Sang, sueur et sexe [Twilight]

Sang, sueur et sexe – Un retour attendu 5/9

-Wah !

-En fait, les gens normaux disent « merci », mais pour toi, on va faire une exception, soupira ma cousine.

-Désolée Loreleï, c’est juste que ça fait drôlement du bien de revenir !

Je me frottais la nuque de gêne tout en m’excusant maladroitement. Elle était la fille de la sœur de ma mère. Elle était plus vieille que moi, avait un seul compagnon, et me regardait toujours de haut, comme si j’étais encore une gamine, ce qui me mettait mal à l’aise ou hors de moi, selon les circonstances.

Son mari me tendit mes clés sans rien dire. J’étais bien incapable de me rappeler de son nom, mais je savais que c’était un être humain. Je ne m’attarderai pas dessus, tous les deux me tapaient sur les nerfs.

-Bon, on s’est donc occupé de ta maison, comme tu nous l’as demandé, et il n’y a eu aucun problème à remarquer.

Traduction : « on s’est pas gêné de baiser dans ton lit et dans toutes les pièces possibles, histoire de te rendre folle avec nos phéromones. »

Connasse.

-C’est vrai ? Merci bien !

Traduction : « crache ton venin pauvre conne, je vaux bien plus que toi et ton minable complexe d’infériorité ! »

C’est fou tout ce qui peut être dit en si peu de mots, n’est-ce pas ?

Je quittai bien vite la désagréable compagnie de cette demi-succube (son père était lui aussi humain, et lorsque une part d’humain est présente dans tes gènes, tu n’es plus qu’à moitié magique… Je voulais même pas penser à leurs enfants, tiens) au profit de mon « manoir » que j’avais dû délaisser durant trois bon mois, les affaires étant les affaires. Je me demandais comment j’allais pouvoir expliquer la raison de cette si longue absence à l’administration, moi…

-Bonjour shérif ! Saluai-je mon voisin.

Il me rendit mon salut avec bien peu d’énergie, m’étonnant. Que s’était-il donc passé durant les mois qui avaient passé ? Rien de prenant, j’espère, parce que j’avais trop de leçons à rattraper si je voulais récupérer les notes qu’il me fallait pour poursuivre mes études humaines. Au pire, je n’aurais qu’à demander à Bella. Ou Jessica. Ou Alice et Rosalie.

Mais là, je ne rêvais que de m’immerger dans le plus brûlant et le plus parfumé des bains. Oh oui… Avec un saladier de bonbons et un autre de chips…

Quel dommage, hein…

-LORELEÏ ! hurlai-je, excédée.

Je savais qu’elle ne me répondrait pas, plus de 10 kilomètres nous séparant, mais quand même. Ils ne s’étaient pas seulement contentés de répandre de multiples phéromones un peu partout, non. Ça aurait été trop beau. Grr.

Je n’avais plus qu’à me taper le ménage, super… Merci conna… cousine.


Ronchonnant toujours (ça faisait partie de mon charme, ne vous déplaise), je pris le chemin du lycée, me préparant mentalement aux réactions que mon retour devrait normalement susciter. Après tout, il fallait être soit vraiment gonflée, soit être malade à la limite de la mort pour se permettre de ne plus réapparaître une semaine après la rentrée, alors partir trois mois…

Et aux dernières nouvelles, je n’étais pas morte. Quand on est mort, on est mort, pour ma race du moins.

Mais, quand je vis la gueule que tiraient certaines personnes, on aurait pu le penser. Ouais, je savais, j’avais intérêt à assurer mon pouvoir de séduction auprès du corps enseignant, si je souhaitais obtenir cet inutile diplôme de mortel… Il allait vraiment falloir que je les aime les deux spaghettis à qui j’étais destinée, pour décrocher ce satané morceau de papier ! Et, en un sens, c’était ridicule, vu que c’étaient deux créatures aussi magiques que moi, mais c’était limite obligatoire. Il suffisait que l’un des deux soit plus humain que créature, et il pourrait parfaitement réclamer un train de vie semblable à celui des mortels. Et je devais donc récupérer cette saloperie. Beurk. Jesse avait eu du bol de trouver sa fée avant la fin de ses études. Et qu’elle ne soit pas pro-mortel comme j’en avais déjà rencontrées. Quel sale veinard, cet incube !

Alors… La salle de littérature anglaise… Elle est où, déjà ?


-Je veux mourir, geignis-je pitoyablement.

En face de moi, Lilia m’offrit un petit sourire gêné, alors qu’à ses côtés Jesse aspirait son sundae, les yeux fermés.

Ne trouvant aucun soutien, je me redressai de la petite table du café pour me réfugier dans le déluge de caramel et de chocolat fondu qui me servait de pâtisserie.

-Bon, si je résume tes propos. Les Cullen ont mis la clé sous la porte pour une destination tout à fait inconnue -du moins pour la petite mortelle- lors de ta longue absence, tu te retrouves perdue dans cette énoOorme ville qu’est ce vaisselier -je sais, je sais, je suis très drôle, cesse donc de t’étouffer- et tu nous fais une petite déprime. Je crois que du repos te ferait sincèrement du bien, princesse.

-Je vais bien, grognai-je. J’ai juste un karma tout pourri. Voilà, tout.

-Mais bien sûr.

