Contre Soleil, Vents et Marées… [Percy Jackson]

Contre Soleil, Vents et Marées – 1/3

-Hey les gars !

Une pile électrique aux cheveux blonds cendrés était apparue, sautillant sur place.

-Ho Éole ! Tu es déjà là ?!

-Si tu veux, je peux repartir, bouda Éole en lui tournant le dos, les bras croisés.

-Surtout pas !

Sautant au bas du lit, l’autre blond exubérant passa ses bras autour du cou de son ami.

-Quand est la réunion, déjà ? Bâilla le brun délaissé.

-Demain dans l’après-midi, ronronna le dernier venu.

Apollon avait en effet blotti sa tête contre son cou et y frottait son nez, les paupières closes. Il semblait plus qu’heureux, bras et jambes croisés sur le corps de son ami. Ce dernier avança difficilement jusqu’à la couche où Hermès faisait la limace -sans la bave, bien sûr- et y prit place.

-Polie, descend de là, demanda le voleur en bâillant à nouveau.

Nullement gêné de sa complète nudité, le brun se redressa, ne rattrapant pas le drap qui glissait, et vint enserrer son ami et embrassa sa tempe un peu plus longtemps que nécessaire.

-Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, remarqua en soupirant le plus énergique des deux blonds…

-Au moins six mois ! Gloussa Apollon.

-Trop longtemps, approuva le brun.

Il relâcha son étreinte, tout en gardant son bras droit en travers de son torse, et poussant gentiment ledit « Polie » du côté gauche de leur ami commun.

-Alors… si nous rattrapions ce temps perdu ? Susurra le plus vieux en frappant l’oreille qu’il savait sensible.

Aussitôt dit, Éole fut plaqué contre le matelas épais, Hermès l’embrassant à pleine bouche alors que Apollon caressait le ventre plat et musclé. L’idée de se débattre pour les faire grogner n’eut même pas le temps de lui traverser l’esprit que la main fine du dieu musicien s’engouffra dans son sous-vêtement pour s’emparer de sa virilité et lui faire perdre pied.

Leur histoire commune datait du fond des âges. Apollon et Hermès était déjà ensemble quand lui-même avait rencontré le second lors d’un solstice où son divin père Poséidon l’avait mené. Il avait été « divinisé » depuis peu et regardait timidement ce qui l’entourait. C’est cette timidité qui sembla attirer le dieu brun, qui s’en fit un ami, le présenta à Apollon. Ils devinrent inséparables.

-Et, évidemment, nos trois retardataires ordinaires, déclara la voix désabusée du patriarche.

Les trois dieux eurent le bon goût de paraître gêné et se dépêchèrent de rejoindre leur place, Apollon et Hermès sur leur trône, Éole auprès de celui de son père.

Bien qu’ayant accédé depuis plusieurs siècles au rang de dieu dit mineur, il restait aux ordres de son géniteur. Et puis, il était le maître des vents, pas le dieu, au fond. Même si les mortels ne voyaient pas la différence. Et pourtant…

Discrètement, alors que Zeus déblatérait sur un quelconque sujet, il risqua un regard vers Apollon qui lui adressa un sourire lumineux, ses lunettes de soleil sur le nez. À cause du sérieux de cette réunion, il n’avait pu se bercer de sa musique, et se faisait assommer par les propos de son géniteur. Hermès, lui, écoutait attentivement : il en fallait bien un, au moins, pour pouvoir expliquer aux autres ce qui s’était passé. Même si Artémis ou Poséidon risquaient de faire la même chose. Et puis, il était plus concerné qu’eux deux, étant au cœur des affaires, de par son statut de messager volant.

-Éole, souffla son père. Zeus te parle.

L’interpellé sortit de son observation et redevint alors ce dieu dérangé et égocentrique le temps de quelques échanges avec son oncle, sous le regard rêveur de son blond et celui préoccupé de son brun.

Cette folie n’était pas feinte. Pas totalement, du moins. Mais avec Apollon et Hermès, elle se faisait discrète. Ils en avaient touchés deux mots à Poséidon, qui tenta alors de faire plier Zeus. Éole était seul, abandonné dans sa tour, sur son Éolia. Les gens qu’il voyait ne pouvaient l’aider, ils étaient tellement soumis à ses ordres…

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