Sang, sueur et sexe [Twilight]

Sang, sueur et sexe – Une nouvelle année 7/9

Ah, une nouvelle année scolaire qui débutait…

Et toujours pas de liés à l’horizon…

Fait chier.

-Allez Kura, ça arrivera lorsqu’il le faudra ! Tenta de me consoler Alice.

-Oui mais moi je veux tout de suite ! Chouinai-je.

En plus, ça me faisait un mal de chien, cette absence. J’avais des cernes qui me mangeaient la moitié du visage, des courbatures qui me sciaient les reins, des chutes de tension et une sensibilité à fleur de peau. Une vraie femme enceinte !

-Alice… Recommençai-je à chouiner.

-Je suis désolée Kura, mais ta race me semble hermétique à mon pouvoir, fit-elle sur un ton peiné et en me frottant le dos.

Y avait des jours où je détestais mon appartenance à cette race si sexy. Même si c’était à moitié faux : ce n’était pas ma race le problème (quoique), mais bien mon statut social qui l’empêchait de me fixer.

Bon, c’est vrai que nous avions aussi un côté cyclo-thymique qui n’était pas toujours pour me déplaire. Enfin… Ouais, ma bouche, quoi.

-Bonjour Kura.

-Salut Jasper !

Et vlan ! J’avais déjà oublié mon état de pleurnicheuse. Je pouvais être dure à suivre.

Imaginez-vous une fille -une qui remplit la plupart des clichés féminins- hyper féminine sur les bords. Et ben même en concentré, vous n’avez aucune idée de l’état dans lequel j’étais.

Je crois que Jasper allait m’arracher la tête, au passage.

-Bon, bah, comme le disait si bien Alice, c’est la rentrée, alors je vais vous laisser et partir rejoindre ma nouvelle classe !

Je pris mes cliques sans une seule claque, et fuis courageusement vers… Aucune idée de la direction, mais loin et hors de portée immédiate de cet empathe irrité. Heureusement que Jeanne d’Arc n’accèdait pas à mes pensées, tiens ! D’ailleurs, en parlant de ce vampire-là…

-Salut les amoureux, souriai-je.

-Kura, me saluèrent-ils poliment.

Je pus noter que Edward avait imperceptiblement resserré son étreinte sur sa chérie. Je retins un soupir déçu et clignai des yeux. Préférant les laisser seuls, je m’éloignai d’eux, le cœur blessé.

Ce n’était pas le fait qu’il avait peur de moi, ou bien qu’il refusait ma présence aux côtés de son humaine qui me blessait. C’était sa manière de faire. Et l’absence de raison tangible.

Je n’aimais pas les humains. Ils me donnaient la gerbe, tout simplement. Si leur race pouvait être éradiquée de la surface de la planète, ça ne me causerait aucun problème.

Je savais bien que tous les humains n’étaient pas à mettre dans le même panier, mais ils avaient un peu tous le même fond : ils ne croyaient en rien. Que ce « rien » soit religieux ou non.

Et nous ? Nous autres, pauvres créatures décidées de races inférieures, que pouvions-nous faire ? Que devrions-nous faire ?

Il était inutile et ridicule de leur déclarer la guerre. Passé l’effet de surprise, leurs plus puissants atouts nous écraseraient et nous serions anéantis. Ils étairnt trop nombreux, avaient des armes qui nous étaient nocives, connaissaient certains de nos points faibles par leurs contes et n’avaient aucun scrupule à se damner si ça pouvait leur servir. On ne devait pas tuer certaines races, sans en payer le prix. Le meurtre de Banshee vous assurait une damnation éternelle et héréditaire par exemple. Si si.

Enfin, c’était ce qui était dit, et ce qui expliquait que ces jeunes dames soient respectées. Ça, et le fait qu’elles ne cherchaient pas les ennuis.

