-Mimi ?
-Apollon ! Tu m’as fait peur ! Sursauta ledit Mimi.
Mais le jeune dieu ne l’écoutait plus. Il avait les yeux fixés sur le bras de son demi-frère, bras dénudé pour être soigné. Lorsque Hermès comprit où portait le regard du blond, il rabattit la manche de son T-shirt s’enfuit par la porte, passant devant la statue forgée. Sauf qu’elle s’était bien vite remise de son choc, la statue, et qu’elle le choppa par le col au passage.
-Explications, claqua la voix autoritaire du dieu archer.
Il l’avait traîné jusque dans sa propre chambre, verrouillé la porte, jeté son amant sur le lit, et maintenant il s’agitait telle une poule sans tête à travers la pièce, semblant chercher quelque chose (Mais quoi ?) tout en évacuant de la vapeur.
-Que veux-tu que j’explique ?
-Ah non ! Pas de ça avec moi ! S’exclama Apollon en se plantant sous le nez du brun, l’index pointé et le poing sur la hanche. Il est inacceptable que tu m’es caché une infection digne d’une telle ampleur !
-N’exagère pas non plus, marmonna-t-il en tirant sous sa manche.
-Arrête ! Tu vas agrandir ton T-shirt !
Il lui tapa sur la main pour le faire lâcher prise avant de reprendre ses fouilles.
-Mais qu’est-ce que tu cherches, à la fin ?
Apollon soupira en roulant des yeux et se retourna juste le temps de lancer une petite bourse entre les mains qui fut rattrapée de justesse.
-Appelle Hécate, je vais avoir besoin d’elle sur ce coup-là. Et préviens…
Il marqua une pause, tout aussi bien dans sa parole que dans ses gesticulations.
-Penses-tu prévenir Éole ?
-Mais il ne se passe rien ! S’exaspéra le dieu des voleurs en faisant cliqueter les drachmes de la bourse.
Apollon le fusilla de ses yeux bleus avant de se rapprocher, de lui tirer le bras et de remonter la manche.
-Tu es peut-être le dieu des médecins, je reste le dieu-médecin, et je peux t’assurer que ce que tu as sur le bras, n’est rien d’autre qu’une putain de malédiction ! Elle te dévore les chairs avant de s’étendre !
-… C’est pour ça Hécate !
-Dépêches-toi de l’appeler ! Rugit-il en lui lançant un coussin dans le visage.
Il fallut près d’un quart d’heure pour qu’une sorte de bohémienne passe les portes du temple d’Apollon. Des jupons bigarrés, des plumes dans les cheveux, à moitié coiffée et maquillée, un bouc la suivant. Hécate.
-En quoi puis-je vous aider, les garçons ?
Apollon lui sauta presque dessus, débitant un flot de paroles et tirant de temps à autres sur le bras maudit de Hermès, le faisant grogner.
Éole apparut un peu plus d’une demi-heure après, le souffle court.
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-il au dieu bougon.
-Je me suis fait attrapé.
Le dieu venteux jeta un coup d’œil à la plaie incriminée. Il grimaça avant de prendre place à ses côtés.
-Ça fait combien de temps ?
-Un mois avant le solstice. Tu me fais mal, rajouta-t-il lorsque les ongles du blond s’enfoncèrent dans la peau.
Il s’excusa et les rétracta.
-Tu en dis quoi, Hécate ?
-Je ne préfère pas trop m’avancer pour le moment, mais il me semble qu’il était temps.
Apollon hocha la tête à ses côtés, appuyant ainsi les dires de sa collègue.
-Et le temps que vous vous penchez dessus, ce n’est pas un peu trop ? S’inquiéta Éole.
Elle secoua négativement la tête, faisant clinquer les bibelots tressés.
-Je vais m’enfermer dans une dimension hors du temps. Il me faudra bien ça, au moins, pour pouvoir prendre le temps qu’il me faudra.
Elle sortit du temple de son pas chaloupé, suivie de son bouc qui avait sympathisé avec Éole, sous le regard anxieux de Hermès. La folie s’était-elle un peu plus avancée dans le cerveau malade du jeune dieu ?
Semblant sentir le regard du brun, le concerné lui adressa un petit sourire avant de faire frôler leurs lèvres, autant pour le rassurer sur son état mental que pour son propre plaisir. Après tout, autant joindre l’utile à l’agréable, non ?!
Et c’est sur ses bonnes pensées qu’il réitéra son baiser, bien qu’un peu plus appuyé et des idées plein la tête, au vu de sa main passée sous le T-shirt du brun.
-ÉOLE ! S’exclama Apollon qui avait raccompagné la déesse des arts occultes. Je peux savoir ce que tu es en train de faire ?!
Figés sur place, les deux hommes s’entre-regardèrent avant d’observer leur compagnon. La folie s’était-elle étendue à lui ?
-Apollon?
Il sauta sur le lit, aux côtés de Hermès, et tira sur son bras, l’amenant à lui, il s’empara alors de ses lèvres.
-Voilà ! Là, c’est mieux !
Éole ricana alors que Apollon gloussait. Hermès rouspétait.
Faisant taire ses grommellements, les deux blonds se collèrent à sa bouche, échangeant un curieux baiser à trois. Puis, le délaissant, les deux blonds s’enlacèrent et se frottèrent l’un à l’autre en gémissant lascivement…
Renversant Apollon sur les draps, Éole lui mordait le cou alors que ses mains se gavaient des corps si doux et si chaud. La chemise vola, la boutonnière à moitié arrachée. Les suçons éclatèrent sur le torse doré et sculpté. Il paraissait… déchaîné. Il était frustré, il avait eut peur, il était stressé, nerveux. Il avait grandement besoin de décharger ce surplus d’énergie. Et quoi de mieux que de partager son amour avec ses deux cousins ?
Hermès sourit à ce show assez excitant qui se déroulait à un bras de lui. Rien que pour ce genre de petits piments, il resterait avec eux.
Il avait suffi de quelques secondes d’inattention de la part du brun pour se retrouver nu, une bouillotte lui écartant les cuisses et Éole collé à son dos, lui dévorant nuque et omoplates.
-À ton tour, beau brun… susurra le plus jeune à son oreille.
Les accents rauques et les mots chargés de désir le firent frissonner.
Il glissa ses doigts dans les boucles blondes d’Apollon qui le dévorait si goulûment, et approcha la tête de son cousin pour lui mordiller les lèvres.
Après tout, lui aussi pouvait jouer !