Il extirpa la paille de sa glace avec les dents, la faisant rouler entre ses lèvres, avant de planter ses prunelles lavandes dans les miennes.

C’est dans de pareils moments que je me rappelais son statut, lorsqu’il abandonnait son rôle de meilleur ami, adepte de bons délires et futur papa gâteau.

Il était la Mémoire. Celui qui Sait. Qui Saura. Et qui a Su. Il était le pilier de l’Entente, cette alliance qui permettait d’entremêler toutes les races qui existent, ont existé et existeront. Cette alliance qui avait pris forme grâce à Vanadinite, l’une des impératrices les plus puissantes du peuple succube. En effet, elle était détentrice d’un tel niveau de magie qu’il lui fallut nombreux liés et pas un seul ne fut issu de la même race, mais tous étaient de la plus haute caste. Elfe, nain, incube, loup-garou, vampire… Je crois qu’il y avait eu même une Banshee parmi eux.

Jesse… Enfin, Joachim Septimus Dean fasait partie d’une famille très aristocratique. On apprenait comment tenir une fourchette alors qu’on était encore au biberon, et la reproduction avant les dents de lait. C’est assez… space. Enfin, j’avais failli connaître la même chose, heureusement que Mamina était là, quand on y pense… Toujours était-il que Joachim provenait de la très vieille et très ancienne, ainsi que très noble, famille Apophyllite, connue pour être entièrement dévouée à la famille impériale, Hungersnød.

Donc, bref, fait flipper.

-Vais mourir ? Glapis-je à moitié étouffée par ma cuillerée.

-Kurayami Ithil, tu me fais pitié, reprit-il avec froideur. Je prie Lilith pour que tu retrouves très vite tes compagnons, et qu’ainsi tes fesses aillent reprendre contact avec la soie d’où tu es sortie. J’espère qu’ils posséderont des nerfs d’orichalque et une patience de nymphe, parce que sinon, je devrai assister à ton enterrement et, bien que ce ne soit pas l’envie qui me manque, ce n’est pas ma priorité absolue.

Il finit sa tirade en souriant à Lilia, sa main glissant sur l’arrondi de son ventre.

Je me contentai d’éclater en sanglots. Le problème avec ma quête de liés, était que j’étais très sensible émotionnellement parlant… un peu comme une femme enceinte. C’était très désagréable comme situation, surtout que je n’avais aucune idée de la durée ainsi que la tournure que ça allait prendre.

-Kura… Commença Lilia de sa voix douce.

Jesse l’interrompit d’un baiser peu chaste, juste ce qu’il me fallait pour me ressaisir.

-Yûyake m’a envoyé Éric, il y a deux jours, soufflai-je. Je crois qu’elle ne se rend pas vraiment compte.

-Éric ? Carrément ? Releva Jesse d’un sourcil. Je ne pensais pas que…

-En un sens, elle n’a pas eut à aller bien loin pour récupérer sa raison…

-Tu devrais faire comme elle.

-Regarder par le miroir des âmes ? Tu veux rire, j’espère ! Hors de question que je n’y passe ne serait-ce qu’une seconde là-dedans pour cela !

-Tu remontes dans mon estime, ma chère, sembla-t-il ronronner.

-Ce n’était pas le but, mais j’en suis contente.

-Sinon, tu avances dans la construction de leur portrait ? M’interrogea la fée aux cheveux parme.

-Eh bien… Depuis que j’ai croisé le clan Cullen, j’ai pu rajouter quelques détails… Mais rien de très probant…

-Oh, tu serais destinée à un vampire ? Intéressant… Ricana Jesse.

-Idiot, va !

Je lui assénai une tape sur le bras, pas méchante évidemment.

Les vampires étaient connus pour leur résistance physique, leur soif de sexe quasi-insatiable, ainsi que leur côté brutal et impulsif. Bref, le rêve pour tout cube en général.

-Tss, écoutez-le se plaindre de sa jolie fée aux ailes translucides !

Ladite fée piqua un fard violent et tenta de se cacher derrière sa part de tartelette au citron meringuée, déclenchant nos rires.


-Grande sœur ?

-Oui Kura ? Soupira son aînée.

-C’est vrai qu’il me faudra partir pour trouver mes complémentaires ?

-Oui, comme tous les cubes, pourquoi ?

-Alors, pourquoi tu n’es pas partie ?

-Parce que…

Les yeux pervenches de la plus vieille s’assombrirent et la tristesse étreignit son cœur.

-Parce que… Parce que le besoin ne s’en est pas fait ressentir, Kura. Mais toi, il y a sûrement quelqu’un qui t’attend, quelque part dans ce vaste monde…

-Je veux pas, geignit la fillette, je veux pas te quitter, je veux pas être toute seule et que tu le sois aussi !

-Oh, Darky, tu n’as pas vraiment le choix, tu sais. Et puis, tu ne seras pas toute seule : ton amoureux ou ton amoureuse t’attendra. Moi, c’est ainsi.

-Mais, tu ne prendras donc pas la relève de Yûyake ?

Les yeux si doux se durcirent, devenant deux pierres dans le visage de porcelaine.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, trancha la voix aussi froide que le cœur de la Reine de la glace.

-Mais… Crystal !

L’appelée sortit de la bibliothèque, sa longue robe s’enroulant autour de ses jambes au rythme de ses pas.

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