J’avais le goût dans la bouche, rien que d’y penser.

Je finis par m’allonger complètement, le regard toujours tourné vers le haut.

-Gaol ?

-Oui, Percy ? Soupirai-je.

-Ça te dit de piquer une tête ?

Je souris. L’eau est mon élément préféré. Je me relevai et m’accroupis à ses côtés, le surplombant.

-Le premier arrivé au fond ? Lui souris-je.

Ses yeux s’illuminèrent, et il se releva d’un coup de rein. Ayant anticipé, je pus éviter le choc en reculant la tête. Je décidai d’enlever mon short et le jetai donc plus loin. Regardant de nouveau vers le fils de Poséidon, je captai son regard qui me semblait empli de… désir ? En faisant fi, je haussai les épaules avant d’entrer dans l’eau. Tiède. Agréablement tiède, même.

J’avançai sans pensées. Alors quand l’eau m’alla aux environs des genoux, une vague m’éclaboussa, me faisant me retourner vers la plage, mais rien. Grommelant car je n’avais que très peu apprécié le fait d’être éclaboussé, je décidai de m’immerger à mon tour.

J’aime bien l’eau. Ce soi-disant concours n’était qu’une proposition comme une autre pour faire passer le temps et peut-être nous aider à trouver le sommeil.

Les yeux ouverts, je cherchais du regard la silhouette de Percy. La trouvant, je la rejoignis. Il m’adressa un sourire que l’on pouvait qualifier de « doux ». Je lui fis face. Étant assez endurant, je pouvais rester en apnée plus longtemps que la moyenne. Je ne compte plus le nombre de fois où ma tête fut enfoncée dans un quelconque récipient empli d’un liquide… C’est un entraînement comme un autre.

J’observai les reflets dans l’eau de la lune. L’eau était sombre et des taches de lumière dansaient. Quelques-unes apparaissaient sur le corps du fils de Poséidon. Il me fallait un certain self-control pour ne pas lui sauter dessus. Ce rond de lumière sur son dos puis sur son ventre, remontant jusqu’aux pectoraux… Et un autre se perdant dans ses cheveux et jouant sur son visage.

Je grognai, relâchant quelques bulles. Détournant mon regard de ce corps si désirable, j’entrepris de centrer mon attention sur une bête plante aquatique.

Un mouvement dans l’eau plus tard, et une bulle d’air entoura mon visage, me permettant de rester dans l’eau sans me soucier une seule fois du problème respiratoire. Je souris à Percy pour le rassurer, et lui-même me sourit en retour, amusé de ma brève bouderie. Ce n’est pas mon caractère, que voulez-vous ? Ce n’est pas dans mes habitudes, voilà tout… Mais Di Imortales ! Ce qu’il pouvait être craquant, tout de même, ce fils de Poséidon, avec ses fossettes lorsqu’il sourit ! Ou alors, cette impression est renforcée par le jeu des ombres et des rayons lunaires…

Des proies, j’en ai des tas. Je collectionne les conquêtes. Essentiellement masculines. Il y a les potentielles et les « bouillies ». Celles passées à la casserole et dont je me débarrasse. Pas forcément une histoire d’un soir. Ça peut durer jusqu’à 3 mois, vous savez… Certaines, je n’irai jamais les chercher, préférant le fantasme à la réalité.

À la Colonie, je ne suis pour le moment qu’à la phase « repérage de potentielles ». Et peu en font partie. J’ai éloigné ceux en couples, les filles (évidemment), mes frères (libertin mais pas incestueux) et d’autres… Je ne suis pas regardant au niveau parent divin, mais j’ai tendance à privilégier les Arès (endurant, bestial, musclé, dominant) et les Hermès (nerveux, souple, dominé…). Les Dionysos sont tout en bas, je crois bien… Mais pour le fils de Poséidon ? Je n’y avais pas pensé… Il est vrai qu’il est plutôt pas mal… Je le suivis du regard, le matant sans vergogne lorsqu’il se dirigea vers la surface.

Je le suivis après un temps d’arrêt. La tête hors de l’eau, j’eus l’impression que la bulle éclata. Cherchant Percy et ne le trouvant pas, je tournai sur moi-même avant d’être tiré par les jambes et de faire face à celui que je cherchais. Il me tenait par les épaules, plaqué contre lui, ses yeux étincelant de rire et un sourire prouvant qu’il se retenait de s’esclaffer. Je lui tirai puérilement la langue et cherchai à me débattre. Il resserra son étreinte, riant toujours, et m’empêcha de lui filer des coups de pieds en emmêlant nos jambes. Je grognai de nouveau, des bulles s’échappant de ma bouche. Remarquant cela, mon attrapeur remit en place la bulle d’air sur mon visage.

-Tu n’es pas drôle Percy… Lâche-moi, s’il te plait…

-Non non non, chantonna-t-il en me plaquant un peu plus contre lui.

-Percy, grognai-je.

Ma voix me parut plus rauque qu’à l’ordinaire. Mais pensez donc ! Collé serré à un beau brin de mec musclé et plutôt appétissant, et gigotant contre moi… Mon self-control s’effilait dangereusement.

