Une note de musique sur la portée

Une note de musique sur la portée – 2/?

-Allez Ed ! Allez, allez, allez !

-Nan, nan, nan et nan.

-Mais, pourquoi tu ne veux pas ?

-N’insiste pas, Alice, notre cher Edward peut être plus têtu qu’un troupeau de mules enragées !

-Jasper, soupira le concerné, fais-moi grâce de tes comparaisons. Elles sont…

-Puantes ? Proposa Emmett en passant.

-Elles sentent l’anti-mites, acquiesça-t-il.

Le vampire esquissa une moue boudeuse et alla ronchonner dans son coin, comme quoi la non-vie était injuste et que tout le monde le détestait, et que puisque c’était comme ça, il partirait très loin et tout seul, et qu’on le regrettera beaucoup. Na.

-Jazz… Soupira sa bien-aimée.

Elle fila le rejoindre, libérant ainsi Edward qui choppa ses clés et son sac de cours pour ne filer que plus vite dans la direction du lycée d’où il pourra disparaître dans la forêt l’entourant.


-Eum, allô ?

-Bonjour, je peux vous aider monsieur ?

-Euh, oui, bonjour, j’aimerais des renseignements par rapport à l’annonce de la soliste Tarnuit. Elle est toujours d’actualité, au fait ?

-Tout à fait, monsieur…?

-Hale, Jasper Hale. Mon frère semblait être intéressé, alors…


– « Nous avons bien reçu votre demande de candidature, et pour achever votre dossier, il vous est prié de joindre à la feuille suivante… »

-Coucou c’est moi ! Tu as passé une bonne journée ?

-Tu peux m’expliquer ce que c’est que ce formulaire ?!

-Donc, non. C’est pour l’an prochain, tu sais.

-Tu vas déménager, encore…

-Je suis désolé, mais mes parents…

-Tes parents n’aiment pas ma présence autour de toi, et se démènent pour bien me le faire comprendre en t’éloignant un peu plus chaque année qui passe, lâcha-t-elle avec dureté.

-Ils ne veulent pas me croire quand je leur explique à quel point tu comptes pour moi, commença l’autre avec hésitation.

-Tu m’écriras, dis ?

-Bien sûr, dès que je le pourrais ! « 

-À quoi penses-tu pour avoir un regard aussi rêveur ?

-À une promesse d’enfant. Une vieille promesse.

-Un mariage ?

-Pff, idiot !

Elle lui asséna un coup de coussin en pouffant, et démarra ainsi un échange de plumes.

-Allez, tu devrais dormir, maintenant.

-Et toi ? Tu ne dors pas ?

-J’ai trop d’idée, les notes fourmillent sous mon crâne en un brouhaha dense.

-Pff, espèce de diva !

-Sale mioche !

Elle lui tira la langue avant de rejoindre la porte entrouverte qui laissait passer la lumière du corridor.

-Passe une bonne nuit…

-Toi aussi Sol’, taches de dormir, hein ?

-On va faire autant que possible…

-C’est même pas une promesse, grogna-t-il en se renfonçant dans son lit.

Il n’eut pour réponse qu’un petit rire étouffé par la porte se fermant, le faisant soupirer.

-Sol, c’est toi qui va devenir un vampire, si tu continues…


-Tu as fait quoi ?!

-Edward, ça partait d’une bonne intention, tenta de tempérer Esmée.

-Mais il n’avait pas à le faire !

Quand il s’énervait, Edward avait tendance à partir dans les aiguës. C’était… Irritant.

-Edward, nous sommes intimement convaincus que ce soit une bonne idée. Être le pianiste de cette soliste ne t’aidera qu’à te faire passer à autre chose.

Elle s’approcha de son fils adoptif et passa sa main sur son bras.

-Comprends-nous, Edward, nous voulons ton bonheur, et ce serait malheureux autant pour toi que pour nous que ton accession à celui-ci dusse passer par une obligation.

Il soupira, démontrant ainsi qu’il était résigné. Alice trépigna en couinant avant de sauter au cou de son époux.

-Eh bien, nous n’avons donc plus qu’à remplir ce formulaire, sourit Rosalie.