Mais, pour revenir au point de départ, Edward pouvait très bien vouloir mettre de la distance entre son kebab et moi, je ne comptais pas le lui boulotter.


-Toujours ton tas de boue ?

-C’est pas un tas de boue ! Répliquai-je furieusement.

Je cherchais à démarrer ma moto depuis une demi-douzaine de minutes, sous les regards moqueurs de mes spectateurs. Qu’ils aillent se faire foutre, sérieusement.

Bon. Elle ne semblait pas vouloir vrombir. Tant pis, je crois bien qu’il était temps d’aller voir un réparateur.

Pourquoi ne l’avais-je pas fait plus tôt, me demanderiez-vous ? Tout simplement parce que je n’avais pas suffisamment confiance en mes pairs pour la leur laisser. Pas que les nains ne soient malhabiles, au contraire, mais plutôt que la technologie humaine, c’était pas leur jus de pierre.

-Si tu veux, j’ai un ami qui aime bien réparer les voitures.

-Au risque de te faire passer pour une grue, et moi pour un butor, mais c’est une moto, pas une voiture, grinçai-je, acide.

Je fusillai du regard cette chère Bella.

-Jacob sait aussi réparer les motos. Et lui il saura te faire un prix, au lieu de t’arnaquer, poursuivit-elle sans se démonter.

Je grognai avant de tendre la main en sa direction, donnant ainsi mon accord pour qu’elle appelle son pote. Elle porta son téléphone à l’oreille alors que je réfléchissais.

Jacob. J’avais déjà entendu ce nom. Qui c’était, déjà ?


-Et voilà, comme neuve !

-Si seulement ça pouvait être possible, marmonnai-je.

Je passai devant le Quileute avec empressement et me jetai sur ma moto pour l’enserrer en souriant béatement.

-Ma chérie~

-Eh bah ! Ça fait plaisir de voir une moto autant aimée !

-Mmh… C’est un présent de ma mère. Comme elle est morte…

Il grimaça, comme si il compatissait. Peut-être était-il dans la même situation que moi ?

-Enfin, bref ! Combien je te dois ?


-Je te jure ! Il a fait un véritable miracle ! À croire qu’il m’en a racheté une neuve !

-C’est peut-être le cas, va savoir ! Ricana Jesse.

-T’es bête.

Je lui tirai la langue et lui enfonçai mon coude dans les côtes : nul ne pouvait se moquer de ma céleste moto !

-Comme t’es mon meilleur ami, je ne te tuerai pas. Enfin, pas tout de suite.

Je partis dans un grand rire, style méchant psychopathe dans un mauvais film.

Il ne lui fallut pas longtemps avant qu’il ne m’enfonce la tête dans la chantilly de ma gaufre. Maieuh ! Même pas drôle ! En représailles, je lui offris un rapprochement avec sa religieuse. Na ! Un point partout !

-Et sinon ? Quand comptes-tu te soulager ?

Il gardait un air très digne malgré les traces de nappage sur ses pommettes que sa petite fée essuyait tendrement avec une serviette. Ses joues étaient pourpres, prouvant qu’elle réprimait un rire avec quelques difficultés. Un peu boudeur, son compagnon frôla de ses lèvres ses pommettes.

Je remballai mes anneaux : rien que pour m’emmerder, Jesse n’irait même pas au baiser chaste. Grr… Saleté, va !

-Je vous déteste tous, grommelai-je en aspirant mon cocktail avec la paille.

Les amoureux secouèrent leurs mains dans ma direction alors qu’ils se dévoraient des yeux, totalement oublieux de mon existence. C’était vraiment méchant. Et pour la peine, je boude !

Je croisai les bras et ne pipai pas un mot, jusqu’à la fin, ce qui ne sembla pas les gêner outre mesure. Ma vengeance serait terrible. Assurément. Mais pour le moment, j’allais me défouler sur ma gaufre. Elle au moins avait la décence de taire toute récrimination !

De toutes façons, la vie est injuste.

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