-Lâche-moi, s’il te plait, le suppliai-je.

-Pas envie.

Je le sentis, plus que vis, blottir son visage dans mon cou. Sa respiration me chatouilla quand les bulles s’échappèrent. Il se colla plus à moi. Je savais qu’il me fallait peu de temps avant de réagir. Me débattre me ferait courir le risque de me frotter à lui… Et je ne veux pas essayer. Car Annabeth existe. Car elle est amoureuse de lui. Et que Percy aussi. Je crois.

-Gaol ?

-Oui ? Soupirai-je en observant la surface au-dessus de nous.

-Comment et quand as-tu compris que tu étais gay ?

Je me figeai. Étais-je donc si peu discret ?

-Qu’est-ce qui te fait croire que je le suis ? Murmurai-je.

-Ton comportement. Tu passes plus de temps avec les garçons. Et quand des filles passent, aucune réaction, par exemple.

-Ça ne veut rien dire, riai-je.

-Ta réaction lors de ma question ? Proposa-t-il innocemment.

Je grognai de nouveau. Il m’avait eu, là.

-Je ne sais pas. Je me suis jamais posé la question, à vrai dire. La femme qui m’a mis au monde, le fait qu’elle m’ait abandonné ainsi, ça m’a dégoûté des filles, je pense. Dans mon orphelinat, il n’y avait que des garçons, aussi, alors… Je ne sais pas.

Percy n’a rien dit, resserrant son étreinte sur moi.

-Pourquoi cette question, au fait ?

-Pour savoir, répondit-il d’un ton léger…

Le silence reprit son royaume et nous restâmes dans la même position. Je regardai la surface tout en rêvant, et Percy gardait sa tête collée contre mon cou. Du moins, jusqu’à ce qu’il amorce un geste qui me laissa sans voix, si l’on peut dire. Il écrasa ses lèvres contre les miennes.

Quand il recula la tête, j’ancrai mon regard au sien.

-C’est une déclaration ? Fis-je d’un ton amusé.

-Je… je, bégaya-t-il.

Je posai mon index sur ses lèvres.

-Laisse-moi deviner… Tu aimerais savoir si tu es attiré par les garçons ?

Il hoche la tête, ses yeux observant le fond du lac.

-Eh bien pourquoi pas ? Souriai-je en plaçant ma main sur sa hanche tout en prenant possession de ses lèvres.

Son regard étonné croisa le sien alors que je taquinais sa bouche de ma langue. Comprenant ma demande, il entrouvrit ses lèvres et je m’y engouffrai, caressant de mes mains expertes son corps. Il se collait à moi, ses bras passés autour de mon cou, emmêlant un peu plus nos jambes. Je frôlai le bas de sa colonne et l’entendis gémir. Je cassai le baiser et attaquai son cou, une de mes mains taquinant son téton gauche, l’autre cherchant à faire glisser son vêtement, chose aisée par le fait qu’il soit sec.

Il se crispa un peu lorsque ma main, une fois acquittée du déshabillage, flattait sa croupe avec douceur, dessinant de petites spirales. Je m’empressai de le rassurer à l’aide de petits baisers tendres au creux de son cou, le faisant grogner sous ces petites attentions où dents et langue se mêlaient avec complaisance. Je le sentais se laisser aller entre mes bras, mais je savais qu’il n’était pas vraiment à l’aise. Je me devais de lui faire passer un moment agréable. Qu’il n’ait qu’un bon souvenir.

Je collai un peu plus mon corps contre le sien, mes mains crispées sur ses hanches, frôlant nos érections avec un plaisir non feint. Je cherchais à le faire se détendre et qu’il perde un peu pied, pour que l’étape suivante se passe sans ennuie pour lui, comme pour moi.

De sa hanche, ma main migra vers sa verge et l’empoigna avec douceur, alors qu’il déglutit difficilement. Je l’embrassai langoureusement tout en démarrant de longs va-et-viens avec douceur. Ses ongles s’enfonçaient de plus en plus dans la peau de mon dos, ses jambes se tortillaient autour des miennes, sa tête dodelinant un peu lorsque je cassai le baiser pour respirer ou autre.

Je grognai subitement et passai ma langue le long de l’os de sa mâchoire. De là, je suivis la jugulaire, puis la clavicule jusqu’à l’épaule, puis je redessinai chaque pectoral et abdominal. Je glissai sur l’os proéminent du bassin, le faisant gémir un peu. Je poursuivis ma route et taquinai maintenant son gland rougi alors que mes doigts glissaient dans la direction inverse, histoire de s’occuper de ses bourses.

Durant ma descente, ses mains avaient remonté, laissant des sillons rouges voire sanglants, et maintenant s’agrippaient à mes cheveux, me massant le cuir chevelu pendant que ma langue s’entortillait autour de son membre et que mes doigts s’activaient avec ses testicules.