La famille était heureuse, que demander de plus ?

Que tu ne retombes pas amoureux, Edward, juste ça…


-Chère clé de Sol…

-Très drôle, Serge, tu t’améliores, on dirait.

-Oh oh, la petite princesse n’a pas grand chose de royal, aujourd’hui !

-Ferme-là. Et vite.

-Bonjour Serge, Soledad.

-Salut, de bonnes nouvelles ? Demanda le violoniste amateur.

-Plutôt, oui. Soledad, nous venons de recevoir une réponse des plus intéressantes à ton annonce.

-Déjà ? Ironisa-t-elle de tout son mordant. Il nous reste moins de trois mois, maintenant, il va falloir enchaîner les répétitions nuit et jour. La joie me submerge à cette perspective !

-Attention à ton cou, MacBeth, si ton vampire se trouve une petite faim…

-Je l’enverrai à ton adresse, sois-en assuré, grinça-t-elle avant de disparaître au détour d’un couloir.

-Eh bien, quelle humeur, ma foi !

-Si tu ne la cherchais pas, aussi…

-Dis tout de suite que c’est de ma faute !

-C’est de ta faute.

-Ha ha ha.

-Les répétitions vont commencer.

-J’arrive, j’arrive…

(´ε? )

-Allez Ed, tu as accepté, c’est trop tard maintenant !

Le concerné grogna pour toute réponse, les yeux fixés sur sa sœur qui s’activait sur sa valise.

-Je n’ai pas besoin [i]d’un mois de valise, Alice. Ils vont d’abord m’évaluer, puis ensuite seulement j’aurais une réponse.

-Et moi je te dis que tu vas tellement les éblouir qu’ils te supplieront de commencer dans la seconde même ! Fit la voix claire de la petite brune.

-Comment peux-tu dire ça ? Demanda-t-il, soupçonneux.

Il avait beau fouiller dans les pensées de la vampirette, il n’arrivait qu’à obtenir une violente migraine. Et il allait sûrement devoir s’arrêter, car elle commençait à se remémorer ses instants d’intimités avec Jasper. Il était d’ailleurs où, celui-là ?

-Je le sais, c’est tout.

-Non, Alice, je n’emporterai pas un tel caleçon. Repose-le [1]immédiatement.

-Hi hi hi !

-Alice, je ne rigole pas !

Elle lui offrit un regard malicieux et esquissa le mouvement contraire à son espérance.

-ALICE ! IL EST HORS DE QUESTION QUE J’EMPORTE UN CALEÇON BLEU À PAILLETTES JAUNES !

-Ça t’irait pourtant bien au teint ! Ricana Emmett depuis le salon.

Et merde…


-Quand va-t-il passer l’audition ?

-Dans deux jours, pourquoi cette question, très chère Sol ?

-J’aimerais être présente.

-Tu as toujours décliné l’offre, s’étonna son manager.

-Oui, mais là, c’est différent. Et j’ai envie d’ajouter une petite épreuve en plus de toutes celles déjà établies.

-Et quelle est-elle, si je puis me permettre…?

-Tu le peux, mais tu n’en sauras rien pour autant.

-Sol, gronda-t-il sur un ton inquiétant.

Loin de prendre peur comme le ferait n’importe qui de sensé, elle se contenta de le fixer de son habituel regard d’obsidienne, mi-méprisant, mi-hautain. Une poupée de glace aux cheveux de feu, comme il arrivait qu’on la décrive.

-Je serais là lors de l’entretien, et j’ajouterai une épreuve aux autres. C’est à prendre ou à laisser.

-Tes caprices et toi, vous me sortez par les narines !

-Si ça avait été vraiment le cas, tu m’aurais viré. Mais il faut dire que je t’apporte une rentrée d’argent suffisante pour que tu ailles voir un psy. J’assisterai à cette entrevue. Il n’y a rien à ajouter. Ou à enlever. C’est comme ça.

-Soledad, vous…

-J’ai une répétition, tu me diras plus tard ce que tu t’apprêtais à me faire savoir, d’accord ?

Et elle s’éloigna, flammèche parmi les ténèbres.

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