Je pouvais l’entendre gémir sourdement, bataillant sûrement pour garder ses mâchoires closes et ainsi éviter d’ameuter toute la colonie. Je souris et le félicitai en accélérant la cadence. Certes, nous avions toute la nuit pour nous, mais ce n’était pas une raison suffisante pour me contrôler. Je n’avais plus eu de relations depuis mon arrivée au camp, moi qui en avais tous les soirs de la semaine, et plusieurs fois par jour, et je craignais de ne pas pouvoir me contrôler.

De ses bourses, ma main glissa pour frôler son entrée, le faisant frissonner avant que mon index s’y faufile et entame de lents mouvements de va-et-viens, ma bouche accélérant celui occasionné sur sa verge. Au-dessus de moi, sa bouche laissa échapper maint gémissements qu’il ne chercha pas à stopper, et moi encore moins. Ses doigts s’agrippèrent fermement à ma chevelure, à la limite de m’en arracher quelques morceaux, quand mon index fut rejoint d’un deuxième doigt et que des mouvements de ciseaux furent entrepris.

Il lui arrivait de chercher à se débattre, de tenter d’échapper à ces doigts qui fouillaient sa chair, à cette langue qui le rendait complètement fou… Il donnait aussi des coups de bassin, semblant en réclamer plus, la tête renversée en arrière, les lèvres entrouvertes, les joues rougies et la respiration sifflante.

Le sentant se contracter plusieurs fois de suite, je saisis le message que m’envoyait son corps, étant donné que ses cordes vocales étaient momentanément hors-service et ne délivraient que des gémissements : l’approche de sa délivrance. C’est donc sans tarder que ma main libre arracha mon caleçon qui valdingua au fond de la pièce d’eau, libérant ainsi mon érection qui se faisait de plus en plus douloureuse et insistante au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient. Et alors que ses doigts se rétractaient en des serres acérées sous la jouissance qui l’emportait, j’en profitai pour ôter mes doigts de son antre au profit de ma verge que j’enfonçai jusqu’à la garde en grognant sous l’étroitesse.

Des gémissements de plaisir et des plaintes de douleur se bousculaient maintenant hors des lèvres salées de Percy avant que je ne les masque en m’en emparant. Il se blottit contre moi, ne sachant que faire pour taire cette douleur qui lui brûlait sûrement les reins… Je lui caressai avec lenteur le dos d’une main tandis que l’autre massait son cuir chevelu.

-Détends-toi le plus possible, mais surtout fais-moi confiance, lui murmurai-je à l’oreille de ma voix rauque.

Il se serra encore plus fort contre moi puis se détendit alors que j’appuyais sur ses muscles noués en un savant message. Lorsque je le sentis parfaitement calme et même un peu dans les nuages, je caressai sa verge à nouveau à grands gestes pour la réveiller avant de lui donner un large coup de bassin. Son visage se bouina un peu plus contre mon cou, ses dents s’ancrant dans ma peau.

-Bouge, finit-il par haleter.

-Tu es sûr de toi ?

-Bouge.

Je caressai à gestes lents sa nuque et obtempérai en serrant les dents : j’allais devoir me maîtriser pour ne pas le blesser et ne pas me laisser emporter par le plaisir que je ressentais au fur et à mesure que je m’enfonçais en lui.

-Gaol… gémit Percy à nouveau. S’il te plait…

Je soupirai intérieurement avant de commencer ces mouvements de hanches qu’il désirait autant que moi. Je le sentais se contracter autour de moi, me faisant perdre pied sans le vouloir.

Ma main sur sa virilité s’activa et il se détendit enfin, me permettant ainsi de lâcher la bride à toute la brutalité dont j’étais capable en ces instants.

Totalement pris par ces vagues de plaisirs, accentuées par les caresses maladroites et timides de mon « amant » de cette nuit seule, je n’arrivais pas à saisir les gestes que je fis. Gémissements et murmures frappaient mes oreilles, berçant mon esprit avec délice alors que mes halètements buttaient la barrière de mes dents ou des siennes. Mes doigts glissaient sur toutes les surfaces de son corps, caressant, pinçant, griffant, massant tout ce qui leur tombait dessus avec une irrégularité certaine.

Je ne repris mes esprits qu’aux prémices de la jouissance. J’ouvris en grand les paupières que je n’avais pas eu conscience d’avoir fermées, et collai nos deux corps plus qu’ils ne l’étaient déjà, puis me vidai en son antre. Je compris que je devais le branler quelques secondes auparavant quand je sentis son sperme couler le long de mon bras. Les siens étaient sans énergie, ses ongles ancrés dans ma peau et je pouvais sentir que Morphée faisait son œuvre en son esprit.

Craignant qu’en s’endormant la bulle qu’il avait formée n’éclate, je m’empressai de nous faire sortir et l’allonger sur les grains de sable, faute de mieux. Je voulais moi aussi m’allonger et enfin dormir, un peu assommé, mais je devais récupérer les vêtements avant qu’ils ne soient hors de porté. Cela fait, je nous rhabillai avec brusquerie : les harpies pouvaient surgir d’un instant à l’autre !

Laisser un commentaire